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Déclaration de L’ACAI sur le rapport SOCI : « Agir maintenant : Des solutions pour la main-d’œuvre temporaire et migrante au Canada »

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L’Association Canadienne des Avocats en Immigration (ACAI) exprime sa gratitude à la Commission sénatoriale des affaires sociales, des sciences et de la technologie (SOCI) pour son rapport exhaustif intitulé » Agir maintenant : Des solutions pour la main-d’œuvre temporaire et migrante au Canada« .

Ce rapport arrive à point nommé alors que le Canada réévalue ses programmes de résidents temporaires dans un contexte de grave crise du logement. Nous félicitons l’OSEO pour son examen approfondi et ses recommandations perspicaces visant à améliorer les conditions des travailleurs migrants et temporaires au Canada.

L’ACAI a été invitée à contribuer au rapport de l’OSC et le comité de pilotage de l’ACAI a envoyé Lou Janssen Dangzalan pour représenter l’association.

Contexte

Le Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) a été créé en 1973 et est devenu essentiel pour plusieurs secteurs au Canada, tels que l’agriculture, la transformation des produits de la mer et les soins de santé. Conçu à l’origine comme un « dernier recours » pour combler les pénuries de main-d’œuvre, le PTET a considérablement évolué et joue aujourd’hui un rôle vital dans l’économie canadienne. Toutefois, cette évolution a engendré des défis considérables pour les travailleurs et les employeurs.

Points clés du rapport SOCI

Le PTET n’est plus considéré comme un « dernier recours ». Il est devenu un mécanisme essentiel pour remédier aux pénuries de main-d’œuvre dans divers secteurs. Cette évolution a soulevé plusieurs questions :

  • Complexité et bureaucratie : Les changements fréquents de politique, les longs délais de traitement et l’enchevêtrement complexe des programmes sont source d’incertitude et d’inefficacité pour les travailleurs et les employeurs.
  • Vulnérabilité des travailleurs : Les travailleurs migrants sont souvent victimes d’exploitation, d’abus et de mauvaises conditions de vie. Le rapport de l’OSC souligne les risques d’abus dans le cadre du PTET et d’autres programmes de travail des migrants à haut risque.
  • Absence de voies d’accès à la permanence : De nombreux travailleurs n’ont que peu de possibilités de transition vers la résidence permanente, ce qui aggrave leur statut précaire. Le rapport préconise une meilleure reconnaissance et des voies d’accès à la résidence permanente pour ces travailleurs.
  • Nécessité d’une réforme stratégique : Les politiques d’immigration et de travail des migrants ont souvent été réactives plutôt que stratégiques, ce qui nécessite un développement coordonné des politiques entre les différents départements.
  • Importance des travailleurs migrants : Les travailleurs migrants sont essentiels pour de nombreuses industries, en particulier dans les zones rurales, et ils contribuent de manière significative à la survie et à la croissance des entreprises.

Analyse détaillée et réaction

Complexité et inefficacité

L’ACAI a décrit le programme des aidants comme une « cacophonie de programmes pilotes » qui sèment la confusion même chez les avocats chevronnés en droit de l’immigration. Les changements fréquents de politique et les longs délais de traitement, parfois jusqu’à quatre ans, ont créé d’importants retards et forcé les employeurs à chercher d’autres sources de soins. Cette complexité nuit à l’efficacité du programme, car il est difficile pour les familles et les soignants de s’y retrouver.

Les programmes pilotes ont introduit de nouvelles barrières, notamment en imposant des quotas. Même les avocats expérimentés en droit de l’immigration ont de plus en plus de mal à déterminer quels programmes s’appliquent, ce qui aggrave la confusion pour toutes les personnes concernées.

Obstacles à l’obtention de la résidence permanente et discrimination fondée sur la classe sociale

Lou Janssen Dangzalan a souligné la sous-évaluation des travailleurs dits « peu qualifiés », qui jouent un rôle crucial dans des secteurs essentiels à l’économie canadienne. Il a donc plaidé en faveur d’une meilleure reconnaissance et de voies d’accès à la résidence permanente pour ces travailleurs, soulignant leur importante contribution à l’économie. Toutefois, M. Dangzalan a également mis en garde contre l’impact de la régularisation de plus de 500 000 nouveaux résidents permanents, soulignant qu’elle pourrait avoir un « impact substantiel », en particulier si les travailleurs régularisés sont concentrés dans les petites provinces. La pression potentielle sur les ressources et les services doit être soigneusement prise en compte.

L’ACAI a souligné que le système d’immigration actuel était fondé sur la classe sociale, les cols blancs ayant plus de chances de devenir des résidents permanents que les cols bleus. Cette disparité reflète des problèmes plus larges d’inégalité et de sous-évaluation des travailleurs essentiels. L’ACAI a souligné que de nombreux travailleurs à bas salaires se heurtent à des obstacles pour obtenir la résidence permanente, ce qui renforce encore leur vulnérabilité et leur statut précaire.

Barrières linguistiques et vulnérabilité

L’ACAI a souligné que les travailleurs migrants ayant une maîtrise limitée de l’anglais ou du français sont plus susceptibles d’être victimes d’abus et ont des difficultés à comprendre les consignes de santé et de sécurité, ce qui accroît leur vulnérabilité. Le manque de compétences linguistiques crée également des obstacles à l’accès aux services gouvernementaux et privés, ce qui accroît leur risque global et leur vulnérabilité.

Permis de travail spécifiques à un secteur ou à une région

L’ACAI a suggéré d’étudier la possibilité de délivrer des permis de travail spécifiques à un secteur ou à une région afin d’accroître la mobilité de la main-d’œuvre sans éliminer les permis de travail spécifiques à l’employeur. Cette approche pourrait alléger les charges administratives et financières qui pèsent sur les employeurs tout en garantissant que les travailleurs puissent se déplacer dans les secteurs où leurs compétences sont demandées.

Communication et soutien aux travailleurs migrants

L’ACAI a noté que malgré les récentes mises à jour visant à protéger les TET, ces changements doivent encore être pleinement communiqués. Les organisations communautaires, qui fonctionnent souvent avec des financements à court terme, sont actuellement responsables de la diffusion de ces informations de manière fragmentaire. L’ACAI a souligné l’importance de soutenir et de financer ces organisations afin d’instaurer un climat de confiance et de communiquer efficacement avec les travailleurs migrants.

Position et recommandations de l’ACAI

L’ACAI accueille favorablement le rapport de l’OSC et soutient son appel à réformer les politiques du Canada en matière de travail temporaire et migrant. L’ACAI insiste sur les points clés suivants :

  1. Simplification et transparence : Simplifier le programme des aides familiaux et d’autres voies d’immigration similaires. Des politiques transparentes et stables et des délais de traitement plus courts profiteront aux travailleurs et aux employeurs, en réduisant l’incertitude et les charges administratives.
  2. Permis sectoriels et régionaux : Mettre en place des permis de travail spécifiques à un secteur ou à une région afin d’équilibrer le besoin d’investissement des employeurs et la mobilité de la main-d’œuvre. Les travailleurs pourront ainsi se déplacer dans les secteurs où leurs compétences sont demandées sans être liés à un seul employeur.
  3. Accès équitable à la résidence permanente : Créer des voies d’accès plus accessibles à la résidence permanente pour tous les travailleurs, quel que soit leur type d’emploi. Cette approche permettrait de remédier aux disparités fondées sur la classe sociale et d’intégrer des travailleurs de valeur dans l’économie et la société canadiennes.
  4. Soutien linguistique et sécurité : Améliorer la formation linguistique et les services de soutien aux travailleurs migrants afin de garantir leur sécurité et leur intégration dans la communauté. Le gouvernement et les organisations communautaires doivent collaborer pour fournir ces services essentiels.
  5. Soutien aux organisations communautaires : Financer et soutenir les organisations communautaires qui fournissent une assistance fiable aux travailleurs migrants. Ces organisations jouent un rôle crucial en aidant les travailleurs à comprendre leurs droits et à résoudre les problèmes de santé et de sécurité.
  6. Collecte et partage des données : Améliorer la collecte et le partage des données relatives à l’identité entre les départements, y compris les données sur la race, les langues parlées et l’expérience en matière d’éducation. Cela facilitera l’utilisation et la comparaison de données désagrégées tout en respectant la législation fédérale en matière de protection de la vie privée.
  7. Coordination de la stratégie en matière de données : Le gouvernement du Canada devrait coordonner une stratégie de données entre les ministères fédéraux et avec les provinces et territoires afin de promouvoir le partage d’informations et les meilleures pratiques. Cette stratégie permettrait de s’assurer que les politiques sont fondées sur des données complètes et précises.

Importance et opportunité du rapport SOCI

Le rapport SOCI souligne la nécessité de consultations et d’études permanentes pour éclairer l’élaboration des politiques. De telles enquêtes garantissent la prise en compte de divers points de vue, ce qui permet de mettre en place des politiques d’immigration plus inclusives et plus efficaces. À l’heure où le Canada est confronté à une crise du logement et à d’autres défis économiques, la réévaluation du programme de résidents temporaires est à la fois opportune et nécessaire. De nombreux travailleurs migrants sont confrontés à d’importants problèmes de logement en raison de la précarité de leur statut professionnel et du manque d’accès à des logements abordables. En s’attaquant aux problèmes systémiques mis en évidence dans le rapport et en améliorant le programme des résidents temporaires, le Canada peut garantir de meilleures conditions de vie aux travailleurs migrants, ce qui, à son tour, peut stabiliser le marché du logement.

Conclusion

L’ACAI félicite la commission SOCI du Sénat pour son travail diligent et le rapport qui en résulte. L’association espère que les recommandations conduiront à des réformes significatives dans les secteurs du travail temporaire et migrant. Aborder ces questions n’est pas seulement une question de nécessité économique, mais aussi une question de droits de l’homme et de dignité. Les changements proposés, s’ils sont mis en œuvre, amélioreront considérablement la vie des travailleurs migrants et contribueront à un Canada plus équitable et plus prospère.

L’ACAI reste déterminée à s’engager auprès du gouvernement et à contribuer aux conversations sur la main-d’œuvre temporaire et migrante au Canada. Nous continuerons à plaider en faveur de politiques qui protègent et responsabilisent les travailleurs migrants, en veillant à ce que leur rôle vital dans notre économie et nos communautés soit reconnu et valorisé.

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