{"id":16209,"date":"2025-04-13T11:00:10","date_gmt":"2025-04-13T15:00:10","guid":{"rendered":"https:\/\/cila.co\/la-condamnation-a-la-frontiere-et-le-role-des-tribunaux-penaux-dans-lexpulsion-au-canada\/"},"modified":"2026-05-24T14:52:11","modified_gmt":"2026-05-24T18:52:11","slug":"la-condamnation-a-la-frontiere-et-le-role-des-tribunaux-penaux-dans-lexpulsion-au-canada","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cila.co\/fr\/la-condamnation-a-la-frontiere-et-le-role-des-tribunaux-penaux-dans-lexpulsion-au-canada\/?lang=fr","title":{"rendered":"La condamnation \u00e0 la fronti\u00e8re et le r\u00f4le des tribunaux p\u00e9naux dans l&#8217;expulsion au Canada"},"content":{"rendered":"<p><strong><em>Par Yoann Axel Emian, avocat sp\u00e9cialis\u00e9 en droit de l&#8217;immigration au Canada.<\/em><\/strong><\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>L&#8217;expulsion est souvent consid\u00e9r\u00e9e comme une mesure administrative, distincte de la sanction p\u00e9nale. Pourtant, pour de nombreux migrants au Canada, les cons\u00e9quences d&#8217;une condamnation p\u00e9nale vont bien au-del\u00e0 de la peine prononc\u00e9e par le tribunal. Une d\u00e9cision de condamnation qui peut sembler banale peut entra\u00eener l&#8217;expulsion du pays, parfois vers un endroit o\u00f9 l&#8217;individu n&#8217;a pas v\u00e9cu depuis sa plus tendre enfance. Cette r\u00e9alit\u00e9 juridique et humaine place les juges p\u00e9naux dans une position difficile. Bien qu&#8217;ils ne soient pas charg\u00e9s de prendre des d\u00e9cisions en mati\u00e8re d&#8217;immigration, leurs d\u00e9cisions peuvent d\u00e9terminer si une personne reste au Canada ou si elle est expuls\u00e9e de fa\u00e7on permanente.    <\/p>\n<p>Le chevauchement entre le droit de l&#8217;immigration et le droit p\u00e9nal, souvent appel\u00e9 &#8220;crimmigration&#8221; par les sp\u00e9cialistes, devient particuli\u00e8rement visible lors de la d\u00e9termination de la peine. Les tribunaux canadiens sont depuis longtemps confront\u00e9s \u00e0 la question de savoir s&#8217;il convient de prendre en compte les cons\u00e9quences de l&#8217;immigration lors de la d\u00e9termination d&#8217;une peine appropri\u00e9e, et de quelle mani\u00e8re. La <em>Loi sur l&#8217;immigration et la protection des r\u00e9fugi\u00e9s<\/em> (<em>LIPR<\/em>) d\u00e9finit clairement les cons\u00e9quences juridiques des condamnations et de la dur\u00e9e des peines. Cependant, ce sont souvent les juges p\u00e9naux qui mettent en \u0153uvre ces cons\u00e9quences.   <\/p>\n<p>L&#8217;adoption en 2013 de la <em>loi visant \u00e0 acc\u00e9l\u00e9rer le renvoi des criminels \u00e9trangers<\/em> (<em>FRFCA<\/em>) a marqu\u00e9 une \u00e9volution importante dans ce domaine. En limitant le droit d&#8217;appel des r\u00e9sidents permanents menac\u00e9s d&#8217;expulsion, le Parlement visait \u00e0 r\u00e9duire le pouvoir discr\u00e9tionnaire des juges et \u00e0 resserrer le lien entre les condamnations p\u00e9nales et l&#8217;expulsion du Canada. Malgr\u00e9 ce changement l\u00e9gislatif, les juges charg\u00e9s de la d\u00e9termination de la peine ont continu\u00e9 \u00e0 prendre en compte l&#8217;impact de l&#8217;expulsion dans leurs d\u00e9cisions. Dans certains cas, ils ont trouv\u00e9 des moyens de contester ou d&#8217;att\u00e9nuer ces cons\u00e9quences.   <\/p>\n<p><strong>Expulsion et criminalit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>L&#8217;article 36(1)(a) de la <em>LIPR<\/em> est au c\u0153ur du r\u00e9gime d&#8217;expulsion du Canada. Cet article stipule que les r\u00e9sidents permanents et les \u00e9trangers peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme interdits de territoire au Canada pour grande criminalit\u00e9. L&#8217;interdiction de territoire peut \u00eatre d\u00e9clench\u00e9e de deux fa\u00e7ons : soit par une condamnation pour une infraction passible d&#8217;une peine maximale d&#8217;au moins dix ans, soit par l&#8217;imposition effective d&#8217;une peine de plus de six mois pour toute infraction \u00e0 la loi f\u00e9d\u00e9rale.  <\/p>\n<p>Ce cadre cr\u00e9e un ensemble de cons\u00e9quences \u00e0 deux niveaux pour les migrants ayant fait l&#8217;objet de condamnations p\u00e9nales. Le premier niveau, qui d\u00e9coule du droit de la d\u00e9termination de la peine, se concentre sur la d\u00e9termination d&#8217;une sanction juste et appropri\u00e9e en fonction de la nature de l&#8217;infraction et des circonstances personnelles de l&#8217;individu. Le second niveau, qui rel\u00e8ve du droit de l&#8217;immigration, d\u00e9termine si la m\u00eame infraction entra\u00eenera une expulsion permanente du Canada.  <\/p>\n<p>Pour les r\u00e9sidents permanents, les cons\u00e9quences sont particuli\u00e8rement graves. Nombre d&#8217;entre eux ont v\u00e9cu au Canada la majeure partie de leur vie et entretiennent des liens \u00e9troits avec leur famille et leur communaut\u00e9. Toutefois, s&#8217;ils sont condamn\u00e9s \u00e0 une peine de plus de six mois, ils peuvent perdre le droit d&#8217;interjeter appel d&#8217;une mesure de renvoi aupr\u00e8s de la Section d&#8217;appel de l&#8217;immigration (SAI). Ce changement, introduit par la <em>FRFCA<\/em> en 2013, a abaiss\u00e9 le seuil d&#8217;appel de deux ans \u00e0 seulement six mois. Les ressortissants \u00e9trangers, ceux qui se trouvent au Canada avec un statut temporaire ou sans statut l\u00e9gal, n&#8217;ont aucun droit d&#8217;appel en vertu de la <em>LIPR<\/em> lorsqu&#8217;ils font l&#8217;objet d&#8217;une mesure de renvoi en raison d&#8217;une condamnation p\u00e9nale.    <\/p>\n<p>La r\u00e9duction du seuil d&#8217;appel de deux ans \u00e0 six mois n&#8217;\u00e9tait pas un simple ajustement proc\u00e9dural. Elle refl\u00e9tait un objectif politique plus large : acc\u00e9l\u00e9rer l&#8217;expulsion des migrants ayant un casier judiciaire et r\u00e9duire la capacit\u00e9 des cours et tribunaux \u00e0 retarder ou \u00e0 bloquer l&#8217;expulsion. <\/p>\n<p><strong>La discr\u00e9tion judiciaire rencontre la logique de l&#8217;immigration<\/strong><\/p>\n<p>Le lien \u00e9troit entre la condamnation et l&#8217;expulsion soul\u00e8ve une question juridique fondamentale : les juges doivent-ils prendre en compte les cons\u00e9quences en mati\u00e8re d&#8217;immigration lorsqu&#8217;ils imposent une peine criminelle ? Au fil des ans, les tribunaux canadiens ont r\u00e9pondu \u00e0 cette question avec plus ou moins de prudence, d&#8217;incertitude et, \u00e0 l&#8217;occasion, d&#8217;audace. La d\u00e9cision rendue en 2013 par la Cour supr\u00eame dans l&#8217;affaire <em>R. c. Pham<\/em> a apport\u00e9 une certaine clart\u00e9, mais elle a \u00e9galement mis en \u00e9vidence la complexit\u00e9 persistante de la question.  <\/p>\n<p><em><strong style=\"font-family: -apple-system, BlinkMacSystemFont, 'Segoe UI', Roboto, 'Helvetica Neue', Arial, 'Noto Sans', sans-serif, 'Apple Color Emoji', 'Segoe UI Emoji', 'Segoe UI Symbol', 'Noto Color Emoji';\">R. c. Pham<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Dans l&#8217;affaire <em>R. c. Pham<\/em>, l&#8217;accus\u00e9 \u00e9tait un r\u00e9sident permanent du Canada qui avait plaid\u00e9 coupable \u00e0 plusieurs chefs d&#8217;accusation. Il a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 \u00e0 une peine de deux ans, ce qui a entra\u00een\u00e9 une interdiction de territoire en vertu de la LIPR et l&#8217;a priv\u00e9 de son droit d&#8217;interjeter appel d&#8217;une mesure de renvoi. Le juge qui a prononc\u00e9 la peine initiale l&#8217;a impos\u00e9e sans tenir compte des cons\u00e9quences en mati\u00e8re d&#8217;immigration. En appel, cependant, la peine de Pham a \u00e9t\u00e9 r\u00e9duite \u00e0 deux ans moins un jour, pr\u00e9servant ainsi sa capacit\u00e9 \u00e0 faire appel de l&#8217;expulsion.   <\/p>\n<p>La Cour supr\u00eame a confirm\u00e9 cette r\u00e9duction. La Cour a soulign\u00e9 que si les juges charg\u00e9s de la d\u00e9termination de la peine ne doivent pas imposer des peines ind\u00fbment cl\u00e9mentes dans le seul but d&#8217;\u00e9viter des cons\u00e9quences en mati\u00e8re d&#8217;immigration, ils peuvent \u00e0 juste titre prendre en consid\u00e9ration les cons\u00e9quences collat\u00e9rales, y compris l&#8217;impact potentiel sur le statut d&#8217;immigrant, dans le cadre d&#8217;une condamnation juste et individualis\u00e9e. <\/p>\n<p>Cet arr\u00eat reconna\u00eet que la d\u00e9termination de la peine n&#8217;est pas un exercice abstrait. Lorsque des cons\u00e9quences pr\u00e9visibles telles que l&#8217;expulsion peuvent se produire, et surtout lorsque ces cons\u00e9quences semblent disproportionn\u00e9es par rapport \u00e0 l&#8217;infraction, les juges sont autoris\u00e9s \u00e0 adapter leurs peines en cons\u00e9quence, tant qu&#8217;elles restent conformes aux principes de proportionnalit\u00e9 et \u00e0 la jurisprudence. <\/p>\n<p><strong>Les cons\u00e9quences collat\u00e9rales dans le cadre de la proportionnalit\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>La d\u00e9cision Pham a consolid\u00e9 une position qui avait \u00e9merg\u00e9 de mani\u00e8re incoh\u00e9rente dans les juridictions canadiennes. Des affaires ant\u00e9rieures comme <em>R. v. Hamilton<\/em>, <em>R. v. Kanthasamy<\/em> et <em>R. v. Critton<\/em> avaient sugg\u00e9r\u00e9 que les cons\u00e9quences de l&#8217;immigration pouvaient \u00eatre pertinentes pour la d\u00e9termination de la peine, mais les tribunaux h\u00e9sitaient souvent \u00e0 s&#8217;engager trop profond\u00e9ment, craignant de p\u00e9n\u00e9trer dans ce qu&#8217;ils consid\u00e9raient comme le domaine de la loi sur l&#8217;immigration. <\/p>\n<p>Ce que Pham a clarifi\u00e9, c&#8217;est que la prise en compte des cons\u00e9quences en mati\u00e8re d&#8217;immigration ne transforme pas la juridiction de jugement en un tribunal de l&#8217;immigration. En m\u00eame temps, ces cons\u00e9quences ne sont pas sans importance. <\/p>\n<p>Cependant, ce juste milieu est d\u00e9licat. Les juges doivent trouver un \u00e9quilibre entre l&#8217;\u00e9quit\u00e9 et la l\u00e9galit\u00e9, la compassion et la coh\u00e9rence. Dans certains cas, cela peut signifier imposer une peine de six mois moins un jour pour pr\u00e9server le droit d&#8217;appel du r\u00e9sident permanent. Dans d&#8217;autres cas, le juge peut affirmer qu&#8217;une peine plus longue est appropri\u00e9e, m\u00eame s&#8217;il est conscient qu&#8217;elle entra\u00eenera l&#8217;expulsion. Ce qui importe, c&#8217;est que la d\u00e9termination de la peine reste transparente, individualis\u00e9e et juste.    <\/p>\n<p><strong>Le funambulisme judiciaire<\/strong><\/p>\n<p>Malgr\u00e9 les conseils fournis par Pham, les pratiques en mati\u00e8re de d\u00e9termination de la peine concernant les cons\u00e9quences sur l&#8217;immigration restent in\u00e9gales au Canada. Certains juges h\u00e9sitent \u00e0 prendre en compte les risques d&#8217;expulsion, les consid\u00e9rant comme sp\u00e9culatifs ou sans rapport avec leurs responsabilit\u00e9s principales. D&#8217;autres sont plus proactifs, en particulier lorsque l&#8217;avocat de la d\u00e9fense pr\u00e9sente des preuves irr\u00e9futables telles que des dossiers d&#8217;immigration, des t\u00e9moignages d&#8217;experts ou des d\u00e9tails personnels sur les liens de l&#8217;accus\u00e9 avec le Canada.  <\/p>\n<p>Le contexte r\u00e9gional joue \u00e9galement un r\u00f4le. Les tribunaux des grandes villes comme Toronto, Montr\u00e9al et Vancouver, o\u00f9 le droit p\u00e9nal et le droit de l&#8217;immigration se croisent souvent, sont plus susceptibles de prendre au s\u00e9rieux les questions d&#8217;immigration lors de la d\u00e9termination de la peine. En revanche, les juges des juridictions plus petites peuvent manquer de familiarit\u00e9 ou de culture institutionnelle pour le faire.  <\/p>\n<p>En outre, les attitudes judiciaires varient. Certains juges consid\u00e8rent la d\u00e9termination de la peine comme un espace o\u00f9 il convient d&#8217;exercer un pouvoir discr\u00e9tionnaire humain, en particulier pour adoucir les aspects les plus s\u00e9v\u00e8res de la loi sur l&#8217;expulsion. D&#8217;autres craignent d&#8217;outrepasser leur autorit\u00e9 ou de cr\u00e9er des incoh\u00e9rences dans les d\u00e9cisions de condamnation.  <\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, une v\u00e9rit\u00e9 reste constante au-del\u00e0 de ces diff\u00e9rences : le pouvoir judiciaire discr\u00e9tionnaire perdure. Et dans de nombreux cas, ce pouvoir discr\u00e9tionnaire est la seule garantie qui s\u00e9pare un accus\u00e9 migrant de la perturbation totale de sa vie au Canada. <\/p>\n<p><strong><em>FRFCA<\/em><\/strong><strong> et la tentative de limiter l&#8217;influence judiciaire<\/strong><\/p>\n<p>La d\u00e9cision de la Cour supr\u00eame dans l&#8217;affaire <em>R. c. Pham<\/em>, affirmant que les juges peuvent prendre en compte les cons\u00e9quences en mati\u00e8re d&#8217;immigration lors de la d\u00e9termination de la peine, a \u00e9t\u00e9 rendue quelques mois seulement avant que le Parlement ne prenne des mesures explicites pour r\u00e9duire l&#8217;impact pratique de ce pouvoir discr\u00e9tionnaire. La <em>FRFCA<\/em>, adopt\u00e9e en 2013, a consid\u00e9rablement remodel\u00e9 le paysage juridique. Elle l&#8217;a fait en r\u00e9duisant l&#8217;acc\u00e8s \u00e0 l&#8217;appel pour les r\u00e9sidents permanents menac\u00e9s d&#8217;expulsion et, ce faisant, a cherch\u00e9 \u00e0 limiter le r\u00f4le des tribunaux p\u00e9naux dans l&#8217;\u00e9laboration des r\u00e9sultats en mati\u00e8re d&#8217;immigration.  <\/p>\n<p><strong>De deux ans \u00e0 six mois<\/strong><\/p>\n<p>Avant l&#8217;adoption de la <em>FRFCA<\/em>, les r\u00e9sidents permanents reconnus coupables et condamn\u00e9s \u00e0 une peine d&#8217;emprisonnement de moins de deux ans conservaient le droit de faire appel d&#8217;une mesure d&#8217;\u00e9loignement aupr\u00e8s de la Section d&#8217;appel de l&#8217;immigration (SAI). Ce m\u00e9canisme d&#8217;appel fonctionnait comme une garantie vitale, permettant \u00e0 la SAI de prendre en compte des motifs humanitaires tels que la dur\u00e9e de r\u00e9sidence au Canada, les liens familiaux et communautaires, la r\u00e9adaptation et le risque de difficult\u00e9s ou de pers\u00e9cution en cas de retour. <\/p>\n<p>Avec la promulgation de la <em>FRFCA<\/em>, ce droit d&#8217;appel a \u00e9t\u00e9 consid\u00e9rablement r\u00e9duit. D\u00e9sormais, seules les personnes condamn\u00e9es \u00e0 une peine de moins de six mois peuvent faire appel d&#8217;une mesure d&#8217;\u00e9loignement. Toute peine de six mois ou plus entra\u00eene la perte de l&#8217;acc\u00e8s \u00e0 la SAI, ind\u00e9pendamment du temps pass\u00e9 au Canada, du degr\u00e9 d&#8217;int\u00e9gration ou des cons\u00e9quences potentielles de l&#8217;expulsion.  <\/p>\n<p><strong>Un retour en arri\u00e8re l\u00e9gislatif contre le pouvoir discr\u00e9tionnaire des juges<\/strong><\/p>\n<p>Dans la pratique, la <em>FRFCA<\/em> a cr\u00e9\u00e9 un nouveau type de dilemme en mati\u00e8re de condamnation. M\u00eame des infractions relativement mineures pouvaient d\u00e9sormais conduire \u00e0 un \u00e9loignement permanent si la peine d\u00e9passait les six mois. Les juges ne d\u00e9cidaient plus seulement de ce qui \u00e9tait juste en vertu du code p\u00e9nal ; ils d\u00e9cidaient aussi, implicitement, si une personne pouvait continuer \u00e0 vivre au Canada.  <\/p>\n<p>Ironiquement, cela n&#8217;a fait qu&#8217;augmenter les enjeux. Alors que le Parlement visait \u00e0 limiter l&#8217;influence judiciaire sur l&#8217;expulsion, la structure de la loi a rendu les d\u00e9cisions de condamnation encore plus importantes. En resserrant les r\u00e8gles, la <em>FRFCA<\/em> a sans doute accru la probabilit\u00e9 que les juges \u00e9valuent soigneusement les cons\u00e9quences collat\u00e9rales, en particulier lorsque la diff\u00e9rence entre cinq et six mois peut d\u00e9terminer si une personne peut rester au Canada pour des raisons de proc\u00e9dure.  <\/p>\n<p>Plut\u00f4t que d&#8217;\u00e9liminer le pouvoir discr\u00e9tionnaire, la l\u00e9gislation a r\u00e9duit l&#8217;espace dans lequel il pouvait s&#8217;exercer. Les juges doivent toujours tenir compte de l&#8217;impact total de leurs d\u00e9cisions, mais dans un environnement juridique beaucoup plus contraignant, avec moins de possibilit\u00e9s de correction externe par le biais de recours. <\/p>\n<p><strong>Retour de flamme ou fonctionnement normal ?<\/strong><\/p>\n<p>La question de savoir si la <em>FRFCA<\/em> a atteint l&#8217;effet escompt\u00e9 d\u00e9pend du point de vue de chacun. Du point de vue de l&#8217;application, la l\u00e9gislation a r\u00e9ussi \u00e0 rationaliser les renvois en \u00e9liminant une garantie proc\u00e9durale essentielle. Du point de vue de l&#8217;\u00c9tat de droit et de la justice, cependant, elle a cr\u00e9\u00e9 une lacune importante. Des personnes peuvent d\u00e9sormais \u00eatre expuls\u00e9es sans examen s\u00e9rieux de leur situation personnelle, de leur r\u00e9insertion ou des difficult\u00e9s qu&#8217;elles pourraient rencontrer \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger.   <\/p>\n<p>La r\u00e9ponse judiciaire n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 uniforme. Certains juges se sont adapt\u00e9s au nouveau cadre en consid\u00e9rant l&#8217;expulsion comme une cons\u00e9quence ind\u00e9pendante de leur volont\u00e9. D&#8217;autres ont continu\u00e9 \u00e0 s&#8217;int\u00e9resser aux implications de leurs sentences, reconnaissant que m\u00eame s&#8217;ils ne peuvent pas arr\u00eater une mesure d&#8217;\u00e9loignement, ils peuvent toujours se demander si une peine plus courte r\u00e9pondrait aux objectifs de la condamnation tout en pr\u00e9servant l&#8217;acc\u00e8s \u00e0 l&#8217;appel.  <\/p>\n<p>En substance, la <em>FRFCA<\/em> n&#8217;a pas r\u00e9duit au silence le pouvoir discr\u00e9tionnaire des juges, mais elle a r\u00e9duit l&#8217;espace dans lequel il pouvait s&#8217;exprimer. Il reste \u00e0 trouver un juste \u00e9quilibre entre le mandat l\u00e9gislatif d&#8217;\u00e9loignement rapide et la responsabilit\u00e9 judiciaire d&#8217;imposer des peines justes, individualis\u00e9es et proportionn\u00e9es. <\/p>\n<p><strong>La condamnation comme lieu de r\u00e9sistance silencieuse<\/strong><\/p>\n<p>Lorsque les juges s&#8217;engagent, leur pouvoir discr\u00e9tionnaire fonctionne souvent comme une forme subtile de r\u00e9sistance \u00e0 la duret\u00e9 du r\u00e9gime d&#8217;expulsion. Cette r\u00e9sistance n&#8217;est pas un d\u00e9fi ; il s&#8217;agit d&#8217;un pouvoir discr\u00e9tionnaire exerc\u00e9 l\u00e9galement dans les limites du <em>Code p\u00e9nal<\/em>. Mais elle a des cons\u00e9quences importantes.  <\/p>\n<p>Dans une d\u00e9cision rendue en Ontario, un juge a \u00e9t\u00e9 confront\u00e9 \u00e0 un dilemme : l&#8217;accus\u00e9 avait commis une infraction grave, mais il \u00e9tait \u00e9galement r\u00e9sident permanent de longue dur\u00e9e, p\u00e8re d&#8217;enfants n\u00e9s au Canada et seul \u00e0 subvenir aux besoins financiers de sa famille. La Couronne a demand\u00e9 une peine de sept mois. La d\u00e9fense en a demand\u00e9 cinq. Le juge a impos\u00e9 une peine de six mois moins un jour, le point de basculement qui pr\u00e9serverait le droit de l&#8217;homme \u00e0 un appel humanitaire devant la SAI.   <\/p>\n<p>Il n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 sugg\u00e9r\u00e9 que la peine \u00e9tait inappropri\u00e9e. La Cour a plut\u00f4t reconnu que les cons\u00e9quences en mati\u00e8re d&#8217;immigration faisaient partie de plusieurs facteurs pertinents pour d\u00e9terminer la totalit\u00e9 et la proportionnalit\u00e9 de la sanction. <\/p>\n<p>Cette approche refl\u00e8te ce que certains chercheurs ont appel\u00e9 le &#8220;bord \u00e9thique&#8221; de la condamnation : la reconnaissance du fait que la punition l\u00e9gale ne se produit pas dans le vide. Lorsque les cons\u00e9quences d&#8217;une condamnation incluent un exil permanent, les enjeux sont plus importants et la n\u00e9cessit\u00e9 d&#8217;un jugement attentif, compatissant et individualis\u00e9 l&#8217;est tout autant. <\/p>\n<p><strong>Les limites du pouvoir discr\u00e9tionnaire et ses risques<\/strong><\/p>\n<p>Mais le pouvoir discr\u00e9tionnaire n&#8217;est pas une panac\u00e9e. Il reste in\u00e9gal, d\u00e9pendant de la culture juridique locale, de la pr\u00e9paration des avocats de la d\u00e9fense et de l&#8217;attitude de chaque juge. Il n&#8217;offre pas non plus de garantie : m\u00eame lorsque les cons\u00e9quences en mati\u00e8re d&#8217;immigration sont prises en compte, un juge peut d\u00e9cider que la peine requise pour assurer la proportionnalit\u00e9 doit franchir le seuil des six mois, ce qui d\u00e9clenche l&#8217;expulsion.  <\/p>\n<p>En outre, il existe toujours un risque que le pouvoir discr\u00e9tionnaire devienne arbitraire ou incoh\u00e9rent. En l&#8217;absence de directives claires, deux migrants se trouvant dans une situation similaire pourraient obtenir des r\u00e9sultats radicalement diff\u00e9rents selon le juge qui entend leur affaire, ou selon que les cons\u00e9quences en mati\u00e8re d&#8217;immigration ont ou non \u00e9t\u00e9 soulev\u00e9es. <\/p>\n<p>N\u00e9anmoins, au sein d&#8217;un syst\u00e8me \u00e9troitement r\u00e9glement\u00e9, le pouvoir discr\u00e9tionnaire en mati\u00e8re de condamnation reste l&#8217;un des rares espaces o\u00f9 les acteurs juridiques peuvent r\u00e9pondre aux r\u00e9alit\u00e9s humaines de l&#8217;expulsion. Il ne s&#8217;agit pas d&#8217;un bouclier, mais d&#8217;un levier qui, lorsqu&#8217;il est actionn\u00e9 avec pr\u00e9caution, peut prot\u00e9ger la dignit\u00e9, pr\u00e9server les familles et d\u00e9fendre les valeurs d&#8217;un syst\u00e8me juridique juste. <\/p>\n<p><strong>Logiques raciales et exclusion structurelle<\/strong><\/p>\n<p>Tout examen de la mani\u00e8re dont l&#8217;expulsion fonctionne par le biais de la condamnation au Canada doit tenir compte d&#8217;une r\u00e9alit\u00e9 plus profonde : la loi sur l&#8217;immigration et la sanction p\u00e9nale n&#8217;existent pas ind\u00e9pendamment de la race. De la construction de la &#8220;dangerosit\u00e9&#8221; \u00e0 l&#8217;encadrement de l'&#8221;extran\u00e9it\u00e9&#8221;, les id\u00e9es racialis\u00e9es ont depuis longtemps fa\u00e7onn\u00e9 la mani\u00e8re dont les deux syst\u00e8mes d\u00e9cident qui appartient et qui n&#8217;appartient pas. <\/p>\n<p><strong>Le sous-texte racial de la criminalit\u00e9 \u00e9trang\u00e8re<\/strong><\/p>\n<p>Le discours politique entourant la <em>loi visant \u00e0 acc\u00e9l\u00e9rer l&#8217;\u00e9loignement des criminels \u00e9trangers<\/em> \u00e9tait truff\u00e9 de termes cod\u00e9s. Des expressions telles que &#8220;criminels \u00e9trangers violents&#8221;, &#8220;abuser du privil\u00e8ge d&#8217;\u00eatre au Canada&#8221; et &#8220;jouer avec le syst\u00e8me&#8221; ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9p\u00e9t\u00e9es \u00e0 la fois dans les d\u00e9bats parlementaires et dans les messages publics. Ces r\u00e9cits ont fait plus que justifier un changement l\u00e9gislatif ; ils ont fa\u00e7onn\u00e9 la perception du public quant \u00e0 l&#8217;identit\u00e9 des personnes repr\u00e9sentant une menace.  <\/p>\n<p>Bien que la race ne soit pas explicitement mentionn\u00e9e, ces phrases s&#8217;appuient fortement sur des st\u00e9r\u00e9otypes raciaux. Le message \u00e9tait clair. Certaines communaut\u00e9s, en particulier celles qui sont d\u00e9j\u00e0 marginalis\u00e9es, sont d\u00e9peintes comme m\u00e9ritant moins de protection et comme des cibles plus appropri\u00e9es pour l&#8217;expulsion.  <\/p>\n<p><strong>R\u00e9sultats raciaux de l&#8217;application de la loi et de la d\u00e9termination de la peine<\/strong><\/p>\n<p>Les id\u00e9es raciales ne restent pas confin\u00e9es \u00e0 la rh\u00e9torique politique ; elles apparaissent \u00e9galement dans les tribunaux. Dans certains cas, les juges invoquent des id\u00e9es de &#8220;diff\u00e9rence culturelle&#8221; ou de &#8220;normes communautaires&#8221; pour expliquer les actions d&#8217;un individu. Bien qu&#8217;elles aient parfois pour but d&#8217;humaniser ou de contextualiser un comportement, ces explications peuvent \u00e9galement renforcer les st\u00e9r\u00e9otypes ou r\u00e9duire les individus \u00e0 des identit\u00e9s simplifi\u00e9es. Dans d&#8217;autres cas, des hypoth\u00e8ses non exprim\u00e9es sur le risque, la r\u00e9habilitation ou le remords peuvent influencer une sentence. Ces hypoth\u00e8ses, bien que rarement reconnues, ont souvent des connotations raciales.    <\/p>\n<p>Les migrants racialis\u00e9s sont plus susceptibles d&#8217;\u00eatre expuls\u00e9s non seulement en raison de leur comportement individuel, mais aussi en raison de facteurs structurels. L&#8217;exc\u00e8s de police, la pauvret\u00e9 syst\u00e9mique, la pr\u00e9carit\u00e9 du statut juridique et l&#8217;acc\u00e8s limit\u00e9 aux ressources juridiques sont autant de facteurs qui augmentent la vuln\u00e9rabilit\u00e9. <\/p>\n<p><strong>La production de non-citoyens<\/strong><\/p>\n<p>Les r\u00e9gimes d&#8217;expulsion font plus que punir un comportement. Ils produisent activement de la non-citoyennet\u00e9. Par la force combin\u00e9e du droit p\u00e9nal et du droit de l&#8217;immigration, certains individus sont plac\u00e9s de fa\u00e7on permanente en dehors des limites de l&#8217;appartenance nationale. Dans ce contexte, la condamnation fonctionne comme un m\u00e9canisme de contr\u00f4le non seulement de la justice, mais aussi de l&#8217;appartenance sociale et politique.   <\/p>\n<p>Ce processus est profond\u00e9ment racialis\u00e9. M\u00eame lorsqu&#8217;un migrant racialis\u00e9 \u00e9chappe \u00e0 l&#8217;expulsion gr\u00e2ce \u00e0 une peine \u00e9troitement adapt\u00e9e, son droit de rester est consid\u00e9r\u00e9 comme conditionnel plut\u00f4t que pleinement garanti. Ces personnes sont incluses par le biais de l&#8217;exclusion. Elles sont autoris\u00e9es \u00e0 rester, mais ne sont pas pleinement accueillies.   <\/p>\n<p><strong>Pourquoi la race doit-elle \u00eatre au c\u0153ur de la r\u00e9forme des peines ?<\/strong><\/p>\n<p>La reconnaissance de cette dynamique raciale n&#8217;est pas une invitation pour les juges \u00e0 fonder leurs d\u00e9cisions sur la race. Il s&#8217;agit plut\u00f4t d&#8217;un appel \u00e0 reconna\u00eetre les syst\u00e8mes au sein desquels les juges op\u00e8rent et les charges in\u00e9gales que ces syst\u00e8mes imposent. <\/p>\n<p>Si les tribunaux doivent continuer \u00e0 exercer leur pouvoir discr\u00e9tionnaire dans les affaires de condamnation ayant des cons\u00e9quences en mati\u00e8re d&#8217;immigration, ils doivent le faire en comprenant que le pouvoir racialis\u00e9 n&#8217;est pas un principe abstrait, mais une r\u00e9alit\u00e9 ancr\u00e9e dans le fonctionnement de la loi. Il faut pour cela \u00eatre conscient de l&#8217;impact disproportionn\u00e9 de l&#8217;application des lois sur l&#8217;immigration sur les communaut\u00e9s racialis\u00e9es, de la mani\u00e8re dont le syst\u00e8me judiciaire enracine les in\u00e9galit\u00e9s syst\u00e9miques et de la fa\u00e7on dont ces forces convergent pour compromettre une v\u00e9ritable inclusion. <\/p>\n<p>Ce n&#8217;est qu&#8217;avec cette prise de conscience que le pouvoir discr\u00e9tionnaire en mati\u00e8re de d\u00e9termination de la peine peut atteindre son objectif le plus \u00e9lev\u00e9. Il devient plus qu&#8217;un m\u00e9canisme juridique, il devient une responsabilit\u00e9 morale. Il peut \u00eatre utilis\u00e9 non pas pour renforcer l&#8217;injustice, mais pour y r\u00e9sister.  <\/p>\n<p><strong>Entre les syst\u00e8mes et au-del\u00e0<\/strong><\/p>\n<p>Au Canada, les juridictions p\u00e9nales n&#8217;ont jamais eu pour vocation de d\u00e9cider qui reste et qui part. Pourtant, c&#8217;est souvent ce qu&#8217;elles font en pronon\u00e7ant des peines. Une peine de six mois et un jour peut entra\u00eener une expulsion permanente. Une peine plus courte d&#8217;un jour peut offrir une seconde chance. Cette diff\u00e9rence apparemment technique, qui figure dans la <em>loi sur l&#8217;immigration et la protection des r\u00e9fugi\u00e9s<\/em>, marque aujourd&#8217;hui un tournant d\u00e9cisif, non seulement sur le plan juridique, mais aussi dans la vie des personnes concern\u00e9es.    <\/p>\n<p>Depuis l&#8217;adoption de la <em>loi FRFCA<\/em>, le Parlement a clairement exprim\u00e9 ses intentions. L&#8217;expulsion devrait d\u00e9couler rapidement et automatiquement de certaines condamnations. Pourtant, les juges, charg\u00e9s de rendre une justice individualis\u00e9e, ont r\u00e9agi en opposant une r\u00e9sistance subtile mais significative. En exer\u00e7ant leur pouvoir discr\u00e9tionnaire, ils ont reconnu que les cons\u00e9quences de l&#8217;expulsion vont souvent bien au-del\u00e0 de ce qui est proportionnel \u00e0 l&#8217;infraction, en particulier pour les r\u00e9sidents de longue dur\u00e9e, les familles et les personnes qui risquent de subir de graves pr\u00e9judices.   <\/p>\n<p>L&#8217;espace entre le droit p\u00e9nal et le droit de l&#8217;immigration est devenu une zone de tension. C&#8217;est aussi un lieu de possibilit\u00e9s. Si la <em>FRFCA<\/em> a r\u00e9duit le champ des appels, elle n&#8217;a pas pu \u00e9liminer la responsabilit\u00e9 du pouvoir judiciaire de prendre en compte les cons\u00e9quences collat\u00e9rales. Elle ne pouvait pas non plus supprimer le poids \u00e9thique attach\u00e9 aux d\u00e9cisions qui peuvent d\u00e9cider de l&#8217;avenir d&#8217;une personne dans ce pays.   <\/p>\n<p>Cette discr\u00e9tion est essentielle. Il ne s&#8217;agit pas d&#8217;une faille ou d&#8217;une faiblesse. Il s&#8217;agit d&#8217;un \u00e9l\u00e9ment essentiel d&#8217;un syst\u00e8me judiciaire qui aspire \u00e0 l&#8217;\u00e9quit\u00e9. Il permet aux juges de comprendre l&#8217;ensemble de la vie d&#8217;une personne, de reconna\u00eetre quand les cons\u00e9quences juridiques vont au-del\u00e0 de leur intention et de prononcer des peines r\u00e9fl\u00e9chies, proportionn\u00e9es et humaines.   <\/p>\n<p>Mais ce pouvoir s&#8217;accompagne d&#8217;une responsabilit\u00e9. Les tribunaux doivent utiliser leur pouvoir discr\u00e9tionnaire de mani\u00e8re ouverte, \u00e9quitable et en \u00e9tant pleinement conscients de la mani\u00e8re dont le droit p\u00e9nal et le droit de l&#8217;immigration s&#8217;entrecroisent, en particulier pour les personnes racialis\u00e9es. Les incoh\u00e9rences dans la mani\u00e8re dont les cons\u00e9quences de l&#8217;immigration sont trait\u00e9es \u00e0 travers le Canada r\u00e9v\u00e8lent de graves lacunes dans l&#8217;acc\u00e8s \u00e0 la justice.  <\/p>\n<p>Dans le m\u00eame temps, une r\u00e9forme structurelle s&#8217;impose d&#8217;urgence. Un cadre juridique qui permet qu&#8217;une seule condamnation entra\u00eene une expulsion permanente sans appel ne refl\u00e8te pas les valeurs d&#8217;une proc\u00e9dure r\u00e9guli\u00e8re, de la proportionnalit\u00e9 ou de la dignit\u00e9 humaine. Le r\u00e9tablissement d&#8217;un v\u00e9ritable droit d&#8217;appel, en particulier pour les r\u00e9sidents permanents de longue date, constituerait un pas en avant vers la restauration de l&#8217;\u00e9quit\u00e9.  <\/p>\n<p>Jusqu&#8217;\u00e0 ce que cela se produise, les tribunaux d&#8217;application des peines restent en premi\u00e8re ligne. Leur pouvoir discr\u00e9tionnaire est peut-\u00eatre limit\u00e9, mais il n&#8217;est pas inutile. Dans de nombreux cas, c&#8217;est le seul garde-fou qui reste entre une personne et l&#8217;expulsion forc\u00e9e du seul pays qu&#8217;elle ait jamais appel\u00e9 son foyer.  <\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Yoann Axel Emian, avocat sp\u00e9cialis\u00e9 en droit de l&#8217;immigration au Canada.<\/p>","protected":false},"author":115,"featured_media":9861,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"inline_featured_image":false,"footnotes":""},"categories":[6],"tags":[657,656,658,256,413],"class_list":["post-16209","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-thought-leadership","tag-sentencing","tag-race","tag-deportation","tag-irpa","tag-case-law"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/cila.co\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16209","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/cila.co\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/cila.co\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cila.co\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/115"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cila.co\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=16209"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/cila.co\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16209\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":16806,"href":"https:\/\/cila.co\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16209\/revisions\/16806"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/cila.co\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9861"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/cila.co\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=16209"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/cila.co\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=16209"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/cila.co\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=16209"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}