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Ce que le gouvernement ne sait pas ne fera pas de mal : le rôle fonctionnel de l’application différée de la loi

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Écrit par Maxwell Musgrove, Avocat, Chaudhary Law Office.

Les opinions exprimées sont celles de l’auteur.

Actuellement, les règles applicables aux étudiants étrangers au Canada comprennent une disposition importante, mais souvent négligée, relative au pardon. Cela peut paraître surprenant, car de nombreux étudiants étrangers ou anciens étudiants étrangers au Canada qui rencontrent des difficultés en matière d’immigration constatent que de petits faux pas ont de lourdes conséquences. Toutefois, il s’agit souvent d’une question de timing.

Les conditions imposées aux titulaires de permis d’études et les dispositions relatives à l’exemption sont énoncées aux articles 220.1(1) et 221 du Règlement:

Conditions – titulaire du permis d’études

220.1 (1) Le titulaire d’un permis d’études au Canada est soumis aux conditions suivantes :

(a) ils s’inscrivent dans un établissement d’enseignement désigné et y restent jusqu’à la fin de leurs études ; et

(b) ils poursuivent activement leur cours ou programme d’études.

Non-respect des conditions

221 Malgré la section 2, un permis d’études ne peut être délivré à l’étranger qui a travaillé ou étudié au Canada sans autorisation ou qui ne s’est pas conformé à une condition du permis, sauf si

(a) une période de six mois s’est écoulée depuis la cessation du travail ou des études non autorisés ou le non-respect d’une condition ;

(b) le travail ou les études n’ont pas été autorisés du seul fait que l’étranger n’a pas respecté les conditions imposées en vertu de l’alinéa 185a), de l’un des sous-alinéas 185b)(i) à (iii) ou de l’alinéa 185c) ; ou

(c) l’étranger s’est ensuite vu délivrer un permis de séjour temporaire au titre du paragraphe 24(1) de la loi.

Parmi ces dispositions, le paragraphe 221(a) n’est pas intuitif, mais il joue un rôle important. Il a pour effet de donner aux étudiants qui enfreignent les conditions de leur permis d’études, et qui s’en tirent à bon compte, une chance de se remettre en conformité. S’ils le font, ils peuvent prétendre à un nouveau permis d’études après six mois. Cette mesure est particulièrement utile pour les étudiants qui ne sont pas restés inscrits à leurs études ou qui ne les ont pas poursuivies activement, et qui peuvent donc avoir besoin d’une prolongation avant d’achever leur programme.

Bien que cette mesure soit clémente, elle est limitée. L’obligation de remédier à la violation pendant six mois avant d’obtenir un nouveau permis d’études signifie que si une personne a interrompu ses études pendant une période plus longue ou vers la fin de son programme, l’expiration de son permis initial peut l’empêcher de se prévaloir de l’alinéa 221(a) sans avoir quitté le Canada au préalable. L’interruption des études peut également affecter l’éligibilité d’un étudiant au PGWP, et l’alinéa 221(a) peut ne pas résoudre ce problème.

Bien qu’il ne faille pas encourager la non-conformité, il peut y avoir de bonnes raisons pour que certains étudiants ne respectent pas les conditions pour rester inscrits et poursuivre activement leurs études, notamment de graves problèmes de santé ou une crise familiale. Le gouvernement doit avoir le pouvoir d’annuler le statut des personnes qui ne respectent pas les conditions, mais il n’est pas nécessaire qu’il soit en mesure de détecter immédiatement ce non-respect. L’annulation de l’alinéa 221a) est importante pour les personnes qui interrompent leurs études pendant un ou deux trimestres, mais qui les reprennent et les poursuivent sérieusement.

L’application différée est donc fonctionnelle, car elle permet de normaliser le statut de ceux qui ont interrompu leurs études, d’atteindre les objectifs du système et d’épargner les ressources nécessaires à l’application de la loi.

Dans le système actuel, la conformité n’est souvent évaluée qu’au moment de la réception de la nouvelle demande de permis d’études. Cette évaluation tardive est importante pour le fonctionnement du paragraphe 221(a), car elle permet aux étudiants qui ne sont plus en règle pour une raison ou une autre de se corriger et, avec un peu de chance, de se réinscrire et de montrer qu’ils poursuivent activement leurs études.

Le gouvernement a proposé des modifications aux règlements qui risquent d’affaiblir cet important dispositif réglementaire. Les changements proposés donnent au gouvernement le pouvoir important de demander des informations aux établissements postsecondaires afin de vérifier les lettres d’acceptation et la conformité en général. Le texte d’une partie de la réglementation proposée exige que les DLI post-secondaires.. :

…fournir un rapport de conformité indiquant, pour chaque ressortissant étranger admis dans l’établissement, son statut d’inscription et s’il suit activement son cours ou son programme d’études

…fournir tout renseignement complémentaire que le ministre exige en ce qui concerne les permis d’études ou les demandes de permis d’études qui mentionnent l’établissement, ou d’une autre manière en ce qui concerne l’application de la présente partie.

Ce pouvoir du gouvernement de demander des informations, avec peu de clarté quant aux limites, et le fait que ces demandes sont adressées aux écoles sans possibilité pour les étudiants individuels de les contester, donnent à l’application un nouvel outil brillant pour détecter le non-respect des règles. Si ces nouveaux règlements entrent en vigueur, ils risquent d’éroder le pardon prévu par le paragraphe 221(a), en raison d’une application rapide et trop vigilante.

En se donnant le pouvoir de demander des informations sur le statut d’inscription de tous les étudiants étrangers, ainsi que toute autre information demandée par le ministre, le gouvernement sera en mesure d’identifier plus rapidement et plus fréquemment les cas de non-conformité. Il pourra alors annuler les permis d’études des étudiants qui ne sont pas en règle et leur ôter toute possibilité de se remettre en règle. Cela ne fait qu’augmenter le nombre de ressortissants étrangers sans statut au Canada.

Le gouvernement devrait faire preuve de prudence dans l’utilisation de ce nouveau pouvoir, et les étudiants étrangers devraient savoir que l’application des conditions qui leur sont imposées pourrait être renforcée à l’avenir.

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