Au cours des deux dernières années, plusieurs nouveaux portails d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) ont été mis en place.
Il s’agit du portail de la résidence permanente, du portail de la citoyenneté, du portail du parcours TR vers la RP, du portail des réfugiés et du portail IRCC pour les VRT et les permis d’études. Ces portails ont été créés en grande partie pour résoudre les nombreux problèmes systémiques liés à la vétusté du compte sécurisé d’IRCC (anciennement appelé « MyCIC »), du portail des représentants autorisés et du portail des employeurs. Bien que ces nouveaux portails constituent une amélioration par rapport aux anciens portails encore existants, ils ont été introduits sans avoir été suffisamment testés ou sans tenir compte des commentaires des utilisateurs, ce qui a entraîné une nouvelle série de maux de tête pour les demandeurs.
Examinons les problèmes posés par le nouveau portail sur la résidence permanente.
Les demandeurs résidant au Canada sont désormais censés obtenir le droit d’établissement en tant que résidents permanents en utilisant le portail de la résidence permanente. Le portail exige que les demandeurs confirment qu’ils se trouvent au Canada, ce qui est une condition pour obtenir le droit d’établissement. Certains demandeurs ont dû attendre des semaines, voire des mois, entre le moment où ils ont confirmé leur présence au Canada et celui où ils ont reçu leur Confirmation de résidence permanente (eCOPR) signée. IRCC a fait savoir que si un demandeur quitte le Canada avant la délivrance de l’eCOPR, son établissement sera mis en attente. Les demandeurs sont donc pris en otage au Canada jusqu’à ce que leur demande d’établissement soit traitée. Si leur statut est sur le point d’expirer, ils doivent également demander une prolongation de leur statut. Ce n’est pas la meilleure façon d’utiliser le temps de chacun, y compris les ressources déjà surchargées d’IRCC.
De nombreux demandeurs se plaignent que les eCOPR délivrés et signés électroniquement comportent des erreurs. IRCC a indiqué que les demandeurs ne devraient pas utiliser les eCOPR contenant des erreurs pour demander un NAS permanent ou une assurance maladie provinciale. Ils conseillent aux demandeurs de soumettre une demande de modification de leur eCOPR. Le délai de traitement d’une demande de modification est actuellement de 6 mois. Ce délai est irréaliste pour les demandeurs qui ont besoin d’une assurance maladie provinciale ou qui doivent informer Service Canada de leur nouveau statut pour obtenir un nouveau NAS permanent. Les demandeurs deviennent des résidents permanents une fois que leur eCOPR est signé. Les erreurs commises par IRCC dans la délivrance des eCOPR ne devraient pas avoir d’incidence sur leur nouveau statut. La position d’IRCC consistant à exiger un eCOPR modifié pour demander un NAS ou une assurance maladie provinciale n’est pas raisonnable. IRCC a déclaré qu’il examinait cette question, mais aucune solution n’a été apportée à ce jour.
Bien que les cartes RP de certains demandeurs admis via le portail de résidence permanente soient délivrées en grande partie beaucoup plus rapidement que pour les demandeurs admis par courrier électronique, de nombreuses familles ne reçoivent des cartes RP que pour certains membres de leur famille et pas pour d’autres. Parfois, on leur dit que les cartes de résident permanent ont été envoyées à la mauvaise adresse, bien que l’adresse correcte ait été indiquée sur le portail. Les demandeurs ne peuvent pas non plus indiquer comme adresse de domicile une adresse que le système considère comme une adresse professionnelle, même s’il s’agit bien de leur adresse de domicile. De nombreux demandeurs doivent attendre plus de neuf mois pour recevoir leur première carte RP, sans pouvoir voyager de peur de se voir refuser l’entrée au Canada.
C’est un cauchemar pour de nombreux demandeurs qui ont déjà été séparés de leur famille à l’étranger en raison de la pandémie, de la fermeture des frontières, des restrictions de voyage et des délais de traitement prolongés. Une solution, même provisoire, doit être trouvée avant les vacances. Les documents de voyage de la RP ne sont pas une solution, car les délais de traitement sont incertains et les demandeurs ne peuvent pas risquer d’être bloqués à l’étranger sans pouvoir y retourner.
C’est également sur le portail de la résidence permanente que les demandeurs peuvent désormais déposer toute une série de demandes d’immigration. Malheureusement, il n’existe pas de guide de l’utilisateur pour expliquer les nombreux problèmes pratiques que pose le nouveau portail, notamment une limitation du nombre de caractères qui oblige à utiliser des abréviations créatives (ou absurdes) ; l’obligation d’inclure une pièce d’identité nationale même s’il n’y en a pas ; les scans de photos prises par des professionnels (bien que les selfies soient autorisés aux fins de l’atterrissage) ; une limitation de la taille des documents justificatifs à 4 Mo ; l’impossibilité d’imprimer un résumé des formulaires en ligne ; une mauvaise présentation des formulaires en ligne ; des listes de contrôle des documents sur papier ; et de nombreux problèmes pour créer des comptes, se connecter et réinitialiser les mots de passe. Le portail ne permet pas non plus au demandeur de voir sa demande une fois qu’elle a été soumise.
Le portail de la résidence permanente ne permet pas non plus aux demandeurs de parrainage d’un conjoint au Canada de demander simultanément un permis de travail ouvert. Ils doivent attendre qu’un numéro de dossier soit généré et ensuite déposer la demande de permis de travail en ligne via leur compte sécurisé IRCC, un portail différent et distinct. Cela signifie qu’ils ne bénéficient pas du maintien de leur statut et qu’ils devront déposer une demande de prolongation de leur statut de visiteur s’ils ne reçoivent pas un numéro de dossier et ne déposent pas une demande de permis de travail ouvert avant l’expiration de leur statut. Cette demande s’ajoute à leur éventuelle demande de permis de travail ouvert. Là encore, il s’agit d’une perte de temps et de ressources pour IRCC.
Les points positifs du portail de la résidence permanente sont la possibilité pour les demandeurs de télécharger les documents téléchargés afin de vérifier qu’ils sont corrects, la certitude que leur demande a été soumise et reçue par IRCC, et une expérience relativement conviviale.
IRCC est sur la bonne voie avec le nouveau portail sur la résidence permanente, mais il reste encore de nombreuses améliorations à apporter.
Voici les recommandations de L’ACAI :
- Permettre aux RP d’embarquer sur des vols à destination du Canada avec des eCOPR valides ou la lettre d’atterrissage d’IRCC envoyée par courriel ;
- Créez une option de document de voyage RP au Canada avec des délais de traitement affichés ;
- Délivrer un document de voyage RP à usage multiple avec l’eCOPR qui ne doit pas être apposé sur un passeport ;
- Permettre au demandeur d’approuver le contenu du COPR avant qu’un agent ne le signe, à l’instar de l’ancien entretien d’embauche en personne ;
- Proposer une hotline et/ou des rendez-vous dans les bureaux locaux d’IRCC pour traiter en personne les modifications apportées aux COPR ;
- Créer une page web centralisée répertoriant tous les portails d’IRCC et indiquant quelles demandes doivent être soumises par l’intermédiaire de quel portail ;
- Créez un guide de l’utilisateur clair sur la création de comptes de portail, l’établissement de liens entre les comptes et les portails représentatifs, la manière de résoudre les problèmes de système avec les nouveaux portails, tels que les limitations de caractères ;
- Proposez les coordonnées de l’assistance technique du portail ;
- Créez un tableau de bord qui permet aux candidats de suivre et/ou de relier les candidatures sur plusieurs portails ;
- Offrir la possibilité de sélectionner la liste de contrôle des documents correspondant au type de demande et de ne faire apparaître que les formulaires requis et les catégories de documents justificatifs en fonction de ce type de demande spécifique ;
- Fournir la possibilité de visualiser et d’imprimer un résumé de tous les formulaires en ligne ;
- Créer des ressources publiques et des méthodes de candidature alternatives pour les candidats qui ne peuvent pas accéder aux portails en raison de barrières linguistiques et/ou de connaissances technologiques. Il s’agit d’une question de handicap et d’accès à la justice pour les candidats moins qualifiés.


