Cet article a été initialement publié sur le site web de Sas & Ing Immigration Law Centre par Catherine Sas, K.C., avocate canadienne spécialisée en droit de l’immigration.
Nombreux sont ceux qui connaissent la procédure de demande de résidence permanente au Canada pour des raisons humanitaires (H et C), à laquelle les personnes peuvent recourir lorsqu’elles ne peuvent accéder à aucun autre type de demande d’immigration et lorsqu’elles peuvent faire état de circonstances personnelles impérieuses. Les demandes H et C peuvent être introduites à partir du Canada ou de l’étranger. Toutefois, les dispositions statutaires relatives aux demandes H et C excluent certains demandeurs, en particulier les personnes interdites de territoire au Canada en vertu des articles 34, 35 et 37 de la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés (LIPR). 34, 35 et 37 de la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés (LIPR) pour des raisons de sécurité. Si vous avez été jugé inadmissible au Canada pour l’un de ces motifs, quelles sont les options qui s’offrent à vous pour surmonter cette décision et rester ou venir au Canada ?
La procédure permettant de surmonter une décision d’interdiction de territoire en vertu des articles 34, 35 et 37 de la LIPR est appelée demande de dispense ministérielle. 34, 35 et 37 de la LIPR s’appelle une demande de dispense ministérielle. Le paragraphe 42(1) prévoit qu’une personne peut présenter une demande de dispense ministérielle, c’est-à-dire une déclaration du ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile (le ministre) selon laquelle les questions qui ont donné lieu à sa décision ne constituent pas une interdiction de territoire dans les circonstances de l’espèce.
Toutefois, les personnes interdites de territoire en vertu de l’article 35(1)(a) de la LIPR pour commission ou complicité de génocide, de crimes de guerre ou de crimes contre l’humanité ne sont pas autorisées à présenter une demande de dispense ministérielle.
Depuis le 10 mars 2017, il existe un cadre légal pour introduire une telle demande et une procédure formelle comprenant un formulaire de demande. Pour en savoir plus sur ce processus de demande, veuillez consulter le lien suivant : https://www.cbsa-asfc.gc.ca/travel-voyage/gadr-gddd-eng.html#a1. Comme mentionné ci-dessus, une demande d’allégement ministériel peut être faite par des personnes à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du Canada, de manière similaire au processus de demande H et C. Lorsqu’une demande est reçue, elle est évaluée pour déterminer si elle est admissible et complète, et elle est placée dans la file d’attente pour être évaluée en fonction de l’année de réception. L’unité ministérielle de secours (MRU) de l’ASFC examinera la demande et les documents soumis et formulera une « recommandation » au ministre. La recommandation de l’ASFC sera communiquée au demandeur avant d’être envoyée au ministre. Cela permet au demandeur (et à son avocat) de répondre à d’éventuelles préoccupations et de fournir d’autres documents et observations à l’appui de la demande avant qu’elle ne soit soumise au ministre pour décision.
Une demande d’allégement ministériel ne peut être examinée que par le ministre - elle ne peut pas être déléguée à un fonctionnaire. Étant donné que seul le ministre peut prendre la décision finale, les délais de traitement des demandes sont généralement très longs. Des statistiques récentes, datant du 21 octobre 2022, indiquent des délais de traitement aussi courts que 2 ans et aussi longs que 22 ans pour un inventaire de plus de 300 dossiers. Les délais de traitement des demandes d’aide ministérielle sont souvent de 7 à 10 ans.
En tant qu’avocat spécialisé en droit de l’immigration depuis plus de 30 ans, j’ai déposé de nombreuses demandes H et C. Je n’ai encore jamais déposé de demande d’exemption ministérielle. Je n’ai encore jamais présenté de demande d’allégement ministériel. Bien que les critères de ces deux demandes soient distincts, ils sont également très similaires, comme le montrent les informations contenues dans le guide de demande d’allégement ministériel. Comme pour toutes les demandes d’immigration, une personne peut introduire une demande seule. Toutefois, compte tenu de la complexité de la procédure et de la gravité de la question qu’un demandeur cherche à résoudre, il est recommandé de faire appel aux services d’un professionnel de l’immigration expérimenté pour vous aider à présenter une demande d’allégement ministériel.


