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Budget 2024 : L’équité pour toutes les générations - Mes 6 principales conclusions en matière d’immigration

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Cet article a été publié sur le site web de Holthe Immigration Law par Mark Holthe, avocat spécialisé en droit de l’immigration au Canada.

Notre budget annuel détermine l’orientation de la politique et des programmes d’immigration au Canada. L’avenir de l’immigration dans les années à venir dépend de la façon dont l’argent est dépensé. Pour mieux comprendre cet avenir, j’ai consulté « Budget 2024 : L’équité pour toutes les générations« et je vous présente ci-dessous mes six principales conclusions.

  1. Stabilisation du système des réfugiés: Le budget alloue des ressources importantes (743,5 millions de dollars sur cinq ans) à IRCC, à l’ASFC et à la CISR pour soutenir le système des réfugiés. Les demandes d’asile sont de plus en plus nombreuses et des ressources suffisantes pour faire face à ce pic sont nécessaires depuis un certain temps. L’augmentation des fonds devrait permettre de rationaliser la procédure de demande d’asile afin de garantir des décisions et des renvois plus rapides pour les personnes dont la demande est rejetée. Alors que les options de RP continuent de s’amenuiser pour les TET actuellement au Canada, j’espère vraiment qu’IRCC ne s’attend pas à ce que les choses changent du jour au lendemain. Aucune somme d’argent ne pourra freiner l’augmentation du nombre de TET qui considèrent le processus de demande d’asile comme leur dernière chance de rester au Canada.

  2. Stratégie d’immigration durable: Le budget met l’accent sur la gestion des niveaux d’immigration en fonction des besoins économiques et des capacités de logement du Canada. Nous sommes nombreux à l’avoir vu venir depuis des années. En fait, dès le lancement d’Entrée express en 2015, et dès que les notes du SRC ont commencé à grimper, Entrée express a entamé sa transition vers un système canadien qui privilégie de plus en plus l’expérience canadienne au détriment du capital humain. Les ressortissants étrangers cherchant à obtenir la RP au Canada ont dû se rendre à l’évidence que la seule voie d’accès à la RP par le biais d’Entrée express était les offres d’emploi auprès d’entreprises canadiennes ou le programme des étudiants étrangers. Récemment, la maîtrise du français a pris le devant de la scène ; cependant, l’instabilité de notre planification des niveaux a été directement affectée par le nombre croissant de travailleurs étrangers temporaires et d’étudiants étrangers au Canada.

    Ainsi, lorsque les gens se demandent comment nous en sommes arrivés à un nombre d’étudiants étrangers rivalisant avec celui des États-Unis, l’Entrée express est à moitié responsable. Le reste est dû à l’absence de niveaux de planification adéquats pour les résidents temporaires au Canada. Pour la première fois, le plan d’immigration de l’automne comprendra des objectifs pour les résidents temporaires et permanents. L’accent sera désormais mis sur l’équilibre entre les niveaux et les besoins réels du marché du travail, tout en veillant à ce que l’infrastructure globale ait la capacité de traiter les nombres prévus.

  3. Soutien aux nouveaux arrivants par le biais de l’aide juridique et de la reconnaissance des titres de compétences: Le budget propose d’augmenter le financement de l’aide juridique pour soutenir les immigrants et les réfugiés, en veillant à ce que leurs droits soient protégés et que les procédures soient équitables. En outre, 50 millions de dollars sont alloués pour rationaliser la reconnaissance des titres de compétences étrangers, en particulier dans les secteurs de la construction et de la santé, afin de faciliter l’intégration plus rapide des immigrants qualifiés dans la main-d’œuvre. La reconnaissance des diplômes est à l’ordre du jour depuis de nombreuses années, et il est peu probable que les 50 millions de dollars alloués à l’étude de la question aient un effet significatif à court terme. Le problème réside dans les organismes provinciaux et professionnels qui adoptent une approche de gardien de l’autorisation d’exercer. Il est clair que nous ne voulons pas sacrifier la sécurité publique en abaissant la barre trop bas ; cependant, nous ne voulons pas non plus perpétuer les barrières qui empêchent les nouveaux arrivants très talentueux et compétents de travailler dans les domaines réglementés qui ont si désespérément besoin d’eux.

  4. Ajustement des admissions de résidents temporaires: En réponse à l’augmentation massive du nombre de résidents temporaires, le budget prévoit des mesures visant à modérer le rythme des admissions de résidents temporaires. En fait, nous assistons déjà à la mise en œuvre de ces mesures. IRCC a mis en place de nouveaux plafonds pour les demandes de permis d’études, ce qui a provoqué une certaine agitation chez les candidats potentiels et dans l’ensemble du secteur de l’éducation. Soyons réalistes : les étudiants étrangers représentent un gros volume d’affaires… selon certains rapports, leur contribution à l’économie canadienne s’élèverait à plus de 22 milliards de dollars par an.

    Et les écoles ne sont pas les seules à en bénéficier. Il y a beaucoup de mains dans la boîte à biscuits. Avec les récents changements apportés par le gouvernement, les biscuits vont disparaître rapidement. Pour ceux qui sont impliqués dans cette industrie très lucrative, je vous recommande de lire « Qui a déplacé mon fromage« de Spencer Johnson. Il s’agit d’un excellent petit livre de motivation qui souligne l’importance d’anticiper le changement, de s’y adapter et de l’apprécier. Que vous le vouliez ou non, le monde des étudiants étrangers au Canada ne sera plus jamais le même. Il est peut-être temps d’envisager de changer de fromage.

    Des changements sont également en cours en ce qui concerne les critères d’éligibilité aux programmes de permis de travail post-diplôme et de permis de travail ouvert pour les conjoints. Dans les deux cas, on s’attend à ce que le nombre d’étudiants diminue considérablement à l’avenir. Toutes ces mesures visent principalement à alléger la pression sur le logement tout en protégeant les étudiants étrangers.

  5. Mettre l’accent sur l’intégration économique et communautaire: Le budget reconnaît qu’une immigration réussie va au-delà de l’entrée initiale. Les ajustements apportés au système d’immigration visent à garantir que les nouveaux arrivants puissent s’intégrer avec succès dans la société canadienne et sur le marché du travail, notamment en veillant à ce qu’ils aient accès à un logement abordable et à un soutien social adéquat.

    Lorsque nous entendons parler de 12 personnes ou plus vivant dans des maisons à trois chambres et que les temps d’attente dans les salles d’urgence montent en flèche, il faut que quelque chose se passe. Au Canada, nous sommes censés payer notre juste part d’impôts au profit de tous les membres de la société. Les Canadiens et les RP actuels partagent ces aides sociales avec les nouveaux arrivants. Il est dans l’intérêt de tous de voir les nouveaux RP retomber sur leurs pieds et s’intégrer pleinement dans notre marché du travail le plus rapidement possible.

    Des cours de langue, des services d’aide à l’emploi et une aide au logement correctement financés peuvent faire toute la différence pour permettre aux nouveaux arrivants de se remettre rapidement sur pied. Et cela s’applique aussi bien aux RP économiques qu’à ceux qui arrivent dans le cadre de nos programmes humanitaires et d’aide aux réfugiés. Cependant, l’admission de nouveaux RP et TR doit être gérée correctement afin que ces ressources limitées puissent soutenir le nombre de personnes admises.

    Le budget 2024 trace une nouvelle feuille de route pour l’immigration au Canada, mais personne ne peut ignorer l’éléphant dans la pièce. Des élections se profilent à l’horizon l’année prochaine et, qu’on le veuille ou non, l’immigration risque de devenir un sujet de discorde.

  6. Les tirages au sort ciblés pour l’entrée express ne changeront probablement pas: De nombreux candidats à l’entrée express se demandent si IRCC a l’intention de modifier la liste des tirages par catégorie. Tout au long du budget, il a été fait référence directement ou indirectement aux six catégories de tirages ciblés. Il n’est pas surprenant que l’accent ait été mis sur la construction (métiers), les soins de santé et les technologies de l’information (STIM), avec un financement spécifique pour ces industries. Toutefois, il est peu probable que les choses changent en ce qui concerne la langue française, les transports et l’agriculture, étant donné que chacun de ces secteurs a également été abordé dans le budget.

    Mais y a-t-il des secteurs « en devenir » qui semblent être dans le collimateur du gouvernement ? La réponse est oui ! Les ressortissants étrangers qui souhaitent étudier au Canada et potentiellement rester sur un marché de la RP de plus en plus compétitif voudront envisager des études dans les secteurs qui bénéficieront d’un soutien budgétaire dans les années à venir : les technologies propres et l’énergie propre, la chaîne d’approvisionnement des véhicules électriques, la stratégie des minéraux essentiels et le secteur des biocarburants. Les programmes d’études dans ces secteurs conduiront probablement à de meilleures opportunités d’emploi et à de meilleures perspectives d’accès aux relations publiques.

Au moment de conclure, n’oubliez pas que le budget 2024 du Canada ne se limite pas à des chiffres et à des politiques : Le budget 2024 du Canada ne se résume pas à des chiffres et à des politiques - c’est le plan directeur de notre histoire en matière d’immigration pour les années à venir. Pour nous tous, que vous essayiez de faire du Canada votre foyer, que vous aidiez d’autres personnes à le faire ou que vous regardiez simplement l’histoire se dérouler, il s’agit de rester au courant et d’être prêt à faire face au changement. Car s’il est une constante dans le monde de l’immigration canadienne, c’est bien le changement.

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