Cet article a été rédigé par Lou Janssen Dangzalan et Carmelo Ramos, LJD Law Professional Corporation.
Le Canada est actuellement confronté à un arriéré historique de plus de 1,8 million de demandes d’immigration, ce qui laisse des centaines de milliers de demandeurs dans l’incertitude et les empêche de passer à l’étape suivante de leur vie.
Pour remédier à ce problème, le ministre Sean Fraser a souligné les mesures visant à améliorer les délais de traitement d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) grâce à l’injection de 85 millions de dollars, comme l’a annoncé la ministre des Finances Chrystia Freeland. Ces mesures comprennent l’embauche de centaines de nouveaux employés chargés du traitement des demandes et la numérisation des systèmes d’admission et de traitement d’IRCC. Cependant, IRCC a confirmé à la Chambre des communes que cette allocation budgétaire visait à atteindre « desdélais de traitement de 60 jours pour les permis d’études et les permis de travail, et de 61 jours pour les cartes de résident permanent » d’ici « la fin de l’année ».
Un article récent de CIC news révèle que les efforts du gouvernement pour réduire l’arriéré se sont légèrement améliorés. Entre octobre et décembre 2021, l’arriéré a augmenté de 1 %. En revanche, l’arriéré n’a augmenté que de 0,1 % entre décembre 2021 et février 2022. Cela signifie que la croissance de l’arriéré commence à ralentir à mesure que la capacité du ministère se rattrape.
L’ACAI a pour objectif de suggérer des solutions rapides qui peuvent aider l’IRCC à réduire davantage la croissance de l’arriéré et à améliorer l’efficacité en attendant que les programmes substantiels de réduction de l’arriéré à long terme de l’IRCC soient mis en place. Voici quelques suggestions qui peuvent être mises en œuvre rapidement :
1) Lors de l’approbation des demandes de prolongation de permis d’études ou de travail soumis à visa depuis le Canada, le traitement des demandes de visa de résident temporaire (VRT) doit être automatiquement inclus.
- Cela permettra aux agents chargés des visas de délivrer le permis de travail/étude et le visa du demandeur en une seule fois. Cela supprime deux (2) étapes supplémentaires de la part d’IRCC :
- Un demandeur doit soumettre une deuxième demande à IRCC pour un VRT à partir du Canada ;
- IRCC doit traiter une deuxième demande temporaire
2) permettre aux personnes dont le statut est maintenu de voyager sans perdre leur autorisation d’étudier ou de travailler à leur retour au Canada
- Ceci est déjà autorisé pour les demandeurs de PGWP
3) Accorder le maintien automatique du statut de visiteur (si aucune demande de permis de travail ou d’étude n’a été déposée) aux personnes qui déposent une demande de RP au Canada.
4) Poursuivre la la politique publique permettant aux visiteurs au Canada de faire délivrer leur permis d’études ou de travail depuis l’intérieur du pays.
- Cette politique publique permet de réduire la police des drapeaux et, par conséquent, d’alléger la charge de travail des services frontaliers canadiens.
5) Introduire une autre politique publique de prolongation temporaire du permis de travail post-diplôme (PGWP) pour les titulaires de PGWP.
- Cela permettra de conserver au Canada un vivier de talents formés et expérimentés.
- Cette mesure permettra également de remédier aux pénuries de main-d’œuvre au Canada et d’éviter que des milliers de résidents temporaires ne perdent leur statut.
6) Le CESD peut temporairement exempter les employeurs de diplômés internationaux récents et de permis de travail post-diplôme des exigences en matière de publicité et de salaire en vigueur pour les EIMT.
- Cette exemption de publicité pour les diplômés internationaux existait avant les modifications apportées en 2014 au programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET).
- Cela permettra de conserver au Canada un vivier de talents formés et expérimentés.
- Cette mesure permettra également de remédier aux pénuries de main-d’œuvre au Canada et d’éviter que des milliers de résidents temporaires ne perdent leur statut.
7) Réexaminer la possibilité d’autoriser les demandeurs de permis de travail, y compris ceux qui ont besoin d’une restauration, à travailler pendant que leur demande de permis de travail est en cours d’examen.
- IRCC l’a fait au début de la pandémie et devrait le faire à nouveau - cela aidera le Canada à faire face à la pénurie de main-d’œuvre immédiate.
8) Harmoniser les politiques de signature numérique dans tous les secteurs d’activité.
- Permettre l’utilisation de signatures électroniques sur les formulaires nécessitant des signatures.
- Une politique temporaire couvrant toutes les branches d’activité devrait réduire les allers-retours entre IRCC et ses clients ainsi qu’avec les représentants.
- IRCC peut se référer aux récentes lignes directrices publiées par le ministère du Procureur général de l’Ontario pour obtenir des indications sur la mise en œuvre.
9) Permettre aux demandes de permis de travail ouverts d’être téléchargées en même temps que les demandes de parrainage d’un conjoint ou d’un concubin au Canada sur le portail PR en ligne d’IRCC.
- Cela permettra aux demandeurs de résidence permanente au titre de la catégorie du regroupement familial de conserver leur statut.
- Cela évitera également à ces demandeurs de devoir introduire d’abord une demande de prolongation de leur statut de visiteur, puis, après la délivrance de l’accusé de réception, une demande de prolongation de leur statut de travailleur.
- Cela permettra à IRCC de gagner beaucoup de temps et de réduire le nombre de demandes à traiter.
10) Charger les agents des Affaires mondiales du Canada de traiter les demandes de preuve de citoyenneté pour les Canadiens nés à l’étranger et ayant des liens de parenté avec le Canada.
- IRCC peut déléguer à Affaires mondiales Canada les demandes simples de preuve de citoyenneté pour les Canadiens nés à l’étranger.
11) Clarifier la procédure et généraliser la possibilité de demander un nouveau passeport en même temps qu’une demande de preuve de citoyenneté.
- Les citoyens canadiens nés à l’étranger ont besoin d’un passeport pour voyager au Canada, et ils ont besoin d’une preuve de citoyenneté pour demander le passeport, il est donc logique que les deux demandes soient facilement traitées ensemble.
12) Permettre aux résidents permanents et aux citoyens canadiens nés à l’étranger de se rendre au Canada avec des cartes de résident permanent (PR) ou des confirmations de résidence permanente (COPR) expirées, ou avec une preuve de demande de preuve de citoyenneté en cours d’examen, pendant que l’arriéré d’IRCC est résorbé.
- L’ASFC peut déterminer s’ils sont admissibles à l’entrée à l’arrivée.
- Cela permettra aux résidents permanents et aux citoyens canadiens de se rendre au Canada sans avoir à attendre des mois ou des années pour que leur demande soit traitée.
- Elle permettra également d’éviter les demandes supplémentaires de documents de voyage pour la RP, qui ne font qu’augmenter l’arriéré de l’IRCC.
13) Permettre aux nouveaux RP de se rendre au Canada munis uniquement de leur CRP.
- L’ASFC peut déterminer s’ils sont admissibles à l’entrée à l’arrivée.
- Cela permettra aux résidents permanents de se rendre au Canada sans avoir à attendre des mois ou des années pour que leur carte RP initiale soit traitée.
- Elle permettra également d’éviter les demandes supplémentaires de documents de voyage pour la RP, qui ne font qu’augmenter l’arriéré de l’IRCC.
14) Indiquer clairement sur le site web d’IRCC que le COPR est une preuve du statut d’une personne et que les nouveaux RP peuvent utiliser leur eCOPR au Canada comme ils le feraient avec une carte de RP, pour demander un numéro d’assurance sociale (NAS) ou un permis de conduire. Faites passer ce message au sein du gouvernement du Canada et des ministères provinciaux.
- Les nouveaux RP se voient refuser leur NAS, leur assurance maladie provinciale et leur permis de conduire parce qu’ils attendent jusqu’à un an pour obtenir leur carte initiale de RP.
15) Prolonger d’un an la validité des tests linguistiques jusqu’à ce que la situation commence à se normaliser.
- Actuellement, les résultats des tests de langue ne sont valables que deux (2) ans.
- En raison de la pandémie, la disponibilité des tests linguistiques a été réduite.
- De nombreux candidats du pool Entrée express ont des résultats de tests linguistiques qui vont expirer parce qu’IRCC n’a pas procédé à des tirages au sort récents.
- Un grand nombre de ces candidats se trouvent au Canada et sont des membres appréciés de la population active canadienne.
- La prolongation de la période de validité des tests linguistiques permettra aux candidats de rester éligibles à l’Entrée express et soulagera le fardeau des coûts supplémentaires pour les candidats qui sont déjà désillusionnés par le système et qui subissent un stress important.
16) Accepter temporairement la version académique des tests de langue pour l’entrée express
- En raison de la pandémie, la disponibilité des tests linguistiques a été réduite.
17) Mettre en place un canal dédié aux demandes de réexamen des demandes de permis de travail au Canada.
- De nombreuses demandes sont refusées par erreur et le formulaire Web d’IRCC prend jusqu’à quatre mois pour répondre, voire pas du tout.
- Si les refus erronés pouvaient être facilement traités, cela éviterait de devoir introduire de nouvelles demandes de rétablissement et de nouveaux permis de travail.
- Elle garantirait également que les travailleurs étrangers puissent continuer à travailler au Canada sans perdre leur statut.
18) Augmenter la durée du permis de travail à 3 ans pour les travailleurs à haut salaire sur les LMIA approuvés.
- Avant les changements apportés au PTET en 2014, les LMIA étaient délivrés à l’appui des permis de travail de trois ans.
- Le fait d’autoriser les EIMT à soutenir les permis de travail de plus longue durée éviterait la nécessité d’obtenir des EIMT et des permis de travail supplémentaires tous les deux ans, ce qui réduirait la charge de travail de l’ESDC et de l’IRCC.
- Cela permettrait également aux travailleurs qualifiés de disposer d’un délai supplémentaire pour demander la résidence permanente au Canada.
Les membres de l’ACAI sont en première ligne face à l’arriéré actuel en matière d’immigration. Collectivement, les membres de l’ACAI ont une connaissance institutionnelle qui peut aider le Canada à atteindre ses objectifs en matière d’immigration et de réfugiés.
Remerciements : Les auteurs souhaitent remercier Tamara Mosher-Kuczer, Alexandra Callinan et Andrew Koltun pour leur précieuse contribution.


