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Déclaration de l’ACAI sur la politique publique temporaire d’IRCC exemptant certains demandeurs de la catégorie des époux ou conjoints de fait au Canada ou de la catégorie du regroupement familial de l’obligation de détenir un permis de travail.

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Clause de non-responsabilité : Les opinions et positions exprimées dans le présent document sont examinées par le Conseil d’administration de l’ACAI et peuvent ne pas représenter les points de vue de tous les membres.

 

L’ACAI félicite IRCC d’avoir publié la Politique temporaire dispensant certains demandeurs de la catégorie des époux ou conjoints de fait au Canada ou de la catégorie du regroupement familial de l’obligation d’obtenir un permis de travail ( » la Politique « ). Cette politique permet aux époux et partenaires parrainés qui ont déposé une demande de parrainage au titre de la catégorie de la famille de demander un visa de résident temporaire avec un délai de traitement de 30 jours et, à leur arrivée au Canada, de demander un permis de travail ouvert pour la durée du processus de parrainage.

Cette politique contribue de manière significative à la réunification des familles, qui est un objectif explicite de la LIPR. Elle réduit également les désavantages subis par les personnes ayant besoin d’un visa pour le Canada, qui se voient souvent refuser un visa et ne peuvent pas résider avec leur conjoint ou partenaire pendant la procédure de parrainage.

Néanmoins, l’ACAI est préoccupée par les conséquences suivantes de la politique, qui nécessitent un examen plus approfondi :

  1. De manière générale, la politique augmentera l’attrait de la catégorie familiale et des visas de résident temporaire. Les personnes qui ont les qualifications requises pour demander la résidence permanente au titre de la catégorie de la famille ou de la catégorie économique choisiront probablement la catégorie de la famille en raison de la voie plus rapide et plus sûre qui leur permettra de vivre et de travailler au Canada. Les personnes qui ont le choix d’être parrainées au Canada ou de parrainer leur conjoint/partenaire canadien choisiront probablement la première option parce que peu d’autres pays ont des programmes similaires. Les demandes présentées par les conjoints/partenaires au titre de la catégorie du regroupement familial, contrairement à la catégorie de l’immigration économique, ne font pas l’objet d’un mécanisme de contrôle des stocks comme le système Entrée express. Le plan des niveaux d’immigration 2023-2025 d’IRCC prévoit des admissions relativement stables de membres de la catégorie familiale par rapport au plan des niveaux 2021-2023. L’ACAI craint que l’attrait accru des demandes de conjoints/partenaires parrainés dans la catégorie de la famille, faites en prévision d’un visa de résident temporaire, ne s’ajoute à des ressources déjà tendues et n’allonge les délais de traitement globaux dans cette catégorie.De même, l’IRCC a dû faire face à de longs délais de traitement pour les visas de résident temporaire. La politique encouragera les personnes dont les demandes de visa de résident temporaire ont échoué à réessayer, ce qui augmentera le volume de nouvelles demandes de visa de résident temporaire. La politique exercera donc une pression accrue sur les délais de traitement dans des catégories déjà surchargées. Il est reconnu que le communiqué de presse du26 mai 2023 annonçant la politique décrit des « outils de traitement spécialisés » pour les demandes de visa de résident temporaire pour les conjoints, mais il n’est pas clair où ces outils existent ni comment on y accède.RECOMMANDATION : Que des ressources suffisantes soient allouées au traitement des demandes de visa de conjoint/partenaire et de résident temporaire en prévision de l’augmentation du volume de dossiers dans ces catégories, et que les outils de traitement dédiés soient rendus aussi transparents que possible pour les demandeurs et les agents des visas.
  2. L’ACAI craint que les demandes de visa de résident temporaire déposées en vertu de la politique ne changent et ne mettent davantage l’accent sur les mérites de la relation qui sous-tend la demande de résidence permanente parrainée. Les agents des visas, en particulier dans les régions perçues comme étant le théâtre de niveaux élevés de fraude, seront conscients que l’octroi d’un visa de résident temporaire leur permettra d’accéder au marché canadien du laobur. Il en résultera un examen minutieux. Les clients peuvent ne pas s’attendre à cet examen minutieux et ne pas déposer suffisamment de preuves justifiant le traitement de leur demande dans le cadre de la politique. RECOMMANDATION : Des instructions devraient être émises pour décourager les agents d’effectuer des évaluations de parrainage de conjoint dans le contexte des demandes de visa de résident temporaire présentées en vertu de la politique.
  3. L’ACAI est heureuse de constater que les conjoints de citoyens canadiens et de résidents permanents qui ont présenté une demande de parrainage de conjoint à l’extérieur du Canada pourront demander un permis de travail ouvert à leur arrivée au Canada. Cependant, nous pensons que le critère exigeant que le conjoint soit au Canada et vive avec son parrain avant d’être éligible va à l’encontre de la facilitation de l’entrée du conjoint sur le marché du travail canadien. Les demandes de permis de travail au Canada prennent cinq mois et ce retard dans la délivrance d’un permis de travail ouvert n’atténuera pas les difficultés rencontrées par les familles. IRCC n’exige pas que les conjoints d’étudiants étrangers ou de travailleurs étrangers vivent au Canada avec leur conjoint avant de pouvoir demander un permis de travail. Ainsi, la politique traite les conjoints des citoyens canadiens et des résidents permanents moins favorablement que les conjoints des ressortissants étrangers. Nous recommandons qu’un permis de travail ouvert soit délivré pour un an seulement, soit au moment de la demande de VRT, soit au point d’entrée. Lors du renouvellement, le demandeur peut présenter une preuve de résidence avec son conjoint. Le fait de confier à l’ASFC la charge de délivrer les permis de travail au point d’entrée facilitera le déploiement des ressources d’IRCC. RECOMMANDATION : Qu’un permis de travail ouvert, conformément à la politique, puisse être délivré dans un bureau des visas ou à l’arrivée au point d’entrée.
  4. Les partenaires conjugaux sont menacés par la politique. La politique prévoit la délivrance d’un permis de travail ouvert aux partenaires conjugaux résidant au Canada avec leurs parrains. Cependant, par définition, les partenaires conjugaux résident à l’extérieur du Canada. Le règlement 2 stipule quepartenaire conjugal s’entend, dans le cas d’un répondant, d’un étranger résidant à l’extérieur du Canada qui vit une relation conjugale avec le répondant depuis au moins un an. (partenaire conjugalPar conséquent, un partenaire conjugal qui dépose une demande au titre de la catégorie du regroupement familial, puis déménage au Canada pour vivre avec son répondant, n’aura pas droit à un permis de travail ouvert parce qu’il ne répondra plus à la définition de « partenaire conjugal ». Plus inquiétant encore, leur demande de regroupement familial à l’étranger risque d’être refusée au motif qu’ils ne sont plus des partenaires conjugaux et qu’ils ne font plus partie de la catégorie des membres de la famille. Les partenaires conjugaux devront se marier après avoir retrouvé leur partenaire canadien, s’ils sont en mesure de le faire. RECOMMANDATION : La politique devrait être modifiée pour indiquer que le statut de partenaire conjugal des demandeurs de la catégorie du regroupement familial qui reçoivent un visa de résident temporaire et qui déménagent au Canada devrait être bloqué au moment de la présentation de la demande au titre de la catégorie du regroupement familial.

 

Comme indiqué ci-dessus, l’ACAI soutient l’intention de la politique et la possibilité de réunir plus rapidement les conjoints/partenaires au Canada. L’ACAI fait les recommandations ci-dessus dans l’esprit d’éviter les conséquences involontaires et de renforcer la politique.

 

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