Les employeurs au Canada qui emploient des travailleurs étrangers embauchés dans le cadre du programme des travailleurs étrangers temporaires (TET) doivent respecter certaines obligations de conformité.
Cet article a été publié à l’origine sur le site web de Corporate Immigration Law Firm.
L’une de ces obligations consiste à procéder à un examen annuel du salaire offert au(x) travailleur(s) étranger(s) titulaire(s) d’un permis de travail délivré dans le cadre d’une évaluation de l’impact sur le marché du travail (EIMT). Dans le cadre des obligations de conformité, les employeurs sont tenus de s’assurer que le salaire offert continue de correspondre au salaire médian ou au salaire en vigueur.
Les salaires du Guichet unique sont adaptés chaque année à l’automne. L’ajustement le plus récent est entré en vigueur le 3 décembre 2024. Les employeurs doivent donc procéder à un examen de leurs employés étrangers titulaires d’un permis de travail basé sur le LMIA et, si le salaire du ou des travailleurs étrangers est inférieur aux taux de salaire en vigueur, les salaires doivent être ajustés et mis à jour d’ici le 1er janvier 2025.
Le salaire en vigueur peut être consulté sur le site Web de la banque d’emplois du CESD, dans la section des salaires, en fonction du code de la classification nationale des professions (“CNP”) applicable et de la région d’emploi.
L’ajustement des salaires du Guichet unique est une affaire de routine. D’après un premier examen des salaires ajustés, il semble que le pourcentage d’augmentation soit quelque peu hétérogène, certaines augmentations de salaire dépassant 10 %. Cela n’est pas surprenant compte tenu de la politique du gouvernement visant à minimiser le nombre de résidents temporaires au Canada et des mesures récentes et agressives prises par le gouvernement pour remanier essentiellement le programme LMIA.
Récemment, le gouvernement a mis en œuvre plusieurs mesures visant à minimiser l’utilisation du programme LMIA. L’une de ces mesures a consisté à augmenter de 20 % le seuil salarial provincial et territorial à partir duquel les employeurs peuvent demander une EIMT pour les hauts salaires. Cette mesure, associée à d’autres mesures concernant les EIMT à bas salaires, énumérées ci-dessous, a rendu le paysage des EIMT très difficile.
- Emploi et développement social Canada (ESDC) refuse de traiter les demandes d’EIMT pour certains postes de la catégorie des bas salaires lorsque le lieu de travail se trouve dans une région métropolitaine de recensement dont le taux de chômage est égal ou supérieur à 6 %.
- la réduction de la durée d’emploi des travailleurs à bas salaires de deux ans à un an, à l’exception des postes dans le secteur de l’agriculture primaire.
- Le plafonnement de la proportion de travailleurs étrangers temporaires occupant des postes à bas salaires, sur un lieu de travail spécifique, à 10 % de la main-d’œuvre de l’employeur, au lieu de 20 %. Il existe toutefois certaines exemptions à ce plafond, énumérées ci-dessous :
- Le plafond de 10 % ne s’applique pas aux postes dans les secteurs de la construction, de l’industrie alimentaire, des hôpitaux et des établissements de soins infirmiers et résidentiels spécifiques aux postes de soignants à domicile. Pour ces postes, le plafond reste fixé à 20 %. Le code de classification de ces secteurs est déterminé par le Système de classification des industries de l’Amérique du Nord (SCIAN) Canada.
- Le plafond ne s’applique pas aux postes saisonniers de moins de 270 jours, aux postes de l’agriculture primaire à la ferme, aux postes d’aides-soignants dans les établissements de santé, aux postes d’aide à la résidence permanente et aux postes très mobiles (moins de 120 jours).
Avec ces mesures et d’autres mises en œuvre jusqu’en 2024, le mandat du gouvernement de réduire le nombre de résidents temporaires au Canada est très évident. Dans le contexte actuel, il faut s’attendre à des contrôles de conformité fréquents. Par conséquent, les employeurs doivent être attentifs aux annonces du gouvernement et procéder à des examens réguliers pour s’assurer qu’ils continuent à assumer les diverses responsabilités liées à l’embauche de travailleurs étrangers au Canada.


