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Position du CILA sur les étudiants étrangers

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Introduction

Le Canada reconnaît depuis longtemps l’immense valeur que les étudiants étrangers apportent à nos communautés, en enrichissant nos institutions universitaires et en contribuant à notre diversité culturelle. Cependant, l’augmentation spectaculaire du nombre d’étudiants internationaux a mis en lumière certains défis qui doivent être relevés. L’ACAI s’engage à plaider en faveur d’un système d’étudiants internationaux plus durable et plus transparent, qui profite à toutes les parties prenantes.

Développer un modèle de financement plus durable pour les IDD

Les provinces doivent assumer davantage de responsabilités pour soutenir les établissements d’enseignement du Canada afin qu’ils ne dépendent pas de sources de revenus étrangères pour survivre. De même, les établissements d’enseignement eux-mêmes doivent intégrer leur personnel chargé du recrutement international afin que la responsabilité des pratiques de recrutement de chaque établissement incombe uniquement à l’établissement au Canada et que les activités puissent faire l’objet d’une réglementation et d’une mise en application.

Meilleure réglementation du statut de l’instrument de financement de la coopération au développement

Les enquêtes menées par le Bureau canadien de l’éducation internationale (BCEI) et d’autres organismes indiquent que la plupart des étudiants étrangers sont motivés pour obtenir la résidence permanente après avoir obtenu leur diplôme au Canada. Il convient donc d’envisager de révoquer le statut de DLI des établissements qui proposent des programmes ne permettant pas aux étudiants étrangers de bénéficier d’un PGWP. Cela réduirait considérablement les chances que les étudiants étrangers soient trompés par les agents d’éducation et les DLI quant à leurs perspectives d’immigration après l’obtention de leur diplôme au Canada.

En outre, il convient de mieux réglementer les IDD afin de s’assurer qu’ils soutiennent des résultats positifs pour les étudiants internationaux pendant et après leurs études au Canada. Il s’agit notamment d’aider les étudiants étrangers avant leur arrivée dans des domaines clés tels que le logement et le coût de la vie, et de les aider à trouver un emploi rémunérateur après l’obtention de leur diplôme. Le cadre des établissements reconnus est bienvenu. Il pourrait peut-être être développé pour fonctionner de la même manière que le “plan de préparation COVID” qui a été exigé des DLI pendant la pandémie pour s’assurer qu’ils étaient équipés pour accueillir des professeurs, des étudiants nationaux et internationaux. Une approche similaire, par exemple, appelée “plan de préparation des DLI”, pourrait être utilisée pour que les DLI assument une plus grande responsabilité en matière de logement, de santé mentale, d’emploi et d’autres soutiens essentiels à la réussite des étudiants étrangers.

Le Canada peut également envisager de réexaminer la liste actuelle des établissements d’enseignement désignés afin d’en radier certains, moyennant un préavis approprié. Les établissements dont les performances sont médiocres et dont les pratiques de recrutement bien documentées ne respectent pas les normes éthiques pourraient faire l’objet de cet exercice.

Plus de transparence sur les perspectives de relations publiques

Bien que la plupart des étudiants étrangers se disent intéressés par l’obtention d’une RP, les données du gouvernement fédéral indiquent que la majorité d’entre eux ne peuvent pas l’obtenir. Cela s’explique par la nature compétitive du processus d’obtention de la RP pour la catégorie économique et par le fait qu’il n’y a tout simplement pas assez de places disponibles pour la RP. Le Canada devrait accueillir quelque 900 000 étudiants étrangers cette année, mais seulement un quart environ des objectifs annuels du Canada en matière d’immigration vont aux demandeurs principaux de la catégorie économique (la plupart des admissions de la catégorie économique concernent les partenaires et les enfants des demandeurs principaux).

Cette méconnaissance de la part des étudiants étrangers entraîne d’importants problèmes d’intégrité. Par exemple, les consultants en éducation et les DLI peuvent récolter d’importants bénéfices financiers en vendant aux étudiants internationaux leurs perspectives de résidence permanente, même si ces perspectives sont faibles. Il est difficile pour les gouvernements de gérer les messages fournis par les consultants et les DLI, mais le gouvernement peut et doit faire un meilleur travail en fournissant des messages plus transparents de son côté. Il s’agit d’informer les étudiants étrangers, bien avant qu’ils ne s’installent au Canada, des réalités auxquelles ils sont confrontés en matière de relations publiques. IRCC, par exemple, peut lancer une campagne de marketing indiquant qu’étudier au Canada ne garantit pas les relations publiques. De plus, IRCC peut indiquer clairement lors de la demande d’un permis d’études que l’obtention de la RP n’est pas garantie, et des messages similaires peuvent être communiqués lorsque les étudiants reçoivent leur AOR, les approbations, et lorsque les diplômés font une demande de PGWP. Le ministère peut également imposer aux DLI l’obligation d’inclure un message similaire dans chaque lettre d’intention.

Il est également essentiel de souligner qu’IRCC s’assure de pouvoir correspondre directement avec les étudiants étrangers. Souvent, c’est un consultant en éducation à l’étranger qui soumet la demande au nom de son client, ce qui présente un conflit d’intérêts puisqu’il reçoit une commission de la DLI et qu’il a tout intérêt à cacher des informations à son client (par exemple, que l’obtention de la RP n’est pas acquise d’avance). Cela impliquerait que les fonctionnaires d’IRCC communiquent directement avec les demandeurs eux-mêmes avant que les demandes ne soient traitées.

Une plus grande réglementation des agents de l’éducation

Les agents éducatifs étrangers doivent être réglementés par les provinces et les collèges et universités canadiens doivent être tenus responsables des activités qu’ils mènent à l’étranger au nom des établissements d’enseignement publics et privés du Canada. Les établissements d’enseignement canadiens ne peuvent plus être autorisés à s’engager dans le Far West des activités de recrutement à l’étranger qui échappent aux lois fédérales ou provinciales et à leur application. Les établissements d’enseignement canadiens ne devraient être autorisés à employer que des agents ou des consultants en éducation qui sont responsables devant l’établissement lui-même et qui peuvent être régis par les lois du Canada. Cela entraînera un changement dans les pratiques de recrutement international et réduira considérablement le nombre d’acteurs peu scrupuleux qui exploitent les étudiants internationaux par le biais des pratiques de recrutement actuelles.

En outre, le Canada doit exiger que les collèges et universités canadiens divulguent les noms, la citoyenneté et le lieu de travail de tous les agents éducatifs qu’ils emploient pour recruter des étudiants à l’étranger. Tous les agents étrangers doivent être employés directement par les établissements canadiens et avoir un lien avec le Canada afin qu’ils puissent être tenus responsables des pratiques qui ne respectent pas les normes éthiques. Les établissements postsecondaires canadiens qui emploient des acteurs peu scrupuleux et des agents non réglementés devraient être soumis à un régime de conformité. Les sanctions pour non-conformité peuvent inclure la révocation du statut d’établissement d’enseignement désigné (DLI). Une autre option consisterait à adopter un régime de conformité semblable à celui adopté pour les employeurs de travailleurs étrangers au Canada. Les établissements d’enseignement pourraient être déclarés non conformes et faire l’objet de sanctions administratives pécuniaires. Une liste publique des établissements non conformes pourrait être publiée par Affaires mondiales Canada et IRCC, comprenant une liste des types d’activités non conformes et des sanctions imposées à chaque établissement.

Une autre option pour s’assurer que les demandeurs potentiels ne sont pas induits en erreur quant à leurs perspectives de transition vers la résidence permanente serait de restreindre la représentation pour les demandes de permis d’études. Le rôle des représentants autorisés devrait être limité aux conseils concernant la soumission d’une demande de permis d’études conforme. Il devrait être interdit à tout représentant agissant également en tant qu’agent ou consultant rémunéré en matière d’éducation de représenter des étudiants internationaux devant IRCC, car cela crée un conflit d’intérêts. Les demandeurs de permis d’études doivent être informés lorsqu’un agent éducatif reçoit des commissions de la part de DLI. Nous recommandons également que les commissions soient divulguées par les établissements d’enseignement et leurs agents.

À des fins de comparaison, il convient de noter que les avocats canadiens ne sont pas autorisés à verser des honoraires de recommandation à des agents tiers. En Ontario, par exemple, les honoraires de recommandation sont limités aux honoraires versés à d’autres avocats ontariens et doivent être entièrement divulgués au client. En outre, les avocats ne peuvent pas recevoir d’honoraires de recommandation sans révéler au client qu’ils ont reçu un honoraire ou une commission de recommandation. Les formulaires de demande de permis d’études pourraient être modifiés pour inclure des questions sur la participation éventuelle d’un agent ou d’un consultant en éducation à une demande et sur le versement d’une commission. Cela permettrait une plus grande transparence et une plus grande responsabilité dans la procédure de demande.

Critères d’octroi du permis d’étude

Le renforcement des critères d’octroi des permis d’études peut contribuer à réduire une série de problèmes, tels que l’exploitation des étudiants internationaux par des acteurs peu scrupuleux avant (par exemple, les agents éducatifs) et après l’arrivée (par exemple, les propriétaires et les employeurs). Actuellement, les étudiants étrangers doivent prouver qu’ils disposent d’une lettre d’intention et d’une preuve de soutien financier, entre autres critères. L’une des difficultés réside dans le fait qu’il est généralement très facile d’obtenir une lettre d’intention auprès de l’un des quelque 1 500 DLI du Canada, ce qui donne lieu à une course vers le bas. Une connaissance à peine passable de l’anglais ou du français suffit pour obtenir une lettre d’intention, ce qui rend ces personnes vulnérables aux abus au Canada et réduit leurs perspectives d’immigration après l’obtention de leur diplôme. En outre, le montant des fonds dont un individu hors du Québec a besoin par an est de 10 000 dollars canadiens (en plus des frais de scolarité). En réalité, il est pratiquement impossible de vivre avec 10 000 dollars canadiens, ce qui signifie qu’un étudiant doit soit avoir accès à un montant nettement plus élevé, soit occuper un emploi régulier à son arrivée. Le problème de ce dernier point est qu’il menace de saper l’intégrité du programme d’études, car les étudiants qui arrivent peuvent donner la priorité au travail plutôt qu’aux études, ce qui va à l’encontre de l’esprit dans lequel ils ont été admis au Canada.

Il est donc nécessaire de réévaluer le montant plus réaliste du soutien financier nécessaire pour étudier au Canada. En outre, les chiffres relatifs au soutien financier devraient être régulièrement indexés sur l’inflation, ce qu’IRCC fait régulièrement pour ses frais de dossier et pour les critères d’éligibilité dans d’autres secteurs d’activité tels que le programme pour les parents et les grands-parents.

Il convient également d’envisager la mise en œuvre de normes plus strictes en matière de compétences linguistiques et de soutien financier pour tous les étudiants étrangers. Par exemple, le volet direct pour les étudiants exige des compétences linguistiques plus élevées et l’achat d’un CPG de 10 000 dollars canadiens dans une banque canadienne éligible pour bénéficier d’une norme de service plus rapide. Imposer de telles exigences à tous les étudiants peut être un moyen de s’assurer que les étudiants étrangers sont bien placés pour s’installer et s’intégrer au Canada.

Le 27 octobre 2023, annonce des changements apportés au Programme des étudiants étrangers du Canada

L’ACAI se réjouit de l’initiative d’IRCC d’entamer une série d’améliorations pour soutenir les étudiants internationaux à destination du Canada. L’ACAI espère que l’IRCC poursuivra ses consultations avec les parties prenantes afin d’améliorer l’intégrité du système.

La reconnaissance par IRCC de la nécessité de soutenir les étudiants internationaux ayant des problèmes de santé mentale au Canada a été remarquée. L’ACAI demande à l’IRCC de reconnaître également la nécessité d’une certaine indulgence à l’égard de l’obligation de maintenir une charge de cours à temps plein lorsque les études peuvent être interrompues ou réduites en raison de circonstances qui ont un impact sur la santé mentale d’un étudiant international.

En ce qui concerne le cadre des établissements reconnus, l’ACAI estime qu’il s’agit de la clé pour restaurer l’intégrité du programme canadien pour les étudiants étrangers.

En ce qui a trait à l’examen du Programme de bourses d’études postsecondaires, l’ACAI appuie les changements apportés au Programme de bourses d’études postsecondaires qui permettraient d’ajuster l’admissibilité au niveau et à la durée du programme d’études postsecondaires. De même, une durée prolongée du PGWP pourrait être offerte aux étudiants étrangers qui poursuivent des programmes d’études correspondant aux pénuries de main-d’œuvre au Canada. L’extension de la durée du PGWP jusqu’à cinq ans pour les diplômés internationaux dans les domaines de la santé, des STIM, des métiers et des transports inciterait les étudiants internationaux à choisir judicieusement leurs programmes d’études dès le départ. Cela rétablirait également l’intégrité du programme des étudiants étrangers en structurant des moyens à long terme de rester au Canada qui sont liés à la fois à l’IDD et à la discipline d’enseignement. Le fait de restreindre l’accès au PGWP pour les programmes qui ne répondent pas aux besoins de l’économie en matière de main-d’œuvre, tels que les programmes généraux de l’enseignement supérieur et/ou les programmes d’une durée inférieure à 18 mois, pourrait également amener les établissements d’enseignement à réexaminer la viabilité de ces programmes, réduisant ainsi le nombre d’étudiants étrangers qui utilisent le PSI comme une passerelle perçue pour rester au Canada de manière permanente.

L’ACAI a demandé le retour du volet de l’évaluation de l’impact sur le marché du travail (EIMT) postérieur au PGMT (au niveau du salaire d’entrée), un programme qui a servi de tremplin aux diplômés internationaux pour entreprendre une carrière dans leur domaine de prédilection. En rétablissant le programme d’EIMT, IRCC pourrait résoudre les pénuries de main-d’œuvre spécifiques à l’industrie en faisant appel à des talents formés au Canada et offrir un soutien supplémentaire aux diplômés internationaux afin qu’ils puissent trouver une voie d’accès au statut de résident permanent.

Il est essentiel de rétablir et de renforcer l’intégrité du programme d’aide internationale du Canada pour maintenir le programme d’étudiants étrangers sans envisager de plafonner le nombre d’étudiants étrangers accueillis chaque année. Le Canada doit s’orienter vers l’attraction d’étudiants étrangers axés sur les études, qui peuvent aider à soutenir le marché du travail et l’économie du Canada. Nous demandons instamment à IRCC et à Global Affairs Canada de poursuivre leur dialogue avec les principales parties prenantes sur la manière d’aider les collèges et universités canadiens à attirer des étudiants étrangers qui contribueront à la vie académique de nos établissements postsecondaires, feront progresser la recherche au Canada et formeront les leaders de demain.

L’ACAI, par l’intermédiaire de ses membres, possède une grande expérience en la matière et se tient prête à apporter son aide en fournissant des commentaires sur des idées et des propositions sur la manière d’adapter les programmes ISP et PGWP afin de répondre aux besoins évolutifs du Canada.

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