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La pause d’IRCC dans la délivrance des ITA pour l’entrée express est un problème pour les titulaires d’un permis de travail post-diplôme en cours de transition.

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Cet article a été rédigé par Peter Rekai, associé principal, Rekai LLP.

Les responsables de la politique d’immigration d’Ottawa n’ont jamais reconnu la simple vérité selon laquelle la réaffectation de ressources humaines limitées est un jeu à somme nulle. La résolution d’un problème de traitement en crée un autre.

Les retards dans le traitement des demandes de statut intérieur par IRCC entraînent un surcroît de travail pour l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC). Le triage du personnel pour réduire l’arriéré dans la catégorie de la famille enlève des ressources à d’autres programmes de sélection, ce qui crée d’autres arriérés. Désigner un bureau des visas pour s’occuper d’un nouveau programme de réfugiés signifie redistribuer sa charge de travail habituelle à d’autres bureaux surchargés.

Le redéploiement du personnel en 2021 vers le programme afghan, l’admission soudaine dans le cadre de la ” voie de passage de la résidence temporaire à la résidence permanente ” et le manque de personnel d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada lié à la pandémie se sont combinés pour créer une tempête parfaite pour le traitement des demandes en 2022. Le résultat, déjà visible, sera de longs retards dans la délivrance des visas de résidence temporaire (VRT), des permis d’études, des cartes de résidence permanente (CRP), des demandes de statut intérieur et, en particulier, des retards dans le traitement des nouvelles demandes de résidence permanente dans le cadre d’Entrée express. Ces retards posent un problème particulier aux titulaires d’un permis de travail post-diplôme (“PGWP”), dont la passerelle vers la résidence permanente a été supprimée.

Le Programme fédéral des travailleurs qualifiés (PFTQ) d’Entrée express a été l’une des premières victimes, le traitement ayant été interrompu il y a plus d’un an pour tenir compte des fermetures de frontières – qui n’existent plus. La victime suivante a été la catégorie de l’expérience canadienne (CEC), qui n’a pas délivré d’invitation à présenter une demande de résidence permanente depuis la mi-septembre 2021. Cette mesure devait permettre à IRCC de redéployer le personnel chargé du traitement pour compléter les dossiers existants et délivrer des confirmations de résidence permanente (CRP) afin d’atteindre l’objectif de 401 000 nouveaux immigrants en 2021. Les conséquences sont notamment un arriéré croissant de titulaires de profils éligibles à l’Entrée express, qui attendent la reprise des tirages au sort pour les CTI.

Les titulaires de PGWP comptent sur le fait d’être “admis” dans le cadre de la CEC, ou au moins d’avoir droit à un Bridging Open Work Permit (“BOWP”) avant l’expiration de leur PGWP, qui n’est pas prorogeable. Le gel actuel de l’ITA menace de faire dérailler la progression vers la résidence permanente de ces jeunes travailleurs qualifiés, titulaires d’un diplôme canadien. Il nuit également à leurs employeurs canadiens qui souhaitent les garder.

Une solution possible consisterait à ce qu’IRCC autorise temporairement une prolongation de six mois de la PGWP, jusqu’ici non prolongeable, en fournissant la preuve du dépôt d’un profil d’entrée express en ligne. Cela permettrait à IRCC de reprendre les tirages au sort d’Entrée express et lui donnerait un peu de temps pour rattraper son retard.

Il est admis que ces prorogations temporaires de PGWP augmenteront la charge de travail liée au traitement des demandes à l’intérieur du pays. L’alternative est un déluge probable de demandes “créatives” à l’intérieur du pays par des titulaires de PGWP désespérés cherchant à prolonger ou à rétablir leur statut.

Une autre solution potentielle consiste à réactiver une politique vieille de plusieurs décennies qui permettait aux employeurs de titulaires de PGWP de demander des évaluations de l’impact sur le marché du travail (LMIA) exemptes de publicité, ce qui leur permettait d’offrir des salaires se situant au bas de l’échelle des salaires en vigueur. Cela permettrait d’assurer la continuité du statut de l’emploi, tout en accordant les 50 points du système de classement global (SRC) pour l'”emploi réservé” dont ne bénéficient pas les titulaires de PGWP et d’autres permis de travail ouverts.

La disponibilité de cet EFTM exempté de publicité ajouterait des demandes à la charge de travail actuelle du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) de Service Canada, mais il serait peut-être préférable d’expliquer aux employeurs frustrés des titulaires de la PGWP pourquoi les critères standard de l’EFTM ne permettent pas d’accueillir les travailleurs qualifiés nouvellement recrutés.

La question reste ouverte de savoir comment IRCC compte relever les défis de traitement en 2022 et 2023 lorsqu’il reprendra les tirages d’Entrée express avec probablement plus de 25 000 profils admissibles à la CEC (sans parler des milliers de profils du PTQF) qui se sont accumulés. Il ne fait aucun doute qu’à terme, Ottawa choisira de redéployer du personnel d’autres programmes d’immigration pour résorber cet arriéré.

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