Articles

Articles

Qu’est-ce qui rend l’accès à l’avocat si menaçant ?

Facebook
Twitter
LinkedIn

Rédigé par la L’Association Canadienne des Avocats en Immigration.

Dans l’affaire Fraser c. CanadaDans l’affaire de l’affaire de l’hôpital de la ville, la Cour suprême a statué que les femmes membres de la GRC qui réduisaient leurs heures de travail pour s’occuper de leurs enfants méritaient un traitement égal en matière de pension. Aujourd’hui, quelqu’un pourrait-il prétendre que les agents ayant des obligations d’aidant familial devraient avoir droit à moins ? Que les femmes qui réorganisent leurs responsabilités professionnelles pour concilier vie de famille et vie professionnelle devraient être moins bien loties à la retraite que les agents qui n’ont tout simplement jamais interrompu leur carrière ? Cette position semble absurde. Pourtant, le ministère de la justice a porté cette affaire devant la plus haute juridiction, la qualifiant d’extension inappropriée des droits à pension au-delà de l’intention du législateur.

Les clients des services d’immigration devraient-ils se voir refuser une représentation complète dans des affaires qui déterminent s’ils peuvent rester au Canada, rejoindre leur famille ou échapper à la persécution ? Les nouveaux arrivants qui naviguent dans des procédures juridiques complexes doivent-ils être empêchés d’accéder aux avocats qu’ils ont engagés à leurs propres frais ? L’Association Canadienne des Avocats en Immigration répond par la négative. La question est de savoir si nous allons répéter le scénario familier où ce qui semble évident rétrospectivement est farouchement combattu dans le présent.

Le mythe de l’extension des droits

Il y a quelque chose d’intellectuellement suspect dans la L’objection de l'”expansion des droits”. Elle part du principe que le statu quo est correct et considère toute reconnaissance judiciaire comme un activisme illégitime. Mais ce raisonnement est circulaire. Si des droits existent dans la Charte ou dans la common law, les reconnaître n’est pas un activisme illégitime. expansion”, c’est demande. L’objection présume ce qu’elle doit prouver : que le système actuel est constitutionnellement sain et complet.

Voyez combien de fois cette objection a échoué. En effet, en Eldridge c. Colombie-BritanniqueDans l’affaire de l’Hôpital de la ville, la province a fait valoir que le fait d’exiger des services d’interprétation en langue des signes dans les hôpitaux aurait pour effet d’étendre les services de santé de manière inappropriée. La Cour suprême n’est pas d’accord : fournir des soins de santé sans interprétation constitue une discrimination à l’égard des patients sourds et une violation des droits à l’égalité. L’obligation d’adaptation n’était pas une expansion injustifiée, mais une correction de l’exclusion discriminatoire.

En droit de l’immigration, Singh c. Canada est une affaire fondamentale dans laquelle la Cour a estimé que les demandeurs d’asile avaient droit à une audition orale en vertu des principes de justice fondamentale. Ce qui était initialement considéré comme inutile est devenu une pierre angulaire de la jurisprudence canadienne en matière d’immigration. D’autres affaires comme Baker c. Canada démontrent également que l’équité procédurale doit prendre en compte les effets humains substantiels des décisions administratives.

Ces exemples révèlent un schéma clair : les gouvernements résistent, les tribunaux reconnaissent, et l’histoire finit par donner raison au principe fondamental selon lequel les processus juridiques affectant la vie, la liberté et les intérêts personnels importants doivent respecter l’équité à tous les stades.

La question difficile

Cela soulève une question difficile. Le ministère de la Justice représente différents ministères. Lorsque les avocats du ministère de la Justice s’opposent à la reconnaissance des droits, ils servent la préférence de leur client pour la flexibilité administrative et l’évitement des coûts supplémentaires. Mais l’intérêt administratif d’un ministère est-il synonyme de l’intérêt constitutionnel du Canada ?

Quand la Colombie-Britannique s’est battue EldridgeElle a défendu le contrôle des coûts. Lorsque la GRC s’est opposée FraserIl a défendu la conception des régimes de retraite. Il s’agissait d’intérêts ministériels, qui ne correspondaient pas nécessairement à ceux de l’Union européenne. Charte ou ce qui sert le bien public.

L’ACAILa demande de l’avocat souligne que le système actuel exclut souvent les avocats d’une participation significative à la correspondance et aux entretiens avec Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, Emploi et Développement social Canada, et Sécurité publique Canada. Dans de nombreux cas, ces ministères s’occupent directement de la communication avec les demandeurs, même lorsque ces derniers ont retenu les services d’un avocat, et ces ministères ne sont pas tenus de faire de l’avocat le seul point de contact. Cette dynamique nuit à l’équité de la procédure, impose aux demandeurs des obstacles inutiles et, en fin de compte, épuise les ressources publiques par des appels et des litiges qui pourraient être évités.

Les arguments de l’ACAI

L’ACAI remet en question un système dans lequel les clients peuvent engager un avocat, mais où les ministères ne sont pas tenus de traiter avec cet avocat dans le cadre des demandes d’immigration et de statut de réfugié, des entrevues et des examens. Ces contextes ne sont actuellement pas couverts par le droit à l’assistance d’un avocat garanti par l’article 167(1) de la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés. Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés et l’article 10(b) de la Charte, qui se limitent aux audiences devant la Commission de l’immigration et du statut de réfugié et aux détentions.

L’ACAI cherche à obtenir des déclarations selon lesquelles :

  1. Il existe un droit à l’assistance d’un avocat pour les demandes d’immigration et de statut de réfugié, les entretiens et les examens, conformément à la common law et aux articles 7 et 15 de la Charte ;
  2. L’article 167, paragraphe 1, de la LIPR n’est pas suffisamment inclusif et n’est donc pas conforme à la Constitution ;
  3. Le droit à l’assistance d’un avocat doit être reconnu par le biais d’une réforme législative ou réglementaire ou d’une révision des politiques ministérielles.

Il ne s’agit pas pour le gouvernement de financer ou d’imposer des services aux frais du contribuable. Les demandeurs font déjà appel à un avocat à leurs frais. La question est de savoir si IRCC, l’ASFC et ESDC doivent s’engager de manière significative avec ces conseils dans les processus qui affectent les droits et les intérêts fondamentaux.

Pourquoi s’y oppose-t-on ?

Alors pourquoi le ministère de la Justice considère-t-il cette reconnaissance comme une erreur ? Il ne peut s’agir d’une simple question de coût : les clients paient leurs avocats. Il ne peut s’agir d’une question de commodité : l’avocat peut clarifier les questions juridiques, réduire les erreurs et souvent accélérer la résolution des problèmes. Se pourrait-il que certains fonctionnaires préfèrent les personnes non représentées parce que cela simplifie les entretiens ou réduit la complexité juridique perçue de la prise de décision ? Si c’est le cas, il faut le reconnaître clairement.

La commodité administrative est une valeur légitime. Il en va de même pour l’équité, l’égalité et le respect de la dignité individuelle. En cas de conflit entre ces valeurs, laquelle doit prévaloir ? Les La Charte et la common law ne permettent pas à l’opportunisme bureaucratique de l’emporter sur les droits sans justification impérieuse.

Qu’y a-t-il de mal à avoir accès à un avocat ?

Dans vingt ans, quelqu’un défendra-t-il la position selon laquelle les clients de l’immigration qui ont engagé des avocats auraient dû être privés d’une représentation digne de ce nom ? Ou cela ressemblera-t-il à la défense de règles de retraite discriminatoires pour les mères, ou au refus d’interprétation pour les patients sourds, des positions qui semblent indéfendables une fois que l’on a vraiment pris conscience de ce qui était en jeu ?

Le ministère de la Justice a raison de servir son client. Mais il n’en reste pas moins que le ministère de la Justice a raison de servir son client. L’intérêt du CanadaL’intérêt du Canada n’est pas nécessairement identique à l’intérêt institutionnel de l’IRCC. Les Charte existe précisément parce que la commodité administrative ne peut pas toujours prévaloir. Parfois, ce que les gouvernements considèrent comme une expansion dangereuse devient une correction nécessaire des violations constitutionnelles.

La question reste posée : qu’y a-t-il de fondamentalement mauvais dans l’accès à un avocat à tous les stades de la procédure d’immigration pour qu’il faille y mettre un terme ?

Devenez membre maintenant

Rejoignez une communauté croissante d'avocats, universitaires et étudiants en droit spécialisés dans l'immigration au Canada.

Nos derniers articles