L’Association Canadienne des Avocats en Immigration (ACAI) se réjouit de l’annonce faite aujourd’hui concernant le Plan des niveaux d’immigration 2023-2025. L’immigration est essentielle à la prospérité du Canada et continuera à contribuer au renforcement de la situation économique et fiscale de notre pays.
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L’ACAI constate que le système d’immigration continue de poser des problèmes qui ralentissent les efforts du Canada en matière de croissance économique, de réunification des familles et d’aide humanitaire. À ce titre, l’ACAI propose les recommandations suivantes pour soutenir un système d’immigration canadien encore plus fort.
Classe économique
Entrée express : Lors de son lancement en janvier 2015, Entrée express a été conçue pour mettre fin aux retards dans le traitement des demandes d’emploi hautement qualifié au niveau fédéral et pour sélectionner les candidats les mieux notés d’une manière transparente et fondée sur des données probantes. Si l’ACAI se réjouit du retour récent des tirages au sort tous programmes et des normes de traitement de six mois, elle s’inquiète de l’introduction prévue de tirages au sort ciblés au début de l’année 2023.
L’un des avantages que le Canada offre aux candidats à l’immigration est la certitude qu’ils seront évalués objectivement. Les candidats à l’entrée express ont une idée précise du score qu’ils doivent obtenir dans le cadre du système de classement global (SRC) pour pouvoir prétendre à une invitation à la résidence permanente.
L’introduction imminente des tirages au sort ciblés efface toutefois cette certitude, ce qui risque d’éroder la compétitivité du système d’immigration canadien. En outre, on peut se demander quels critères et processus Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) utilisera pour mettre en œuvre les tirages au sort ciblés.
L’ACAI regrette de constater que le gouvernement du Canada n’a pas consulté adéquatement les intervenants avant l’introduction du projet de loi C-19, et qu’il n’a offert que très peu d’occasions de consultation publique lorsque le contenu du projet de loi a été rendu public. Dans ces conditions, l’ACAI craint que les possibilités de consultation publique soient réduites au minimum lorsque IRCC commencera à procéder à des tirages au sort ciblés.
L’ACAI demande donc à IRCC de procéder à une consultation large et transparente avant l’introduction de ces tirages au sort, afin de s’assurer que cette nouvelle politique continue d’inviter les candidats à l’Entrée express de manière objective.
Les parcours de TR à PR : De même, les étudiants étrangers et les travailleurs étrangers au Canada n’ont pas la certitude de pouvoir obtenir la résidence permanente. Le défi est d’autant plus grand que la population des résidents temporaires (RT) du Canada continue d’augmenter rapidement. Le Canada n’a tout simplement pas assez de places disponibles pour les demandeurs principaux de la catégorie économique dans le cadre de son plan d’immigration pour répondre à la demande des centaines de milliers d’étudiants internationaux qui se trouvent déjà dans le pays et qui cherchent à obtenir la résidence permanente.
Bien que la lettre de mandat du ministre de l’immigration Sean Fraser lui demande d’offrir davantage de voies d’accès à la RP par le biais d’Entrée express, le gouvernement fédéral reste silencieux sur la manière dont il atteindra cet objectif. Les récentes tentatives d’introduction de nouveaux parcours ont causé des ravages dans le programme d’Entrée express existant. L’ACAI encourage le ministre à utiliser la plateforme d’Entrée express pour les futurs parcours de TR à PR, au lieu d’introduire un nouveau programme au détriment d’un autre. La multiplicité des programmes et des critères a rendu le paysage de l’immigration confus et difficile à naviguer pour le citoyen moyen. Des critères objectifs et la transparence seraient les bienvenus.
En cette période de pénurie historique de main-d’œuvre, l’ACAI estime que le gouvernement canadien a une obligation à la fois économique et morale de déterminer comment il peut concilier l’accueil d’un plus grand nombre de personnes en transition vers la RP tout en continuant à garder les portes du Canada ouvertes aux talents mondiaux vivant à l’étranger.
Filières commerciales : L’ACAI déplore le nombre limité d’options fédérales offertes aux gens d’affaires immigrants, alors même que le Canada s’apprête à accueillir un nombre record de nouveaux immigrants. Le gouvernement fédéral ne met pas le Canada en position de maximiser les avantages économiques de l’immigration lorsqu’il limite considérablement la possibilité pour les entrepreneurs, les investisseurs et les travailleurs indépendants de s’installer de façon permanente dans notre pays.
L’ACAI a noté que les problèmes persistants liés au programme de visa pour jeunes entreprises (SUVP), tels que la lenteur des délais de traitement. Site web de l’IRCC rapporte actuellement le délai moyen de traitement des demandes de SUVP est de 32 mois, ce qui est beaucoup trop lent pour que le programme soit compétitif au niveau mondial et va à l’encontre de l’objectif même du programme.
Le Canada possède suffisamment d’expérience et d’expertise pour repenser ses filières commerciales et trouver des moyens novateurs d’accueillir davantage d’entrepreneurs, d’investisseurs et de travailleurs indépendants afin de soutenir son développement économique.
Flux de soignants : La demande d’aides familiaux étrangers augmente. Les enfants ont désespérément besoin d’aides familiales et, avec le vieillissement de la population canadienne, les personnes âgées qui souhaitent rester chez elles ont besoin d’un plus grand nombre d’aides familiales. Pourtant, IRCC ne traite actuellement que jusqu’à 5 500 demandes de résidence permanente d’aidants familiaux par an, soit la moitié de ce que le Canada traitait il y a dix ans. IRCC doit offrir davantage de places d’immigration aux aidants familiaux et traiter leurs demandes plus rapidement afin de mieux aider les familles canadiennes.
Classe de famille
Permis de travail pour les conjoints : L’ACAI continue de demander à IRCC d’offrir des permis de travail ouverts aux conjoints étrangers qui attendent d’être parrainés par leurs proches au Canada. Comme l’a fait L’ACAI a souligné précédemmentLa politique d’immigration du Canada continue d’être appliquée de manière incohérente aux conjoints étrangers. Alors que le Canada permet aux conjoints étrangers des titulaires de permis de travail et d’études d’obtenir des permis de travail ouverts, il n’étend pas cette même politique aux conjoints étrangers en attente d’un parrainage à l’étranger. Cette incohérence nuit aux objectifs du Canada en matière de regroupement familial ainsi qu’à l’économie. Offrir des permis de travail ouverts aux conjoints étrangers une fois qu’une demande de parrainage a été soumise à IRCC permettra non seulement de réunir les familles plus rapidement, mais aussi de compléter les revenus du ménage, ce qui serait un plus pour l’économie.
Programme des parents et grands-parents (PGP) : IRCC doit procéder à une large consultation afin d’identifier de meilleurs moyens de gérer le PGP. Bien que l’ACAI comprenne que la demande de parrainage de parents et de grands-parents dépasse de loin le nombre de places d’immigration disponibles dans le cadre du PGP, elle estime qu’il existe des moyens plus efficaces et plus équitables pour IRCC de gérer l’admission. La décision d’IRCC de puiser dans la réserve d’admission de 2020 en trois fenêtres successives a bénéficié à ceux qui ont soumis des formulaires d’intérêt pour le parrainage en 2020 d’une part, mais a empêché de nouveaux parrains potentiels d’entrer dans la réserve d’autre part. Une solution potentielle qu’IRCC pourrait employer est une loterie pondérée par laquelle les sponsors potentiels verraient leurs chances d’être tirés au sort augmenter au fur et à mesure qu’ils resteraient dans le groupe. Un autre avantage de cette approche est qu’elle permettrait à de nouveaux parrains potentiels d’entrer dans le groupe. L’ACAI demande également que le tirage au sort ait lieu en début d’année (comme c’était le cas avant la pandémie), à partir de 2023. Cela apporterait plus de certitude au PGP et n’obligerait pas les candidats à finaliser leurs demandes pendant la période chargée des fêtes de fin d’année.
Classe humanitaire
L’article 25 est un article important de la loi sur l’immigration et la protection des réfugiés (LIPR). Il permet à un demandeur de solliciter la résidence permanente lorsqu’il serait confronté à des difficultés inhabituelles, imméritées ou disproportionnées s’il était contraint de quitter le Canada. D’autres circonstances peuvent justifier l’octroi de la résidence permanente à des personnes qui sont au Canada depuis un certain nombre d’années, qui contribuent à la vie économique et qui bénéficient du soutien d’un employeur canadien. Tout programme visant à accorder une “amnistie” aux personnes vivant sans statut au Canada doit être élaboré après une large consultation des parties prenantes, afin de garantir l’intégrité de la politique de l’UE en matière d’immigration. Les lois canadiennes sur l’immigration ne sont pas érodées.
Recommandations supplémentaires
Moderniser la définition du travail à distance
Les politiques d’IRCC concernant le travail à distance devraient être modernisées et un document d’orientation devrait être élaboré et rendu public afin que le modèle de travail à distance soit reconnu comme un mode d’emploi authentique et privilégié pour de nombreux secteurs d’activité et professionnels hautement qualifiés. Depuis avant le début de la pandémie, de nombreux employeurs canadiens ont adopté une politique de travail à distance d’abord ou de travail à domicile partiellement à distance. Cela peut également se traduire par des activités de travail interprovinciales. Par exemple, un employeur peut avoir son siège à Ottawa ou à Saskatoon et autoriser ses employés étrangers et nationaux à travailler depuis n’importe quel endroit du Canada. Un changement dans la politique fédérale peut servir à déplacer le curseur en ce qui concerne l’évaluation du travail à distance au niveau du programme de désignation provincial, où le travail à distance n’est pas considéré comme un véritable emploi dans la province ou est exclu parce que les bureaux de l’employeur ne sont pas situés dans la province.
Étant donné que la délivrance des permis de travail et les questions relatives à l’expérience professionnelle canadienne sont essentielles pour l’admissibilité à la catégorie de l’expérience canadienne (CEC), les règles relatives à la manière dont le travail est effectué au Canada doivent être modernisées pour permettre aux titulaires de permis de travail au Canada de transférer de manière transparente leur expérience professionnelle canadienne à distance à une expérience professionnelle admissible dans le cadre des volets Entrée express et Programme des candidats des provinces (PCP) qui exigent une expérience professionnelle dans la province en question. Par exemple, dans le cadre du PCP de l’Ontario, un employeur ne peut soutenir son employé en Ontario que s’il “… avoir des locaux commerciaux en Ontario“le lieu de travail de l’employé. En Saskatchewan, pour embaucher des travailleurs étrangers dans la province, les employeurs doivent d’abord s’enregistrer en tant qu’employeur dans la province, et l’employeur doit prouver qu’il dispose de locaux commerciaux et qu’il exerce une activité commerciale dans la province. En Alberta, le PNP exige qu’il y ait un employeur dans la province. Étant donné que de nombreux programmes provinciaux s’inspirent des programmes et définitions fédéraux, il est impératif qu’IRCC prenne l’initiative de modifier ce qui constitue une expérience professionnelle vérifiable, compte tenu de l’adoption croissante du travail à distance sur le marché du travail canadien.
Améliorer l’expérience des clients sur les portails de candidature d’IRCC
IRCC doit rapidement résoudre les problèmes informatiques liés à ses portails de candidature en ligne. Ces portails sont encore truffés de problèmes, ce qui complique la tâche des nouveaux arrivants et de leurs représentants lorsqu’il s’agit de soumettre leurs demandes à IRCC. Il en résulte un surcroît de travail pour IRCC en raison de difficultés administratives. Par exemple, l’absence d’instructions claires sur ce qui constitue une demande signée numériquement entraîne un surcroît de travail et une perte de temps pour les demandeurs comme pour le personnel de traitement d’IRCC.


