Articles

Articles

Communiquer avec votre représentant en matière d’immigration - L’importance de la langue et la valeur des seconds avis

Facebook
Twitter
LinkedIn

Cet article a été publié à l’origine sur le site web de Sas & Ing Immigration Law Centre, et rédigé par Catherine Sas, K.C., avocate canadienne spécialisée en droit de l’immigration.

Les gens ont naturellement tendance à communiquer dans la langue qui leur est la plus familière. Cette tendance naturelle n’est pas compatible avec le programme d’immigration du Canada, qui accorde une grande importance, voire la plus grande importance, à la maîtrise de l’anglais et/ou du français. Communiquer dans sa langue maternelle, bien que confortable, ne permet pas d’obtenir des points dans nos systèmes de notation de l’immigration pour les compétences linguistiques. Il est également tentant pour les candidats potentiels de rechercher un représentant en immigration qui puisse communiquer avec eux dans leur langue maternelle. Il y a de bonnes raisons de résister à cette tentation. Examinons quelques situations réelles où l’incapacité à communiquer en anglais ou en français peut s’avérer problématique.

Il y a plusieurs années, j’ai été consulté par un citoyen allemand qui cherchait à obtenir le statut de résident permanent et qui travaillait avec un avocat germanophone spécialisé dans les questions d’immigration. Il s’inquiétait de l’état d’avancement de sa demande d’immigration et a demandé un deuxième avis sur l’état d’avancement et les chances de succès de sa demande. Au cours de l’examen de son dossier, toutes les communications par courrier électronique qui m’ont été fournies étaient - ce qui n’est pas surprenant - en allemand. Je n’ai pas pu lire ces communications pour évaluer l’exactitude des conseils fournis. De plus, le coût de la traduction de ces communications aurait été considérable. Lors de l’analyse coûts-avantages finale, nous n’avons pas procédé aux traductions. J’ai fondé mon deuxième avis uniquement sur les informations contenues dans les formulaires de demande préparés, qui étaient rédigés en anglais. Nous avons finalement finalisé la demande de résidence permanente de ce demandeur et il est devenu résident permanent du Canada.

Plus récemment, nous avons été consultés par une cliente qui avait travaillé avec un consultant en immigration pour soumettre sa demande de RP. Après avoir reçu un refus, elle a consulté notre cabinet pour obtenir un second avis. Alors que la demande soumise était en anglais, toutes les communications internes, tant verbales qu’écrites, étaient dans leur langue maternelle. Dans cette situation, nous avons traduit toutes les communications « écrites », car il était essentiel pour nous de comprendre ce qui s’était passé. La quasi-totalité de la communication s’est faite par le biais d’une application gratuite de messagerie instantanée. Les circonstances de cette affaire ont nécessité une demande auprès de la Cour fédérale, où les juges n’examineront les preuves que dans l’une ou l’autre des deux langues officielles du Canada - l’anglais et le français.

La langue de communication est importante dans les demandes d’immigration, car le ministère de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté du Canada (IRCC), l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), Service Canada et la Cour fédérale ne communiquent qu’en anglais et en français, de sorte que la communication de votre professionnel de l’immigration dans l’une ou l’autre de ces langues, ou dans les deux, vous donne une longueur d’avance.

Il est également important de comprendre qu’en tant qu’avocats spécialisés en droit de l’immigration, nous ne pouvons faire avancer votre dossier que sur la base de preuves réelles. Les preuves sont importantes. Les messages textuels, les communications verbales, les messages WhatsApp et WeChat, et de nombreuses formes de communication en ligne ne se prêtent pas facilement à la fourniture de preuves à IRCC, à l’ASFC, à Service Canada ou à la Cour fédérale. Vous devez insister pour que les communications de votre professionnel de l’immigration vous soient envoyées dans un format facilement lisible et compréhensible, comme des lettres ou des courriels. Si vous comptez sur une communication par Internet, préparez-vous à faire de nombreuses captures d’écran pour « sauvegarder » votre échange de communication si et quand vous en aurez besoin. Sachez que votre représentant de l’immigration ne sauvegardera PAS cette communication et que vous devrez donc la sauvegarder vous-même.

Un deuxième avis est souvent une mesure prudente à prendre dans toute affaire juridique pour s’assurer que la voie que vous empruntez est la bonne. Aucun représentant légitime en matière d’immigration ne doit être offensé ou intimidé par un client qui souhaite obtenir un deuxième avis. De nombreux clients m’ont demandé de leur renvoyer leur dossier afin d’obtenir un deuxième avis. Nombre d’entre eux sont revenus me voir pour continuer à être leur avocat en droit de l’immigration. Aucun professionnel de l’immigration ne devrait être découragé par l’examen minutieux d’un deuxième avis par un autre professionnel de l’immigration.

Pour ces deux clients, il était « plus facile » de communiquer avec leurs représentants initiaux dans leur propre langue maternelle. Il n’était pas plus facile pour eux d’obtenir un deuxième avis ou de fournir les preuves dont nous avions besoin pour engager des recours dans le cadre de leurs demandes d’immigration.

Devenez membre maintenant

Rejoignez une communauté croissante d'avocats, universitaires et étudiants en droit spécialisés dans l'immigration au Canada.

Nos derniers articles