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Déclaration de l’ACAI sur les réformes des politiques de l’IRCC et de l’ESDC annoncées le 18 septembre 2024

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L’ACAI apprécie les efforts continus d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada et d’Emploi et Développement Social Canada pour renforcer l’intégrité des voies d’immigration et de résidence temporaire du Canada.

Compte tenu de la nature dynamique de l’économie et du marché du travail du Canada, il incombe au gouvernement fédéral d’évaluer en permanence la manière d’optimiser ces parcours afin de promouvoir les intérêts politiques du pays.

Note aux médias : L’ACAI est disponible pour les commentaires des médias. Veuillez cliquer ici si vous êtes journaliste et que vous souhaitez vous adresser à l’ACAI.

Après une période de tensions soutenues sur le marché du travail, le Canada connaît aujourd’hui un taux de chômage plus élevé de 6,6 %, selon Statistique Canada.

En outre, la population de résidents temporaires du Canada a doublé depuis 2021, pour atteindre environ 2,8 millions de personnes.

Il n’est donc pas surprenant que le gouvernement fédéral ait introduit une série de mesures depuis janvier 2024 pour réduire la population des résidents temporaires. Par exemple, le ministre de l’immigration, Marc Miller , a annoncé en mars que le gouvernement fédéral plafonnerait le nombre de résidents temporaires lorsqu’il publiera son plan sur les niveaux d’immigration 2025-2027 d’ici le 1er novembre.

Néanmoins, L’ACAI souhaite partager son point de vue sur la mise à jour effectuée aujourd’hui par l’IRCC et l’ESDC, ainsi que sur le paysage général de la politique d’immigration.

Pourquoi l’ACAI n’est pas favorable aux plafonds de séjour temporaire

L’ACAI ne soutient pas les plafonds arbitraires imposés aux permis d’études, aux permis de travail et aux résidents temporaires dans leur ensemble. Les raisons de notre opposition aux plafonds sont notamment le manque de preuves sur lesquelles reposent les plafonds. Comme l’a montré la période qui a suivi la pandémie, l’économie et le marché du travail sont trop dynamiques pour que les décideurs gouvernementaux soient en mesure de prévoir avec précision le nombre de résidents temporaires nécessaires pour compléter les travailleurs canadiens. En outre, il est injuste de mettre tous les employeurs dans le même sac. L’ACAI soutient fermement les efforts déployés par IRCC et ESDC pour renforcer l’intégrité du système d’immigration afin de lutter contre la fraude et les pratiques contraires à l’éthique. Il est également important de reconnaître qu’il existe des rôles spécialisés et des domaines du marché du travail que les ressortissants étrangers doivent occuper en raison de l’absence d’un nombre suffisant de travailleurs canadiens ou de la nature exceptionnelle de ces rôles spécialisés. Il est donc essentiel que le gouvernement fédéral fasse preuve de nuance dans la manière dont il applique les réformes du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET).

Un autre problème majeur lié aux plafonds est l’incertitude qu’ils créent pour les talents internationaux quant à la réputation du Canada en tant que destination accueillante. Le Canada aime se comparer à d’autres pays tels que les États-Unis et le Royaume-Uni, qui ont tous deux, à titre d’exemple, offert moins de certitudes aux talents internationaux au cours de la dernière décennie. Les changements constants apportés aux politiques d’immigration et l’introduction de plafonds nuisent à l’image de marque du Canada et rendent plus difficile l’attrait des talents internationaux à la lumière de la concurrence mondiale accrue. Il est important de se rappeler que, malgré les défis économiques actuels, le Canada aura toujours besoin de nouveaux arrivants en raison du vieillissement de la population et du faible taux de natalité.

L’ACAI souligne l’importance pour IRCC et ESDC de consulter les parties prenantes afin de déterminer la meilleure voie à suivre pour restaurer la confiance du public dans l’immigration.

L’ACAI souhaite également souligner l’importance de formuler des politiques mesurées et réfléchies, soigneusement pesées à la suite de consultations avec les principales parties prenantes de l’ensemble du Canada.

IRCC et ESDC ont tenu très peu de consultations tout au long de l’année pour déterminer la meilleure façon de gérer les niveaux de résidents temporaires du Canada, y compris le programme des étudiants étrangers, le programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) et le programme de mobilité internationale (PMI).

Il est important de rappeler que la Constitution canadienne confère au gouvernement fédéral l’autorité exclusive de délivrer des visas aux ressortissants étrangers. C’est donc le gouvernement fédéral qui est le seul responsable du doublement de la population des résidents temporaires au cours des trois dernières années. Bien que l’IRCC et l’ESDC puissent blâmer les collèges, les universités et les employeurs pour l’explosion des chiffres, ce sont les deux ministères qui ont autorisé la délivrance de permis de travail et d’études, ainsi que de visas de résident temporaire (VRT) et de fiches de visiteur, à ces ressortissants étrangers. Les coupes sombres qu’ils ont opérées ces dernières années ont exacerbé les problèmes qu’ils cherchent aujourd’hui à résoudre.

Par exemple, en 2023, IRCC a décidé de prendre des « mesures énergiques » pour résorber l’arriéré de demandes de VRT, ce qui a depuis contribué à une augmentation des demandes d’asile. Autre exemple, un récent article du Toronto Star indique que des fonctionnaires du CESD ont subi des pressions pour accélérer le traitement des demandes d’évaluation de l’impact sur le marché du travail (EIMT). Cette situation est problématique car elle met en évidence les lacunes opérationnelles du gouvernement fédéral, le manque de responsabilité du gouvernement fédéral concernant les erreurs qu’il commet, ainsi que le manque de prévention de la fraude de la part du gouvernement fédéral à la suite des niveaux élevés de fraude et des comportements contraires à l’éthique qui sont le fait d’acteurs peu scrupuleux pour obtenir des EIMT positives. Ces exemples soulignent les pièges qui se présentent lorsque IRCC et ESDC cherchent à atteindre des objectifs à court terme sans consulter les parties prenantes pour évaluer les conséquences potentielles de leurs réformes politiques.

L’ACAI souhaite également souligner l’attention disproportionnée que le gouvernement fédéral accorde au PTET. Selon le discours du ministre Miller en mars, le PTET représente 9 % de la population des résidents temporaires du Canada. En d’autres termes, le PTET ne représente qu’une fraction des 2,8 millions de résidents temporaires du Canada. Si le gouvernement fédéral veut vraiment réduire la proportion de résidents temporaires au Canada de 6,2 % à 5 % au cours des trois prochaines années, il devra se concentrer sur d’autres efforts plus substantiels afin de faire avancer les choses.

En fin de compte, cet objectif ne peut être atteint qu’en combinant trois éléments : la réduction des arrivées de résidents temporaires, la transition d’un plus grand nombre de résidents temporaires vers la résidence permanente et le départ volontaire d’un grand nombre de résidents temporaires du Canada. Nous n’avons pas encore eu connaissance d’un plan global du gouvernement fédéral sur ce qu’il compte faire exactement dans ces trois domaines.

Ce qui est peut-être encore plus inquiétant, c’est le refus du gouvernement fédéral d’explorer la voie la plus durable à suivre avec des économistes, des universitaires, des employeurs, des collèges et des universités, des provinces, des avocats, des organismes d’aide aux immigrants et d’autres intervenants clés. Le Canada possède une richesse d’expertise que l’ACAI croit fermement que le gouvernement fédéral devrait mettre à profit pour élaborer un plan mesuré qui favorise nos intérêts politiques collectifs, ce qui implique d’éviter la possibilité de dommages durables à l’économie et à la réputation mondiale du Canada en tant que destination accueillante pour les talents internationaux.

C’est en grande partie la politique du gouvernement fédéral qui nous a mis dans cette situation difficile. Il n’est pas réaliste pour le gouvernement fédéral de penser qu’il peut à lui seul nous en sortir. En fin de compte, le gouvernement fédéral et les experts de tout le Canada partagent le même objectif, qui est d’accueillir des ressortissants étrangers pour compléter notre main-d’œuvre nationale afin de soutenir une économie plus forte et plus dynamique. Pour y parvenir, IRCC et ESDC doivent travailler avec des experts de tous les secteurs afin de déterminer la meilleure façon de restaurer la confiance du public dans le système d’immigration.

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