Préparé par Lou Janssen Dangzalan, membre du Conseil d’administration de l’ACAI et fondateur de LJD Law, avec des crédits de recherche à Christopher Porras.
Au cours des dernières années, le Canada a connu une augmentation notable du nombre d’étudiants étrangers, ce qui a engendré des opportunités et des défis. L’annonce par le ministre de l’Immigration Marc Miller d’un plafond de deux ans pour les nouveaux permis d’étudiants étrangers souligne la nécessité de trouver des solutions durables pour maintenir l’efficacité du programme. L’ACAI a toujours plaidé et continuera de plaider en faveur de mesures efficaces pour relever les défis et les enjeux auxquels notre système d’immigration est confronté. Vous trouverez ci-dessous les points clés que nous demandons instamment au ministre et à IRCC de prendre en considération :
Plafond temporaire et mesures alternatives
Bien que nous comprenions l’objectif du plafonnement temporaire de deux ans de l’accueil des étudiants étrangers, nous nous interrogeons sur sa nécessité. Des mesures alternatives, telles que l’imposition d’exigences plus strictes en matière de maîtrise de l’anglais et du français, auraient pu permettre d’obtenir des résultats similaires sans le flair et la dramatisation qu’implique un plafond. Nous saluons la décision de relever les seuils financiers, car de nombreux étudiants étrangers au Canada sont surpris par le coût réel de la vie à leur arrivée dans leur ville de destination. En outre, la mise en œuvre d’un système d’alerte plus strict pour les établissements d’enseignement désignés (DLI) pourrait contribuer à maintenir un équilibre durable, c’est-à-dire que si la proportion d’étudiants étrangers par rapport aux étudiants nationaux d’un DLI donné dépasse un ratio considéré comme durable, cela devrait automatiquement déclencher un réexamen.
Approche équilibrée et perspectives d’avenir
Si les mesures récentes visent à stabiliser le nombre d’étudiants et à répondre aux préoccupations en matière d’allocation des ressources et de qualité de l’enseignement, il est essentiel d’adopter une approche équilibrée. Une mise en œuvre efficace de ces mesures pourrait éliminer la nécessité de fixer des plafonds ou des quotas à l’avenir. Nous pensons que ces mesures permettront de gérer efficacement l’accueil des étudiants étrangers sans restrictions supplémentaires à l’avenir.
Relever les principaux défis : Stratégies globales pour l’intégrité des programmes
Exigences des tests d’anglais et de français de niveau supérieur
La fixation d’une exigence plus élevée en matière de maîtrise de l’anglais et du français, équivalente à un CLB 6 ou 7 au minimum (académique), garantit que les étudiants possèdent les compétences linguistiques nécessaires à la réussite de leurs études. Cela permettra également aux étudiants étrangers de communiquer efficacement avec leurs pairs et leurs professeurs, ce qui améliorera la qualité de l’enseignement.
Étudiant étranger - Système d’alerte DLI
Un système d’alerte rigoureux pour les établissements d’enseignement désignés (DLI) devrait être mis en œuvre afin de garantir que les établissements respectent les normes et l’intégrité lorsqu’ils admettent des étudiants internationaux. Il s’agit notamment de contrôler le ratio étudiants internationaux/étudiants nationaux et leur respect des réglementations telles que l’assiduité. L’IRCC devrait procéder à des examens réguliers pour s’assurer du respect durable de ces réglementations. Ces examens permettront de vérifier le respect des règles relatives aux permis d’études et de s’assurer que les étudiants internationaux participent activement à leurs études. En incitant les établissements à maintenir les normes et l’intégrité, il est possible de promouvoir le respect des règles par les étudiants internationaux.
Interdire les commissions aux agents
L’interdiction des commissions d’agents pour le recrutement d’étudiants étrangers décourage la priorité donnée à la quantité plutôt qu’à la qualité, en garantissant une représentation authentique et en réduisant les candidatures frauduleuses.
Recours à des avocats pour la représentation
Nous encourageons le ministère à adopter une approche nuancée en ce qui concerne les candidats qui engagent des avocats pour les représenter. Les avocats font partie d’organismes de réglementation efficaces qui appliquent les règles, ce qui favorise la conformité et renforce l’intégrité du programme à long terme.
Conclusion
Bien que le récent plafonnement des nouveaux permis d’études étrangers réponde à des préoccupations immédiates, il s’agit d’une solution temporaire. L’adoption de mesures telles que des exigences plus élevées en matière de maîtrise du français et de l’anglais, des seuils financiers plus élevés, une surveillance plus stricte de la DLI, l’interdiction des commissions d’agents et la promotion d’une approche nuancée concernant les avocats qui conseillent les demandeurs renforcent l’intégrité et la viabilité du programme à long terme. Cette approche proactive permettra au Canada d’attirer des talents internationaux tout en maintenant des normes élevées.


