Laura Schemitsch, avocate spécialisée dans l’immigration et le statut de réfugié au Canada, Heron Law Offices
J’ai récemment été confrontée à une intersection intéressante entre le droit canadien de l’immigration et le droit de la famille alors que je préparais une demande de résidence permanente pour motifs humanitaires (” RP H&C “) dans le cadre d’une affaire familiale complexe en cours. La complexité de l’affaire familiale en cours a nécessité une communication avec l’avocat de la famille de mon client au sujet de l’exigence d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (” IRCC “) de fournir des ” documents de garde “.
La dernière mise à jour de l’IMM 5280, Liste de contrôle des documents pour considérations humanitaires, date d’octobre 2022. Les ” documents de garde des enfants à charge issus d’un mariage ou d’une relation antérieur(e), le cas échéant) ” figurent sur la liste des documents d’identité et de relation requis pour une demande de RP CH. Le guide 5291, dont la dernière mise à jour date du 4 juin 2024, indique également à la section B du formulaire IMM 5460 Renseignements additionnels sur la famille d’inclure ” tous vos enfants qui sont sous la garde d’un ex-époux, d’un ex-conjoint de fait ou d’un autre tuteur “. Après avoir indiqué à mon client que des documents relatifs à la garde des enfants étaient nécessaires pour la demande, il a consulté son avocat spécialisé en droit de la famille, qui m’a ensuite contacté pour obtenir des éclaircissements. L’avocat de la famille m’a expliqué qu’il ne pouvait pas fournir de documents de garde car cette formulation était dépassée et n’était plus utilisée dans la sphère du droit de la famille canadien.
Modifications de la Loi sur le divorce Le 2 mars 2021 sont entrées en vigueur des modifications importantes de la loi , notamment en ce qui concerne l’utilisation des termes “garde” et “droit de visite”. Les définitions de la garde et de l’ordonnance de garde, telles qu’elles figuraient auparavant au paragraphe 2(1) de la Loi sur le divorce , ont été abrogées :
2 (1) Dans la présente loi,
garde comprend les soins, l’éducation et tout autre aspect de la garde ; (custody)
ordonnance de garde désigne une ordonnance rendue en vertu du paragraphe 16(1) ; (custody order)
Le gouvernement du Canada a expliqué la raison de ce changement comme suit :
Afin de mettre l’accent sur l’intérêt supérieur de l’enfant, la loi sur le divorce comporte désormais des concepts et des termes qui mettent l’accent sur les relations avec les enfants, tels que le temps parental, la responsabilité décisionnelle et le contact. Ainsi, l’expression “ordonnance parentale” remplace l’expression “ordonnance de garde” dans l’ensemble de la loi. De même, l’expression “ordonnance de contact” décrit une ordonnance qui fixe le temps que les enfants doivent passer avec des personnes importantes qui ne jouent pas un rôle parental, comme les grands-parents. [souligné par l’auteur].
En outre, les amendements ont supprimé le terme “accès” de la version française de la loi sur le divorce :
Les termes “access” et “access” ne sont plus utilisés dans la loi ; seule la version française de la loi définit la notion d’accès. Afin de mettre l’accent sur l’intérêt supérieur de l’enfant, la loi sur le divorce comporte désormais des concepts et des mots axés sur les relations avec les enfants, tels que parenting, parenting time et contact.
Grâce à ces modifications, une personne autre qu’un conjoint (comme un grand-parent) peut demander une ordonnance de contact en vertu de l’article 16.5, avec l’autorisation du tribunal, afin de rendre visite à l’enfant ou de communiquer avec lui.
En vertu du nouveau paragraphe 2(1), la responsabilité décisionnelle et le temps parental sont définis comme suit :
responsabilité décisionnelle la responsabilité de prendre des décisions importantes concernant le bien-être d’un enfant, y compris en ce qui concerne
(a) la santé ;
(b) l’éducation ;
(c) la culture, la langue, la religion et la spiritualité ; et
(d) activités extrascolaires significatives ; (responsabilités décisionnelles)
temps parental le temps que l’enfant à charge passe sous la garde d’une personne visée au paragraphe 16.1(1), qu’il soit ou non physiquement avec cette personne pendant tout ce temps ; (parenting time)
À la suite de ces modifications, les “arrangements parentaux” sont définis dans un plan parental, qui est un document écrit décrivant la manière dont les parents élèveront leurs enfants après la séparation ou le divorce. Ces arrangements concernent le temps passé avec les enfants et la responsabilité de la prise de décision. À la suite des modifications apportées à la Loi sur le divorce en mars 2021 , le gouvernement du Canada propose un “outil de plan parental” qui permet d’élaborer un plan parental personnalisé (bien qu’il ne s’agisse pas d’un conseil juridique).
En Colombie-Britannique, à moins que les parents n’aient conclu un accord formel, en vertu du Family Law Actles parents qui ont vécu avec un enfant sont tous deux tuteurs de cet enfant. Seule une décision de justice peut retirer la tutelle.
Avec ce contexte supplémentaire, il apparaît que l’utilisation par IRCC de “documents de garde” est probablement un langage dépassé qui peut ne pas refléter avec précision les arrangements parentaux d’un demandeur tels qu’ils sont décrits ci-dessus. Dans le cas de mon client, la possibilité de fournir une preuve des arrangements parentaux aux fins d’une demande de résidence permanente est compliquée par le fait qu’une affaire de droit de la famille est en cours au tribunal pour résoudre ces arrangements. Bien que je reconnaisse que l’utilisation du terme “garde” puisse être courante dans d’autres pays, au Canada, la terminologie n’a pas été utilisée depuis plusieurs années et pourrait prêter à confusion lorsqu’un demandeur tente de fournir des documents récents du tribunal de la famille canadien ou d’obtenir les documents requis auprès de son avocat de la famille. IRCC pourrait envisager de revoir la terminologie utilisée dans les listes de contrôle et les guides des documents officiels afin de refléter ces changements importants apportés à la Loi sur le divorce du Canada.


