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Les problèmes frontaliers pourraient-ils conduire à l’adoption de l’ESTA pour les voyageurs canadiens ?

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Par Andy J. Semotiuk, avocat spécialiste de l’immigration aux États-Unis et au Canada, Pace Law Firm.

Une nouvelle vague de franchissements illégaux de la frontière entre le Canada et les États-Unis pourrait mettre à mal les relations diplomatiques entre le Canada et les États-Unis :

Depuis le début de l’année, les agents des douanes et de la protection des frontières des États-Unis ont rencontré près de 20 000 migrants entre les points d’entrée de la frontière nord.

Cela représente une augmentation de 95 % par rapport à l’année dernière.

On ne sait pas exactement ce qui explique cette augmentation, mais près de 60 % de ces rencontres ont eu lieu avec des ressortissants indiens.

Shivam et d’autres chauffeurs demandent entre 150 et 300 dollars par personne pour les six heures de trajet jusqu’à la Grosse Pomme. Là, les migrants chercheront du travail ou se rendront dans d’autres villes d’Amérique.

Arrestations pour terrorisme

Cette nouvelle fait suite à l’arrestation au Canada d’un Pakistanais soupçonné de préparer un attentat terroriste visant la ville de New York. Il est entré au Canada en juin 2023 avec un permis d’études (connu aux États-Unis sous le nom de visa d’étudiant). Cette arrestation a eu lieu peu de temps après l’arrestation, en juillet 2024, d’un duo père/fils qui préparait un attentat au Canada. Il a été révélé que le père avait acquis la nationalité canadienne quelques mois seulement avant l’arrestation.

Le permis d’études, un casse-tête

En ce qui concerne les raisons de l’augmentation du nombre de ressortissants indiens traversant les États-Unis depuis le Canada, il ne fait aucun doute qu’elle est alimentée, du moins en partie, par le fait que le Canada a soudainement réduit de moitié les permis d’études au début de l’année et a rendu plus difficile l’obtention du statut de résident permanent pour les étudiants internationaux et leurs conjoints – dont beaucoup sont originaires de l’Inde.

Exemption ESTA : Seuls les visiteurs du Canada et des Bermudes bénéficient de ce privilège. Les Canadiens ne doivent pas le considérer comme acquis.

Les législateurs américains se plaignaient déjà des entrées illégales en provenance du Canada en 2023. Les dernières nouvelles faisant état d’une nouvelle vague d’entrées illégales et d’arrestations de terroristes ne vont pas arranger les choses.

Les législateurs américains pourraient vouloir envoyer au Canada un message l’invitant à renforcer ses protocoles de sécurité en matière d’immigration. L’une des façons dont les États-Unis pourraient envoyer ce message est d’exiger des voyageurs canadiens se rendant aux États-Unis qu’ils demandent le système électronique d’autorisation de voyage (ESTA ; essentiellement Visa Lite) avant d’arriver par voie aérienne, terrestre ou maritime.

Les Canadiens qui se rendent aux États-Unis bénéficient depuis longtemps d’un statut convoité d’exemption de visa. Ils sont également dispensés de remplir une demande ESTA. Seuls les visiteurs du Canada et des Bermudes bénéficient de ce privilège. Les Canadiens ne doivent pas le considérer comme acquis.

Pensez-y : Les États-Unis n’ont pas exigé de passeport des Canadiens se rendant aux États-Unis par voie aérienne avant 2007 et n’ont pas exigé de passeport des Canadiens voyageant par voie terrestre ou maritime avant 2009. Il n’y a aucune raison de penser que les États-Unis ne pourraient pas menacer d’exiger des protocoles plus stricts aujourd’hui.

Pression diplomatique

Il importe peu que, dans les cas susmentionnés, les ressortissants indiens et pakistanais aient déjà besoin d’un visa pour entrer aux États-Unis. Ce qui compte, c’est que les États-Unis pourraient vouloir exercer une pression diplomatique – en particulier dans le domaine de l’immigration – sur le Canada pour qu’il joue son rôle en veillant à ce que les mauvais acteurs n’entrent pas au Canada et ne passent pas ensuite aux États-Unis.

Ce serait un triste jour si l’ESTA était imposé au Canada (et, par ricochet, si l’eTA était imposé aux États-Unis). Cela reviendrait à exiger des visas de visiteur complets, ce qui diminuerait considérablement la réputation de la plus longue frontière non défendue au monde.

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