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Le Canada a un problème de productivité. Nous avons une solution

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Rédigé par Siavash Shekarian, président du comité sur l’immigration des entreprises de l’ACAI.

Le défi de la productivité au Canada est la crise silencieuse de notre époque.

Pendant des décennies, nous nous sommes reposés sur les lauriers d’un paysage riche en ressources, alors que notre principal moteur de prospérité – la productivité – est au point mort.

Le “fossé de la prospérité” se creuse et frappe les Canadiens là où ça fait mal : leur porte-monnaie. Aujourd’hui, notre productivité du travail est inférieure d’environ 30 % à celle des États-Unis, et le PIB réel par habitant a connu un déclin persistant. Il ne s’agit pas d’un simple problème technique dans une feuille de calcul, mais d’une “situation d’urgence”, telle que définie par la Banque du Canada, qui se manifeste par une stagnation des salaires et une dégradation du niveau de vie.

Il n’existe pas de solution miracle pour résoudre la crise de la productivité. Elle nécessite plutôt la mise en œuvre de diverses initiatives politiques en tandem, telles que l’encouragement de l’investissement des entreprises.

L’une des principales solutions inexploitées consiste à accueillir davantage d’entrepreneurs et d’investisseurs au Canada.

Depuis des décennies, le Canada se présente comme une destination de choix pour les talents internationaux. Nous avons bâti une marque nationale sur la promesse que si vous êtes ambitieux et travailleur, nos portes sont ouvertes. Mais aujourd’hui, cette promesse s’effrite. Un nouveau rapport de la Canadienne des Avocats en Immigration (ACAI), Le moteur de la croissancelance un avertissement sévère : notre système d’immigration des gens d’affaires est loin d’avoir atteint son potentiel de fournir un carburant à haute teneur en octane à notre économie. Au lieu de cela, il est devenu un goulot d’étranglement constitué de formalités administratives, de catégories obsolètes et d’occasionsmanquées.

Si le Canada veut rester compétitif dans une économie mondiale définie par des changements technologiques rapides et une démographie vieillissante, nous devons cesser de considérer l’immigration des gens d’affaires comme un domaine politique de niche et commencer à la traiter comme la priorité économique nationale qu’elle est.

Le problème n’est pas un manque d’intérêt de la part des entreprises immigrées, mais un manque d’ambition de la part de nos décideurs politiques. Le système actuel se débat sous le poids de sa propre complexité. Des programmes qui étaient autrefois des initiatives phares, comme le visa pour création d’entreprise (SUV), sont aujourd’hui en proie à des retards stupéfiants de dix ans.

Plus qu’un simple casse-tête bureaucratique, il s’agit d’une blessure économique auto-infligée. Lorsqu’un entrepreneur visionnaire est contraint d’attendre des années pour obtenir une décision, il ne se contente pas d’attendre – il emmène son capital, ses emplois et ses recettes fiscales aux États-Unis, en Australie ou au Royaume-Uni. Nous exportons en fait notre prospérité future.

Pour remédier à cette situation, nous devons changer radicalement notre façon d’aborder la question de l’immigration.

Tout d’abord, l’objectif principal du gouvernement fédéral devrait être de développer un cadre qui lui permette de tester et d’itérer divers programmes d’immigration des gens d’affaires jusqu’à ce que les résultats politiques souhaités soient atteints. L’utilisation d’une approche itérative permettra d’élaborer des politiques fondées sur des données probantes et d’éviter les lacunes antérieures consistant à lancer de nouveaux programmes puis à les interrompre brusquement lorsque les objectifs politiques ne sont pas atteints, comme ce fut le cas il y a une dizaine d’années avec le projet pilote de capital-risque pour les investisseurs immigrés, qui s’est soldé par un échec.

Deuxièmement, nous recommandons la création d’un Conseil fédéral pour l’immigration des gens d’affaires au Canada, composé des principales parties prenantes du gouvernement et d’autres experts, afin de conseiller le gouvernement sur la conception des programmes d’immigration des gens d’affaires et d’évaluer les performances pour s’assurer que les programmes peuvent faire avancer les objectifs de développement économique et de prospérité au niveau national.

Les critiques diront qu’en cette période de pénurie de logements et de pression sur les infrastructures, nous devrions réduire l’immigration. Mais cela ne tient pas du tout compte de l’importance de l’immigration d’affaires. Il ne s’agit pas seulement de “nouveaux arrivants”, mais de créateurs d’emplois. Un seul entrepreneur qui réussit peut faire vivre des dizaines de ménages canadiens. Ils créent les entreprises qui paient les impôts utilisés pour financer nos écoles et nos hôpitaux. Ils attirent les capitaux nécessaires pour stimuler la productivité et augmenter les salaires des Canadiens.

Notre rapport n’est pas seulement une critique, c’est un appel à l’action. Il nous rappelle que la plus grande ressource du Canada a toujours été sa capacité à attirer des personnes désireuses de construire quelque chose de meilleur. Mais le “potentiel” est une denrée périssable. Si nous continuons à laisser nos programmes d’immigration des gens d’affaires dépérir dans l’inefficacité, nous nous retrouverons en marge de la prochaine révolution industrielle.

Il est temps d’arrêter de bricoler. Nous devons revoir le moteur. En mettant en œuvre les réformes suggérées par l’ACAI – un changement de paradigme dans la façon de penser de nos décideurs politiques et la formation d’un conseil d’experts qui aide le gouvernement fédéral à obtenir des résultats souhaitables pour les Canadiens – nous pouvons faire en sorte que le Canada reste l’un des meilleurs endroits au monde pour créer et développer une entreprise.
La course mondiale aux talents est lancée. Si nous n’ouvrons pas la voie aux entrepreneurs et aux investisseurs du monde entier, quelqu’un d’autre le fera. Il est temps de remettre le moteur de la croissance canadienne sur les rails.

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