16 décembre 2021
Comité permanent de la citoyenneté et de l’immigration
Sixième étage, 131 Queen Street
Chambre des communes
Ottawa, Ontario K1A 0A6
Chers membres du Comité permanent de la citoyenneté et de l’immigration,
La Canadian L’Association des Avocats en Immigration (ACAI) vous félicite pour votre nomination au Comité permanent. L’ACAI vous souhaite beaucoup de succès et se réjouit de travailler en partenariat avec vous dans la poursuite de notre objectif commun d’accroître la prospérité du Canada grâce à l’immigration.
L’ACAI a été récemment fondée en janvier 2021 pour promouvoir la justice et l’équité dans le droit de la citoyenneté et de l’immigration. Notre objectif principal est de soutenir l’amélioration des politiques et des opérations d’immigration au Canada. L’ACAI reconnaît que les représentants du gouvernement ont demandé des commentaires en temps opportun sur les questions de droit de la citoyenneté et de l’immigration en rupture. L’ACAI est bien placée pour les aider, car ses membres ont une vaste expérience en tant que praticiens et une longue tradition de bénévolat et de commentaires sur tous les aspects de notre système d’immigration.
Alors que le système d’immigration du Canada continue de faire face à des défis majeurs en raison de la pandémie, le comité permanent restera essentiel pour assurer la surveillance du système et proposer des recommandations d’amélioration afin que nous puissions atteindre collectivement les objectifs de notre pays en matière d’immigration.
L’ACAI souhaite attirer l’attention du Comité permanent sur ce que nous estimons être des objectifs dignes d’intérêt :
1) S’attaquer aux arriérés : Des rapports récents indiquent qu’IRCC est actuellement aux prises avec un arriéré de quelque 1,8 million de demandes d’immigration. Cet arriéré compromet la capacité du Canada à faire face aux pénuries de main-d’œuvre et à soutenir la reprise économique de notre pays. En outre, les arriérés séparent les familles et sapent notre volonté de fournir une réinstallation humanitaire. Les arriérés créent également un cycle négatif puisque les demandeurs sont obligés de soumettre des demandes supplémentaires et inutiles pour s’assurer qu’ils se conforment aux lois et règlements canadiens en matière d’immigration, ce qui crée plus de travail pour IRCC. Le Québec et tous les programmes de candidats des provinces (PCP) sont confrontés à des temps d’attente encore plus longs que d’habitude (les normes de traitement d’IRCC pour les provinces étaient déjà lentes avant la pandémie). L’ACAI souligne l’importance pour IRCC d’élaborer et de communiquer publiquement un plan d’action sur la façon dont il ramènera les arriérés à un niveau plus gérable, ainsi que sur la façon dont il améliorera ses normes de service et l’expérience de ses clients à l’avenir.
2) Améliorer l’expérience des clients : Nous apprécions l’esprit des innovations récentes, y compris les voies d’accès aux RP, l’atterrissage électronique, le nouveau portail canadien de protection des réfugiés et les demandes de citoyenneté, les cérémonies et les examens en ligne. Cependant, nous sommes préoccupés par la capacité des demandeurs vulnérables, tels que les réfugiés et les travailleurs ” peu qualifiés “, à naviguer dans ces systèmes sans disposer de systèmes d’exploitation, de logiciels et de scanners à jour, ainsi que d’un certain savoir-faire technologique. L’ACAI est également très préoccupée par le manque de fiabilité des portails des employeurs et des représentants, ainsi que par l’augmentation globale significative des délais de traitement. Une personne typique élevée au Canada trouverait beaucoup de systèmes et de processus difficiles, même si sa langue maternelle est l’anglais ou le français. Bien que nous reconnaissions que la pandémie a créé des défis sans précédent pour IRCC, d’après les commentaires de nos clients et de nos membres, “l’expérience client” est actuellement au plus bas, principalement en raison des frustrations liées à l’ancienne et à la nouvelle technologie, de la lenteur des délais de traitement et des réponses génériques aux demandes de statut qui ne disent pas aux clients ce qu’ils ont besoin de savoir. Il arrive souvent qu’IRCC ne réponde pas du tout aux formulaires Web, ce qui laisse les demandeurs dans l’incertitude. Une autre préoccupation majeure est que les clients sont souvent refusés pour des motifs erronés ou voient leurs demandes renvoyées de manière incorrecte sans qu’ils aient de recours pour corriger ces erreurs. Nous serions heureux d’avoir l’occasion de partager certaines de ces expériences avec le Comité permanent et de formuler des recommandations en vue d’un changement significatif et immédiat.
3) Réfugiés afghans : L’ACAI est préoccupée par les rapports faisant état de retards dans la réalisation par le Canada de son objectif de réinstallation de 40 000 Afghans et par les suggestions du ministre Fraser selon lesquelles il pourrait falloir environ deux ans pour atteindre cet objectif. L’ACAI suggère de renoncer à l’exigence d’un statut officiel de réfugié pour ceux qui ont fui l’Afghanistan. Cela a été fait pour les réfugiés syriens et irakiens en 2015 et devrait être fait à nouveau étant donné la situation précaire de ceux qui ont fui l’Afghanistan et la volonté des Canadiens de s’engager dans des parrainages privés.
4) L’équité pour les couples : Les couples sont séparés encore plus longtemps en raison des retards dans le traitement des demandes causés par la pandémie. L’ACAI estime qu’il est regrettable que les conjoints et les partenaires qui cherchent à retrouver leurs proches au Canada soient traités de manière inférieure aux autres partenaires. La politique d’immigration canadienne permet aux partenaires des travailleurs étrangers et des étudiants étrangers d’entrer dans le pays et d’y travailler. En revanche, même si les conjoints et partenaires parrainés sont les Canadiens de demain, notre politique d’immigration ne leur offre pas une voie simplifiée pour rejoindre leurs proches au Canada et y travailler pendant qu’IRCC traite leur demande de résidence permanente.
5) Cartes RP et documents de voyage RP : L’ACAI demande instamment à l’IRCC d’être plus transparent sur le temps qu’il lui faut en moyenne pour traiter les cartes RP et les documents de voyage RP. Bien qu’IRCC affirme qu’il faut environ deux semaines pour traiter les cartes RP, les clients des membres de l’ACAI connaissent actuellement des temps d’attente de 6 à 9 mois. Ces futurs Canadiens méritent de savoir quand ils peuvent raisonnablement s’attendre à ce que leur demande soit traitée et ils devraient avoir la certitude qu’ils pourront rentrer au Canada s’ils décident de voyager à l’étranger.
6) Résoudre les problèmes liés aux portails d’IRCC : Le “Portail des représentants autorisés” et le “Portail des employeurs” d’IRCC subissent fréquemment des pannes qui durent de quelques jours à quelques semaines. En raison de ces pannes, les demandeurs ne respectent pas les délais fixés par IRCC. Les travailleurs étrangers ne sont pas en mesure de soumettre leur demande en temps voulu, ce qui nuit aux employeurs canadiens en cette période de pénurie de main-d’œuvre dans notre pays. De plus, les représentants en immigration éprouvent des difficultés techniques à accéder au ” Portail des représentants en RP ” et sont complètement exclus de l’utilisation du ” Portail d’établissement “. L’ACAI demande à IRCC de réparer ses portails sans plus tarder, de consulter fréquemment l’ACAI et d’autres parties prenantes sur la façon d’optimiser les portails, et d’introduire des politiques publiques qui permettent aux demandeurs qui ne respectent pas les délais d’IRCC en raison de dysfonctionnements des portails de pouvoir soumettre leurs demandes sans conséquences.
7) Exclusion des avocats : Dans les lettres d’août 2021, nous avons d’abord attiré l’attention du ministre Mendicino sur l’importance de l’accès à un avocat compétent et sur le rôle important que jouent les avocats pour garantir l’accès à la justice de certaines des personnes les plus vulnérables de nos communautés. Nous avons également attiré l’attention du ministre Fraser sur ce point dans la lettre de bienvenue que nous lui avons adressée en octobre. La protection de l’accès à la justice est un pilier de notre profession et nous avons constaté une érosion constante du droit à l’assistance d’un avocat au fur et à mesure qu’IRCC modernise sa plateforme et ses systèmes numériques. Il est essentiel que les avocats ne soient pas exclus ou marginalisés des procédures d’immigration. Les avocats jouent un rôle important au service du public et contribuent en même temps à minimiser la soumission de demandes inutiles et à réduire les allers-retours en déposant des demandes complètes, ce qui permet d’économiser les ressources précieuses des départements. Les nouveaux portails doivent intégrer des juristes dès le départ afin de minimiser les erreurs qui conduisent à une injustice fondamentale pour les demandeurs. Les sites web gouvernementaux ne doivent pas décourager le public de faire appel à un avocat pour l’assister dans les questions d’immigration et de citoyenneté qui peuvent être d’une grande importance pour le demandeur. Les membres de l’ACAI sont disponibles pour tester de nouvelles initiatives avant leur lancement et pour suggérer des améliorations aux communications gouvernementales concernant quand, qui et comment choisir un avocat.
8) Reprise des invitations pour les candidats au PTQF : Les invitations à l’entrée express en 2021 n’ont été envoyées qu’aux candidats de la CEC et du PNP pour aider votre ministère à atteindre son objectif de 401 000 nouveaux arrivants. Avant la pandémie, les candidats du PTQF étaient les principaux bénéficiaires des CTI. Les recherches de Statistique Canada montrent que les candidats au PTQF s’intègrent rapidement au marché du travail en raison de leur niveau élevé de capital humain. De plus, ils sont essentiels pour atténuer les pénuries de main-d’œuvre qui ralentissent la reprise économique post-pandémique au Canada. L’ACAI encourage IRCC à reprendre les invitations aux candidats du PTQF dès que possible, étant donné qu’IRCC est en bonne voie d’atteindre son objectif de niveaux pour 2021, que les candidats du PTQF contribuent grandement à l’économie canadienne et qu’il n’y a plus de justification pour les exclure des tirages d’Entrée express maintenant que la plupart des restrictions de voyage du Canada ont été levées.
9) Promouvoir l’immigration dans les petites régions : Au cours des vingt dernières années, le Canada a mieux réussi à promouvoir l’immigration dans les petites provinces et collectivités grâce à des initiatives telles que le Programme des candidats des provinces (PCP) et, plus récemment, le Projet pilote d’immigration dans la région de l’Atlantique (PIA). En même temps, l’ACAI croit qu’il faut faire davantage pour fournir aux petites juridictions les outils dont elles ont besoin pour attirer et retenir un plus grand nombre d’immigrants. Les petites juridictions subissent des pressions économiques et fiscales encore plus importantes en raison du vieillissement de la population, des faibles taux de natalité et de l’émigration. IRCC peut apporter un soutien encore plus important aux petites régions en augmentant les allocations du PCP et d’autres programmes régionaux afin qu’elles puissent attirer de nouveaux arrivants, conserver leurs résidents nés au Canada et attirer davantage d’investissements. L’ACAI se réjouit également de pouvoir consulter le Comité permanent et IRCC sur la façon dont un nouveau Programme des candidats des municipalités peut soutenir les objectifs de régionalisation du Canada tout en complétant les volets régionaux existants.
10) Classe d’expérience commerciale : La promotion de l’entrepreneuriat et de l’investissement des immigrants peut soutenir la reprise économique du Canada. L’ACAI est convaincue qu’IRCC peut créer des programmes modernes et efficaces d’immigration des gens d’affaires qui permettent au Canada de bénéficier du capital humain, social et financier des nombreux entrepreneurs et investisseurs immigrants qui souhaitent s’installer dans notre pays. La catégorie des gens d’affaires canadiens faciliterait la transition d’un billion de dollars de petites et moyennes entreprises des baby-boomers qui partent à la retraite vers les immigrants. Cette mesure serait particulièrement bénéfique pour les petites régions du pays. Un programme d’adéquation des compétences et de l’expérience pourrait être mis en place et la qualité pourrait être définie et évaluée, tout en continuant à éviter les systèmes passifs.
L’ACAI vous félicite à nouveau. Nous sommes à la disposition du Comité permanent pour développer nos suggestions et partager notre expertise sur d’autres sujets qui vous intéressent.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes sentiments distingués,
Le Comité de pilotage de l’ACAI
Barbara Jo Caruso
Betsy Kane
Chris Veeman
Nathan Po
Nicolas Simard-Lafontaine
Stéphane Duval
Ravi Jain
Vance Langford


