Écrit par Aisling Bondy, avocat, Bondy Immigration Law.
La procédure de demande de résidence permanente d’IRCC, lancée le 31 mars 2025 pour les aidants familiaux, était un désordre technologique injuste.
Les lacunes du portail d’IRCC ont créé de multiples obstacles que les demandeurs et leurs représentants ont dû surmonter pour déposer leurs demandes, créant ainsi des barrières injustes à l’accès. Même sans ces obstacles, le fonctionnement du programme selon le principe du « premier arrivé, premier servi » est intrinsèquement injuste et discriminatoire.
Compte tenu du fait que de nombreux travailleurs étrangers temporaires au Canada ont de moins en moins de possibilités de transition vers la résidence permanente, il aurait dû être évident pour IRCC que la demande de ce programme dépasserait de loin les 2 350 places disponibles dans chacune des deux filières. Le ministère aurait dû s’assurer que son portail disposait d’une capacité suffisante pour gérer le nombre inévitable de demandeurs qui essaieraient de déposer des demandes, et aurait dû prendre en compte les problèmes d’équité qui découleraient d’un processus où le premier arrivé serait le premier servi.
DÉFAILLANCE DU PORTAIL
Le processus de candidature a été encore pire que ce que beaucoup d’entre nous craignaient. Le portail de candidature a commencé à dysfonctionner gravement quelques minutes après l’ouverture du processus de candidature à 10 heures du matin. Les candidats et leurs représentants ont été déconnectés de manière irrégulière, ont dû essayer à plusieurs reprises de se reconnecter, et les candidatures sont restées figées à la première page du tout premier formulaire à remplir.
Lorsqu’il a été possible de naviguer sur le portail de manière plus fiable, un peu après 13 heures, de nombreuses personnes dont la demande était partiellement remplie ont reçu des messages d’erreur chaque fois qu’elles tentaient d’introduire des informations ou des documents supplémentaires. Beaucoup de ceux qui ont eu la chance d’essayer de déposer une nouvelle demande peu après que le portail a recommencé à fonctionner ont pu le faire. D’autres, qui ont passé plus de temps à essayer de faire fonctionner leur demande initiale, n’ont pas pu déposer leur demande avant que le plafond ne soit atteint vers 15 heures.
Le Canada ne devrait PAS décider du droit à la RP en se basant sur le fait que quelqu’un a essayé la bonne solution de contournement des problèmes du portail d’IRCC au bon moment de la journée. IRCC aurait dû anticiper le volume de trafic qu’il recevrait sur le portail et s’assurer qu’il pouvait le gérer.
L’INIQUITÉ DE LA PROCÉDURE « PREMIER ARRIVÉ, PREMIER SERVI ».
Malgré ces problèmes, IRCC n’a jamais été en mesure d’assurer l’équité du programme actuel pour les aidants, car la procédure « premier arrivé, premier servi » est injuste et discriminatoire, compte tenu du nombre limité de places disponibles.
IRCC n’autorise qu’un nombre limité de personnes à déposer leur demande sous une forme autre que le portail, pour des raisons telles qu’un handicap. Mais il existe de nombreuses autres catégories de travailleurs qui ne peuvent pas accéder au programme selon le principe du « premier arrivé, premier servi » parce qu’ils ont besoin de plus de temps pour déposer leur demande :
- Les aidants familiaux qui ont un conjoint et des enfants à charge ont besoin de plus de temps pour remplir plusieurs formulaires et télécharger plusieurs documents pour chaque membre de la famille que les demandeurs qui sont célibataires et n’ont pas d’enfants.
- Les soignants moins instruits et moins expérimentés en informatique peuvent avoir besoin de plus de temps pour comprendre le fonctionnement du portail et être plus lents à saisir les formulaires et à télécharger les documents que les soignants plus instruits et plus expérimentés en informatique.
- Les aidants plus vulnérables ou occupant des emplois plus précaires peuvent ne pas être en mesure de prendre un jour de congé pour tenter de déposer une demande avant que le plafond ne soit atteint. Certains ont peut-être même pris leur matinée pour déposer leur demande le 31 mars, mais n’ont pas pu rester en congé l’après-midi en attendant que le portail reprenne ses activités.
Il est injuste que les aides familiaux ayant une famille, un niveau d’éducation moindre et un emploi précaire se voient injustement refuser la possibilité de demander la résidence permanente en raison de la manière dont IRCC a conçu son système de demande selon le principe du premier arrivé, premier servi.
L’établissement de catégories supplémentaires de candidats qui peuvent postuler en dehors du portail n’est peut-être pas tenable compte tenu du nombre de candidats en lice pour un si petit nombre de places. Au lieu de cela, IRCC doit mettre en place une procédure équitable pour tous. Il s’agit avant tout d’augmenter, voire d’éliminer le plafond, afin que davantage d’aides familiaux qualifiés puissent prétendre à la résidence permanente. Si la demande reste supérieure au nombre de places disponibles, IRCC devrait envisager un système prévisible basé sur des points ou une loterie pour déterminer qui peut déposer une demande.
Une nouvelle série de demandes d’aides familiaux devrait bientôt être ouverte aux candidats qui n’ont pas d’expérience professionnelle au Canada. Elle attirera probablement un nombre encore plus important d’aides familiaux. plein d’espoirles demandeurs. IRCC doit tirer les leçons de ce fiasco injuste et mettre en place un meilleur système. J’ai du mal à comprendre comment quelqu’un au ministère a pu penser que l’approche actuelle de ce programme était une bonne politique.


