L’Association Canadienne des Avocats en Immigration (ACAI) se réjouit de la modeste augmentation du nombre de nouveaux arrivants annoncée aujourd’hui dans le cadre du nouveau Plan des niveaux d’immigration 2022-2024.
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Cette augmentation progressive donnera à Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) le temps d’améliorer l’expérience de ses clients, de résorber ses arriérés et de procéder aux modernisations technologiques nécessaires pour mieux gérer le système d’immigration à l’avenir.
Le plan des nouveaux niveaux est bénéfique pour les familles et assurera la sécurité d’un plus grand nombre de réfugiés. D’un autre côté, L’ACAI regrette que les immigrants de la classe économique soient affectés négativement par ce plan alors qu’IRCC cherche à réduire ses arriérés. L’ACAI demande une fois de plus à IRCC de partager son plan de réduction de l’arriéré afin que les demandeurs sachent où ils se trouvent dans la file d’attente.
Classe économique
Entrée express : L’ACAI est déçue de la réduction de moitié des admissions à Entrée express en 2022 et demande à IRCC de faire marche arrière en reprenant immédiatement les invitations aux candidats du Programme des travailleurs qualifiés fédéraux (PTQF) et de la Catégorie de l’expérience canadienne (CEC).
Les candidats au PTQF ont injustement payé le prix tout au long de la pandémie. Ainsi, les titulaires d’une confirmation de résidence permanente (COPR) arrivant à expiration ont été négligés au début de la pandémie, le traitement des demandes de PTQF a été considérablement réduit en 2021, et IRCC a suspendu les invitations adressées aux candidats au PTQF depuis décembre 2020.
L’accueil d’un plus grand nombre d’immigrants dans le cadre du PTQF est essentiel pour soutenir la main-d’œuvre et la croissance économique du Canada. La réduction temporaire des admissions à Entrée express nuira à l’objectif déclaré d’IRCC de renforcer la main-d’œuvre par le biais de l’immigration.
Les perturbations continues du PTQF nuiront également à la compétitivité internationale du Canada, car les talents internationaux seront contraints de chercher ailleurs en raison des perspectives plus sombres qui s’offriront à eux au Canada au cours des deux prochaines années.
S’il est bon de savoir qu’IRCC prévoit de ramener les niveaux d’entrée express à la normale d’ici 2024, cela ne rassurera guère les nombreux employeurs canadiens qui ont désespérément besoin de talents pour remédier à leurs pénuries de main-d’œuvre immédiates.
La réduction de moitié des admissions à Entrée express cette année aura également de graves conséquences pour les candidats de la catégorie de l’expérience canadienne (CEC). L’interruption des invitations au titre de la CEC depuis septembre 2021 crée des difficultés considérables pour des milliers d’étudiants étrangers et de travailleurs étrangers temporaires qui ont passé des années à contribuer à l’économie et à la société canadiennes, et qui ont maintenant moins de places de résidence permanente à leur disposition. Nombre de ces personnes risquent de perdre leur statut juridique au Canada, ce qui pourrait les inciter à quitter le pays. Cela nuira également aux employeurs canadiens et à l’économie. L’ACAI demande à IRCC d’offrir rapidement des permis de transition aux personnes ayant un profil d’entrée express et qui ont un emploi, qu’elles aient ou non reçu une invitation à présenter une demande d’entrée express. Par ailleurs, IRCC pourrait réintroduire une prolongation unique pour les détenteurs de permis de travail post-diplôme (PGWP), comme il l’a fait au début de l’année 2021.
Programme des candidats des provinces (PNP) : L’ACAI est heureuse de constater qu’IRCC augmentera ses objectifs d’admission au PCP de 80 000 à 93 000 immigrants d’ici 2024. Depuis son lancement en 1998, le PCP a réussi à promouvoir une distribution plus large de l’immigration à travers le Canada et à répondre aux besoins du marché du travail local. Le PCP est essentiel pour les régions de tout le pays face aux pénuries de main-d’œuvre causées par le vieillissement de la population canadienne et les changements économiques liés à la pandémie.
Programme de visa pour jeunes entreprises : L’ACAI estime que les délais de traitement du Programme canadien de visas pour les entreprises en démarrage (PVUC) ne sont pas concurrentiels à l’échelle mondiale et est déçue de constater que les objectifs d’admission demeurent inchangés dans le cadre du nouveau plan de niveaux. IRCC a noté que les délais de traitement pour le PVUC sont maintenant de six ans, ce qui est beaucoup trop lent pour soutenir une économie axée sur l’innovation.
Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) : Le plan relatif aux nouveaux niveaux d’immigration est ambitieux et se fonde sur les graves pénuries de main-d’œuvre que connaît le Canada. Les employeurs qui connaissent des pénuries de main-d’œuvre ont besoin d’un accès continu aux talents internationaux pour répondre à la demande de leurs produits et services au Canada et sur les marchés internationaux. Pour compléter les plans relatifs aux nouveaux niveaux, IRCC, en collaboration avec Emploi et Développement social Canada (ESDC), devrait immédiatement élargir la liste des professions admissibles au traitement prioritaire dans le cadre du volet “talents mondiaux”. IRCC devrait immédiatement consacrer des ressources aux demandes éligibles à un traitement en deux semaines dans le cadre de la Stratégie mondiale des compétences (SMCC). Les demandes en attente dans le cadre de la SMC restent en suspens pendant plusieurs mois, ce qui annule l’objectif de l’introduction de la SMC.
Un soutien supplémentaire pour les employeurs canadiens serait que l’IRCC et l’ESDC renoncent aux exigences de recrutement national pour toutes les professions traitées dans le cadre du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) lorsque les pénuries de main-d’œuvre sont bien documentées par les données de l’industrie et du gouvernement. La liste québécoise des professions pouvant faire l’objet d’une évaluation facilitée de l’impact sur le marché du travail (EIMT) est une bonne pratique qui peut être reproduite dans tout le Canada. En aidant immédiatement les employeurs à répondre à leurs besoins en main-d’œuvre au cours des deux prochaines années ou plus, IRCC et ESDC peuvent réduire la paperasserie gouvernementale qui ne fait que retarder et contrarier le recrutement international.
Classe de famille
Conjoints et partenaires : L’ACAI réitère sa demande à IRCC d’étendre son programme pilote de permis de travail ouvert aux conjoints et partenaires vivant à l’extérieur du Canada. Il est injuste d’offrir des permis de travail aux demandeurs de parrainage à l’intérieur du pays ainsi qu’aux partenaires des détenteurs de permis d’études et de travail, mais de forcer les demandeurs de parrainage à l’extérieur du pays à demeurer séparés ou sans emploi à l’intérieur du Canada. En autorisant les époux et les conjoints de fait à travailler, on permettrait à ces demandeurs de contribuer immédiatement au marché du travail.
Programme des parents et grands-parents (PGP) : L’augmentation du nombre de demandes de PGP au Canada au cours des prochaines années est la bienvenue et contribuera à soutenir les familles dans tout le pays. En même temps, l’ACAI encourage IRCC à mener de vastes consultations sur la façon de gérer efficacement le PGP à l’avenir.
Catégorie des réfugiés et de l’aide humanitaire
Réfugiés afghans : L’ACAI salue la volonté du gouvernement canadien de remplir ses obligations humanitaires internationales en accueillant davantage de réfugiés. L’ACAI espère que le Canada sera en mesure de réinstaller les réfugiés afghans le plus rapidement possible afin d’atteindre son objectif d’assurer la sécurité de 40 000 Afghans.


