Par Siavash Shekarian, PDG de SHEKARIAN LAW PC, président du Comité sur l’immigration des entreprises de l’ACAI et chargé des affaires publiques de la section Citoyenneté et immigration de l’Association du Barreau de l’Ontario.
Introduction : Le Canada, un pays d’immigration indéfini
« Le Canada est un pays d’immigration.
Une affirmation si universellement acceptée qu’aucun parti politique - ou dirigeant - n’ose la contester. Pourtant, cette phrase reste vide de substance. Car si tout le monde la répète, personne ne peut la définir.
Le problème ne concerne pas seulement la politique d’immigration, mais aussi la lutte pour l’identité du Canada. Qu’est-ce que cela signifie vraiment d’être une « nation d’immigration » ? S’agit-il d’une question de chiffres ? De gestes humanitaires ? De croissance économique ? De démographie ? De votes ?
En 2025, alors que les partis politiques se disputent le droit de gouverner, cette question fondamentale reste sans réponse. Au lieu de cela, l’immigration est réduite à un sujet de discussion, utilisé lorsque c’est pratique, ignoré lorsque c’est compliqué, et presque toujours présenté comme un problème à gérer plutôt que comme une opportunité à saisir.
Cet article examine de manière critique la façon dont les principaux partis politiques du Canada abordent l’immigration, non pas à travers leurs slogans nobles, mais à travers ce qu’ils ont dit dans les débats des chefs d’État et écrit dans leurs programmes. Le débat français, où l’immigration n’a été abordée qu’à contrecœur, a donné un aperçu révélateur de l’état d’esprit des politiciens. Le débat anglais ? L’immigration a été entièrement supprimée, un aveu silencieux de l’inconfort du sujet.
Les conservateurs ayant publié leur programme le 22 avril 2025, nous disposons désormais d’une vue d’ensemble de la position - ou des difficultés - de chaque parti en matière d’immigration.
Mais tout d’abord, commençons par là : Sur la scène d’un débat, où la ligne de vie du Canada - l’immigration - a été traitée comme un simple exercice de gestion de crise.
Le débat
Si vous voulez comprendre comment la politique canadienne envisage l’immigration en 2025, ne cherchez pas plus loin que le débat des leaders en français. L’immigration n’a pas été présentée comme un outil de construction de la nation ou un avantage stratégique - elle a été présentée, sans équivoque, comme un problème.
La question d’ouverture en disait long. Le modérateur Patrice Roy a donné le ton en demandant si le Canada accepterait les 500 000 Haïtiens qui risquent d’être expulsés des États-Unis. Une question juste dans le contexte géopolitique actuel influencé par Trump, mais qui a instantanément réduit l’immigration à la gestion de crise, et qui a également offert à Trump une monnaie d’échange dans les négociations commerciales, comme si le rôle du prochain Premier ministre était de s’adapter aux exigences de Trump plutôt que de proposer la vision du Canada.
Comme on pouvait s’y attendre, tous les chefs de parti, quelle que soit leur couleur politique, ont donné la même réponse : non : Sous couvert d’un langage plus ou moins humanitaire (gracieuseté des libéraux et des néo-démocrates), il s’agit néanmoins d’un refus, invoquant l’Entente sur les tiers pays sûrs. Voilà pour la générosité autoproclamée du Canada.
La deuxième grande question sur l’immigration n’était pas non plus une question d’opportunité ou de stratégie - il s’agissait du Québec qui demandait 500 millions de dollars pour gérer les réfugiés. Pierre Poilievre en a profité pour rejeter les objectifs de croissance démographique de l’Initiative du siècle et a repris sa formule fétiche : l’immigration ne doit pas dépasser le logement, l’emploi ou les soins de santé.
À première vue, cela semble responsable - lier les niveaux d’immigration à des capacités mesurables. Mais si l’on gratte la surface, on s’aperçoit qu’il s’agit d’une commodité politique :
- Comment définissez-vous le « logement disponible » pour les immigrés ? S’agit-il simplement de compter les toits, ou devons-nous déterminer quels logements sont vacants, abordables et adaptés aux familles immigrées ? Quelles sont les hypothèses faites sur la taille des familles, les marchés régionaux du logement ou la disponibilité des loyers ?
- Que signifie concrètement la « capacité de soins de santé » ? Existe-t-il une formule permettant de prédire les besoins médicaux futurs de diverses populations immigrées ? Dans cette équation, une personne âgée équivaut-elle à trois travailleurs en bonne santé ?
- Qui décide si le Canada a « assez » d’emplois ?
En réduisant la politique d’immigration à un vague exercice d’équilibre, Poilievre évite de répondre à la question la plus difficile : Quel est l’objectif stratégique du Canada en matière d’immigration ? S’agit-il simplement d’éviter de perturber les graphiques de l’offre et de la demande, ou bien de construire une nation plus forte et plus compétitive ?
Mark Carney s’est fait l’écho de Poilievre, évitant de rendre compte des erreurs de calcul désastreuses des libéraux sur la capacité d’absorption - de 30 % en une seule année (comparez les plans 2024-2026 avec les plans 2025-2027). Sa solution ? Des engagements vagues sans aucun cadre sur la façon dont le Canada devrait évaluer ou planifier les niveaux d’immigration au-delà des suppositions réactives.
Jagmeet Singh a commencé par le classique « nous avons besoin d’immigration » - unedéclaration qui mérite d’être saluée pour son honnêteté. C’est un pas en avant par rapport à la rhétorique habituelle du NPD « nous voulons l’immigration », qui ressemble trop souvent à un geste charitable de la part du Canada, pionnier mondial de l’humanité et de la compassion.
Mais la déception n’a pas tardé à venir. Le raisonnement de M. Singh se résume à une vision étroite et utilitaire : l’immigration comme source de main-d’œuvre peu qualifiée. Ses exemples - des agriculteurs pour le Québec, des travailleurs pour les petites entreprises - réduisent l’immigration à un outil permettant de combler des lacunes à court terme et à bas salaire, sans tenir compte de son rôle plus large dans la promotion de la prospérité à long terme.
Le Bloc Québécois, quant à lui, s’est concentré sur les demandeurs d’asile, mettant en garde contre les « abus » du système tout en faisant une distinction symbolique en faveur des étudiants et des travailleurs - tant qu’ils n’osent pas demander une protection.
Lorsqu’on lui a demandé si le système d’immigration du Canada était « déréglé », M. Carney a admis qu’il « ne fonctionnait pas », mais il a rejeté la faute sur les chiffres et le COVID. On a commodément oublié que le fait de gonfler l’immigration pour stimuler le PIB après la pandémie était un choix politique délibéré des libéraux. Pire encore, la solution de Poilievre pour remédier à l’inefficacité ? Rejeter les « demandes d’asile bidon », en désignant les demandeurs d’asile mexicains comme étant le problème. Une généralisation imprudente qui aurait dû susciter l’indignation, mais qui a été accueillie par le silence.
M. Singh, quant à lui, a faussement imputé les retards au manque de personnel, ignorant les rapports du PBO qui montrent que l’IRCC disposait de ressources excédentaires(65 % de plus que nécessaire) et qu’il était en fait en train de licencier du personnel. Sa réponse ? Jeter plus d’argent dans un système défaillant - un classique du théâtre politique.
M. Carney a tenté de jouer la « carte humanitaire », mais lorsque le Bloc a suggéré de faire une pause en matière d’immigration jusqu’à ce que « le système soit réparé », M. Carney a « plus ou moins » accepté.
Et c’est ainsi que l’ensemble du discours sur l’immigration au Canada - qui devrait être la pierre angulaire de la stratégie nationale - a été enveloppé dans 14 minutes de peur, de chiffres, de reproches et de déviation politique.
Pour un pays qui se targue d’être une « nation d’immigration », le débat a révélé une dure vérité :
Nos dirigeants ne discutent pas de la politique d’immigration. Ils gèrent l’anxiété liée à l’immigration.
Les plateformes
NPD : Un silence assourdissant sur l’immigration
Le programme de la campagne 2025 du NPD, intitulé « Ready for Better », omet ostensiblement toute mention de l’immigration. Cette absence n’est pas qu’un oubli mineur ; elle représente une lacune importante dans la résolution d’un problème national crucial. Alors que le programme aborde divers sujets, des soins de santé au logement, il ne reconnaît pas le rôle de l’immigration dans le tissu socio-économique du Canada. Cette omission est d’autant plus flagrante que le NPD a toujours défendu les communautés marginalisées et la justice sociale.
En revanche, les déclarations passées de membres du NPD, comme la députée Jenny Kwan, ont mis l’accent sur les préoccupations concernant les retards en matière d’immigration et les résultats discriminatoires. Toutefois, ces préoccupations ne sont pas reflétées dans le programme actuel. En outre, le NPD a déjà critiqué le Programme des travailleurs étrangers temporaires pour l’exploitation des travailleurs ayant un statut d’immigration précaire. Pourtant, le programme ne contient aucune proposition visant à réformer ces programmes ou à résoudre les problèmes systémiques du système d’immigration canadien.
Ce silence soulève des questions quant à l’engagement du parti en faveur d’une réforme globale de l’immigration et à sa vision de l’avenir du Canada en tant que nation inclusive et diversifiée.
La plate-forme libérale : Gérer l’immigration comme un bilan
Le programme des libéraux est à l’image de leur décennie au pouvoir : une approche purement quantitative de l’immigration. Il s’agit d’un jeu de chiffres où le succès n’est pas mesuré par les résultats de l’intégration, mais par la manière dont les chiffres de l’immigration s’intègrent dans des pourcentages politiquement commodes.
Leurs 2025 engagements restent fidèles à la réalité. La plateforme met l’accent sur la stabilité grâce à des plafonds stricts : Limitation des travailleurs temporaires et des étudiants étrangers à 5 % de la population canadienne d’ici 2027. Les admissions de résidents permanents seront maintenues à moins de 1 % par an au-delà de 2027.
Mais les chiffres révèlent souvent plus de choses que prévu. D’une part, le programme dépeint le Canada comme une nation de « navettes fondées sur des valeurs partagées d’équité, de solidarité, de responsabilité, de résilience et de durabilité ». D’autre part, elle ne dit rien sur les chiffres : d’ici 2027, il y aura un écart de 4 %, soit environ 1,68 million de travailleurs temporaires et d’étudiants étrangers, laissés dans l’incertitude sans voie d’accès à la résidence permanente.
On ne peut que se demander comment cela s’accorde avec les notions d’équité et de responsabilité, en particulier lorsque cette cohorte aspire massivement à construire son avenir au Canada. Les libéraux n’offrent aucune explication, car reconnaître cette réalité mettrait en évidence le décalage entre leur discours d’inclusion et leur politique d’exclusion.
À cela s’ajoute la réalité silencieuse selon laquelle le maintien du plafond proposé nécessitera une augmentation de 15 % des admissions de résidents permanents d’ici 2027 par rapport aux niveaux de 2026.
En d’autres termes, les libéraux disent aux Canadiens : « Ne vous inquiétez pas, nous allons régler les problèmes de logement, de santé et d’infrastructure d’ici 2027 - faites-nous confiance ».
Une promesse audacieuse de la part d’un parti dont les erreurs de calcul de capacité ont atteint 30 % au cours de l’année écoulée.
Il n’y a aucune mention de l’utilisation de l’immigration comme moteur économique stratégique au-delà des mots à la mode tels que « les meilleurs talents mondiaux ». Aucune proposition sérieuse pour moderniser les politiques d’intégration, favoriser l’esprit d’entreprise ou aligner l’immigration sur la compétitivité à long terme du Canada. Aucune reconnaissance de la méfiance croissante des candidats, des entreprises et même des provinces à l’égard de l’approche réactive d’Ottawa, qui se contente de fixer des chiffres.
En fin de compte, les libéraux continuent de considérer l’immigration comme une variable d’ajustement, ajustée pour atténuer la pression politique, plutôt que comme un pilier de la prospérité à long terme du Canada.
Pour un parti si désireux de parler de valeurs communes et de diversité, leur programme révèle une vérité gênante : derrière chaque métaphore mosaïque se cache une feuille de calcul - et pour beaucoup trop d’immigrés, les chiffres ne s’additionnent tout simplement pas.
La plate-forme conservatrice : Rétablir l’ordre ou institutionnaliser la peur ?
Les conservateurs encadrent leur politique d’immigration par un clin d’œil nostalgique à l’ère Harper, affirmant qu’ils vont « rétablir l’ordre » dans un système qu’ils insistent sur le fait que les libéraux ont brisé. Il s’agit là d’une stratégie bien connue des conservateurs : évoquer une crise, promettre le contrôle et vendre la sécurité au détriment de la stratégie.
Leur plateforme 2025 repose sur un message essentiel : moins, c’est plus.
La brève section sur l’immigration ne fait que reprendre les lignes de Pierre Poilievre lors du débat français, en insistant sur le fait que la croissance démographique doit rester inférieure à la croissance du logement, de l’emploi et des soins de santé. Et tout comme dans le débat, la plate-forme s’arrête là. Pas de cadre, pas de mesures, pas de plan - juste un slogan déguisé en politique.
Sur le papier, cela peut apparaître comme une gestion pragmatique. En réalité, il s’agit d’une approche dangereusement simpliste qui réduit l’immigration à un facteur de risque - quelque chose à minimiser, à contenir et à justifier en permanence.
Si les libéraux sont obsédés par les chiffres, les conservateurs vont plus loin : ils font de l’immigration une question d’ordre public.
Presque tous les engagements des conservateurs sont ancrés dans la méfiance et l’application de la loi : Contrôles préalables dans le cadre de l’EIDM pour « protéger les emplois canadiens », vérification des antécédents criminels des étudiants, renvois plus rapides et expulsions plus nombreuses, et systèmes de suivi des départs.
Cela ressemble plus à de la police de l’immigration qu’à de la politique d’immigration.
La partie la plus révélatrice de la plate-forme conservatrice est peut-être son rejet fier de l’Initiative du siècle. Plutôt que de proposer une autre vision de l’avenir démographique et économique du Canada, ils rejettent purement et simplement la croissance, se moquant de l’idée de villes dynamiques et étendues, comme si le déclin national était préférable à une construction ambitieuse de la nation.
Aucune mention n’est faite de la manière dont l’immigration pourrait remédier au vieillissement de la population, à la pénurie de main-d’œuvre dans les secteurs à forte croissance ou à la compétitivité mondiale du Canada. Il n’y a pas de stratégie pour tirer parti des immigrants qualifiés, des entrepreneurs ou des innovateurs. Les conservateurs n’offrent aucune voie pour l’avenir - ils promettent seulement de tirer le frein à main.
Alors qu’ils se contentent de dire qu’ils « donnent la priorité à ceux qui font croître notre économie », ils ne disent rien sur la manière dont ils vont attirer les talents internationaux ou favoriser l’intégration. En fin de compte, leur programme reflète un parti plus à l’aise dans la gestion des peurs que dans la gestion de l’avenir.
Le Bloc Québécois : La souveraineté avec une stratégie cohérente en matière d’immigration
Dans un paysage encombré de contradictions, de promesses vagues et de politiques réactives, le Bloc Québécois se démarque, non pas en défendant l’immigration comme moteur de croissance, mais en proposant un programme cohérent et stratégiquement cohérent, enraciné dans sa vision souverainiste du Québec.
Alors que les autres partis oscillent entre rhétorique et réalité, le Bloc est sans équivoque : l’immigration doit servir les intérêts du Québec, aux conditions du Québec.
Leurs propositions - qui vont de la demande d’un contrôle total de l’immigration à l’introduction d’une résidence permanente conditionnelle liée à l’établissement régional - apportent des réponses pragmatiques à des défis réels, tels que la rétention des immigrants et les vulnérabilités du marché du travail. L’appel à des permis de travail sectoriels et régionaux ouverts reflète une approche nuancée de l’équilibre entre les exigences économiques et la protection des travailleurs - un élément qui fait cruellement défaut dans les plateformes fédérales.
Mais la cohérence a un coût. Le programme du Bloc est fondamentalement défensif, axé sur la préservation plutôt que sur le progrès. Il n’a pas l’ambition de mettre l’immigration au service de l’innovation, de l’esprit d’entreprise ou du renouvellement démographique au-delà des préoccupations immédiates du Québec.
En bref, le Bloc offre ce qu’aucun autre parti n’offre : Une stratégie d’immigration claire et honnête, même si elle est conçue pour gérer les frontières et non pour élargir les horizons.
Conclusion : L’immigration - la plus grande occasion manquée du Canada
D’un débat à l’autre et d’un programme à l’autre, une chose est douloureusement claire : la classe politique canadienne a perdu de vue ce que l’immigration représente réellement.
Qu’il s’agisse de l’obsession des libéraux pour les pourcentages, de la fixation des conservateurs sur l’application de la loi, de la posture défensive du Bloc ou du silence assourdissant du NPD, l’immigration a été réduite à un handicap. Un chiffre à plafonner, un risque à gérer ou, pire encore, une question à éviter complètement.
Mais l’immigration n’est pas le problème du Canada. Elle est, et a toujours été, la plus grande opportunité du Canada.
Dans un monde confronté au vieillissement des populations, à la stagnation économique et à l’instabilité géopolitique, les pays se livreraient une concurrence féroce pour attirer le capital humain, l’innovation, l’esprit d’entreprise et la diversité.
Pourtant, au lieu d’exploiter cet avantage, nos dirigeants considèrent l’immigration comme un fardeau. Ils oublient que les nouveaux arrivants ne se contentent pas de combler des lacunes : ils créent de la croissance. Ils lancent des entreprises, revitalisent les communautés et insufflent de la résilience dans un pays qui dépend de plus en plus de leurs contributions.
Le vrai problème n’est pas l’immigration. C’est l’imagination politique piégée par la pensée à court terme, la peur populiste et la complaisance administrative.
Ce dont le Canada a besoin, ce n’est pas de cibles plus petites ou de frontières plus strictes. Il a besoin d’une vision stratégique de l’immigration qui permette de construire la nation :
- Une vision qui donne la priorité aux résultats de l’intégration plutôt qu’à des pourcentages arbitraires.
- Il s’agit d’aligner l’immigration sur les ambitions du Canada de devenir une puissance économique, en se concentrant sur le PIB par habitant et en veillant à ce que le système favorise la prospérité tant des Canadiens que des nouveaux arrivants.
- Un système fondé sur le soutien, et non sur des attentes irréalistes - un cadre qui permet aux immigrants d’être des partenaires dans la construction de l’avenir du Canada, et non des éléments de passif à gérer.
Tant que les dirigeants politiques ne cesseront pas de considérer l’immigration comme un exercice d’équilibre entre la frustration de l’opinion publique et les limites de capacité, le Canada continuera de gaspiller l’un de ses principaux atouts.
Mais le changement ne viendra pas seulement des hommes politiques.
Dans un pays libre et démocratique comme le Canada, c’est à nous, le peuple, qu’appartient cette conversation. Il nous appartient de nous élever au-dessus de la rhétorique politique, de poser les questions difficiles et d’exiger plus que la complaisance qui nous a été offerte.
Si nous sommes vraiment une nation d’immigration, il est temps que nous commencions à agir en conséquence, et pas seulement à le dire.


