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Libérer les opportunités économiques pour les réfugiés qualifiés : Naviguer dans les voies de la mobilité économique au Canada – Pilote

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Rédigé par Kelly O’Connor et Yameena Ansari, avocats spécialisés en droit de l’immigration au Canada, Ansari Immigration Law.

Il semble que chaque mois, une nouvelle crise pousse les gens à fuir leur foyer. Selon le HCR, à la mi-2023, il y avait 110 millions de personnes déplacées de force dans le monde. En tant qu’avocats spécialisés dans les questions d’immigration et de réfugiés, nous savons que les options humanitaires permettant aux personnes de venir au Canada sont limitées. Entre 2015 et 2023, le Canada a accueilli 277 730 réfugiés dans le cadre de ses programmes de réinstallation des réfugiés, y compris par le biais du parrainage privé, soit une moyenne d’un peu plus de 30 000 par an. Parallèlement, le Canada vise à accueillir plus de 400 000 nouveaux résidents permanents par an.

Dans ce contexte, le programme pilote de mobilité économique (EMPP) est une lueur d’espoir. Le PEMP combine les voies d’accès aux réfugiés et à l’économie, ce qui en fait une excellente option pour les réfugiés hautement qualifiés et les autres personnes déplacées qui souhaitent immigrer au Canada. Nous félicitons le Canada d’avoir introduit ce programme et de s’être engagé à le rendre permanent. Cependant, malgré les nobles intentions du programme, plusieurs défis liés à sa mise en œuvre nuisent à ses objectifs primordiaux.

1) La voie d’accès n’est pas largement diffusée

Ansari Immigration Law s’est familiarisé avec l’EMPP en 2023 afin d’aider l’un de ses clients à Gaza. En faisant des recherches sur le programme, nous nous sommes rendu compte qu’il était peu connu des avocats et des consultants, à l’exception de quelques organisations désignées comme partenaires de confiance du programme.

Cette méconnaissance du programme par les avocats et les consultants entraîne une sous-utilisation du programme, comme en témoignent les places non réclamées à la fin de l’année 2023. Pour remédier à cette méconnaissance du programme, Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) pourrait organiser des séances d’information sur l’EMPP à l’intention des membres du barreau de l’immigration et des organisations d’aide aux réfugiés. En tant qu’avocats, nous pouvons également faire passer le message à nos collègues.

2) Le plafond de l’EMPP n’a pas été atteint en 2023, ce qui a laissé des places sur la table pour les réfugiés vulnérables.

L’EMPP est divisée en deux catégories : l’EMPP régionale et l’EMPP fédérale. L’EMPP fédérale est également divisée en deux catégories : la catégorie des offres d’emploi et la catégorie des offres de non-emploi. Le flux d’offres non professionnelles est plafonné, tandis que le flux d’offres professionnelles n’est pas plafonné. À la fin de l’année 2023, nous avons essayé de savoir s’il y avait encore des places disponibles dans la catégorie des offres non professionnelles, mais nous avons constaté qu’IRCC ne publiait pas cette information. Pour le savoir, nous avons dû contacter directement les organisations partenaires de confiance. Nous avons ainsi appris que le plafond n’est que de 150 places et qu’il n’a probablement pas été atteint en 2023.

Compte tenu de la faiblesse du plafond et du nombre de personnes déplacées dans le monde, nous avons été choqués d’apprendre que des places n’étaient pas prises dans le cadre de ce programme. En outre, nous ne devrions pas avoir à nous fier au bouche à oreille pour savoir si le plafond a été atteint ou non. Si, en tant qu’avocats spécialisés en droit de l’immigration, nous devons nous fier à des rumeurs pour savoir combien de places il reste, comment un réfugié résidant à l’étranger pourrait-il remplir ce type de demande par ses propres moyens ?

Pour remédier à ce manque de transparence, IRCC devrait publier un décompte du nombre de places restantes dans chaque filière de l’EMPP sur le guide de candidature de l’EMPP. Cette accessibilité à l’information rendra le programme plus utilisable pour les représentants autorisés et les candidats à l’EMPP.

3) Obstacles à la fourniture de pièces justificatives

L’EMPP vise à éliminer certains obstacles qui empêcheraient les personnes déplacées de remplir une demande de RP traditionnelle. Les frais de candidature et de biométrie sont supprimés, de même que les certificats de police. Pour le volet fédéral de l’offre d’emploi de l’EMPP, l’exigence d’évaluation des diplômes est également levée et les candidats peuvent contracter un prêt pour accéder aux fonds d’installation.

Cependant, d’après notre expérience, cette flexibilité n’est pas suffisante et des obstacles subsistent pour les demandeurs. Par exemple, la preuve des compétences linguistiques est toujours requise, et les candidats potentiels en situation de déplacement peuvent ne pas être en mesure de se rendre dans un centre d’examen reconnu ou de payer les frais d’examen. Pour le volet sans offre d’emploi de l’EMPP fédéral, les demandeurs doivent toujours obtenir des ACE, ce qui implique que les universités envoient les relevés de notes à une organisation désignée. Pour de nombreux candidats déplacés, leur alma mater peut se trouver au milieu d’une zone de guerre ou avoir été détruite. Pour les réfugiés, une université publique peut même être un organe de l’agent de persécution. Par conséquent, ceux qui ont le plus besoin de ce programme sont les moins à même d’y accéder.

Le statu quo consiste pour les avocats et les candidats (s’ils sont capables de comprendre) à présenter des arguments humanitaires pour chaque document requis qu’ils ne sont pas en mesure d’obtenir. Non seulement ces arguments font grimper les frais juridiques, mais ils retardent également les délais de traitement des demandes. Au lieu de cela, sur la liste de contrôle des documents, IRCC pourrait indiquer que certains documents requis peuvent être remplacés par d’autres (et fournir des exemples de documents substituables). IRCC pourrait également regrouper les documents sous les rubriques “obligatoires” et “facultatifs”, en expliquant que les “documents facultatifs” ne doivent pas être fournis si le demandeur ne peut pas les obtenir pour des raisons humanitaires impérieuses.

4) Les candidats à l’EMPP sont toujours rejetés en raison de la demande excessive de services de santé.

Le Canada évalue l’admissibilité médicale des immigrants potentiels en raison du fardeau excessif qui pèse sur les services de santé, à l’exception des réfugiés. Cependant, IRCC n’exempte pas les candidats à l’EMPP de cette exigence, même si nombre d’entre eux sont des réfugiés reconnus. Pour rendre l’EMPP cohérent avec le droit des réfugiés, IRCC devrait éliminer le “fardeau excessif pour les services de santé” comme motif d’inadmissibilité.

Responsabiliser les nouveaux arrivants : La promesse de l’EMPP

Au-delà de ses inefficacités logistiques, l’EMPP incarne l’engagement plus large du Canada en faveur de l’inclusion et de la diversité. Le programme est plein de promesses : en accueillant des réfugiés qualifiés et des personnes déplacées, il permet non seulement de remédier aux pénuries de main-d’œuvre, mais aussi d’atteindre les objectifs humanitaires du Canada.

Pour les avocats spécialisés en immigration, comprendre les forces et les faiblesses de l’EMPP peut les aider à offrir cette option à des clients qui n’ont peut-être pas d’autre voie d’accès au Canada. En tirant parti des diverses voies d’accès du programme, les juristes peuvent permettre aux personnes de s’engager dans des parcours transformateurs vers la mobilité économique et l’intégration sociétale. Continuons à défendre ce programme, tout en plaidant pour son amélioration, afin de garantir que les personnes fuyant les crises aient la possibilité de s’épanouir au Canada.

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