Articles

Articles

Un jour sombre pour le Canada : L’ACAI condamne le plan des niveaux d’immigration 2025-2027

Facebook
Twitter
LinkedIn

La L’Association Canadienne des Avocats en Immigration condamne l’annonce faite aujourd’hui concernant le Plan des Niveaux d’Immigration 2025-2027. Les immigrants sont un élément clé de la prospérité du Canada et les réductions drastiques des niveaux de résidents permanents et temporaires créeront des dommages économiques, fiscaux et sociaux importants pour le pays.

Note : Les médias sont invités à contacter le CILA en remplissant le formulaire ci-dessous : Les médias sont invités à contacter l’ACAI en remplissant en remplissant ce formulaire. Nous répondrons à votre demande immédiatement.

“Le besoin fondamental du Canada en matière d’immigration n’a pas changé”, a déclaré Barbara Jo Caruso, coprésidente de la L’Association Canadienne des Avocats en Immigration (ACAI).

“Nous avons toujours une population vieillissante, un faible taux de natalité et des pressions économiques et fiscales pressantes. Il n’est donc pas judicieux de réduire l’immigration à un moment où les nouveaux arrivants font en fait partie de la solution pour améliorer le niveau de vie au Canada.

“La réduction de l’immigration causera d’importants préjudices humanitaires aux personnes au Canada et dans le monde entier”, a déclaré Lou Janssen Dangzalan, membre du Conseil d’administration de l’ACAI.

“La population de personnes déplacées dans le monde n’a jamais été aussi nombreuse et beaucoup de ces personnes déplacées sont déjà au Canada sans avoir de voie claire pour obtenir la résidence permanente. Réduire les objectifs en matière de résidence permanente n’arrangera rien”.

La discussion ci-dessous contient le commentaire de l’ACAI sur l’état général du système d’immigration et des recommandations pour l’améliorer.

Importance du plan de cette année

L’annonce de cette année est importante pour trois raisons majeures :

Le plan intervient dans une période difficile pour l’immigration canadienne

Tout d’abord, elle intervient dans une période difficile pour le système d’immigration, où l’expérience des clients reste à un niveau historiquement bas, et où le soutien du public pour le système a diminué en raison de la perception d’une mauvaise gestion gouvernementale. L’ACAI est d’accord pour dire que les ” propres objectifs ” du gouvernement fédéral, sur lesquels nous reviendrons plus loin, ont exacerbé les divers défis du système d’immigration, et regrette que peu de choses aient été faites pour améliorer de manière significative l’expérience client des demandeurs d’IRCC et d’ESDC.

Les plafonds pour les résidents temporaires sont nouveaux

Deuxièmement, le plan contient pour la première fois des objectifs en matière de résidents temporaires. La raison d’être de ces objectifs est d’aider les parties prenantes à travers le Canada à mieux planifier la gestion des niveaux de nouveaux arrivants et à soutenir l’intégration des nouveaux arrivants. L’ACAI n’est pas favorable à l’établissement de plafonds arbitraires pour les diverses catégories de résidents permanents et temporaires, plutôt qu’à l’utilisation d’une approche fondée sur des données probantes pour ces catégories. Par exemple, le Canada devrait délivrer des permis de travail et d’études en fonction des besoins dynamiques de l’économie et du marché du travail plutôt que de déterminer arbitrairement le nombre de visas à délivrer. La Banque du Canada, une institution neutre et technocratique, a également soulevé des questions sur la capacité du gouvernement fédéral à réduire de manière significative la population des résidents temporaires.

Il est important de se rappeler qu’il y aura toujours un décalage entre la politique d’immigration et les conditions sur le terrain, de sorte qu’il est impossible pour le gouvernement fédéral de prévoir avec précision le nombre de travailleurs et d’étudiants étrangers dont il a besoin. Nous l’avons vu récemment lors de la pandémie, lorsque le gouvernement a délivré un nombre historiquement élevé de visas temporaires afin de soutenir la reprise économique post-pandémique, pour ensuite faire marche arrière cette année et prétendre que le Canada disposait d’un surplus de nouveaux arrivants sur le marché du travail. Une approche plus prudente consisterait, pour le gouvernement fédéral, à autoriser les titulaires de permis de travail et d’études possédant des compétences importantes et recherchées à entrer au Canada sur une base continue, afin que nous puissions continuer à accueillir des talents internationaux susceptibles de soutenir notre croissance économique. Par exemple, les cadres supérieurs hautement qualifiés et les étudiants dans les domaines des STIM, des métiers spécialisés et des professions de santé ne devraient pas être soumis à des plafonds.

Il est probable qu’il n’y aura pas de nouveau plan de nivellement avant 2026.

La troisième raison pour laquelle cette annonce est importante est qu’il s’agit probablement du dernier plan sur les niveaux d’immigration que nous verrons avant les prochaines élections fédérales. En supposant que les élections aient lieu en octobre 2025, le plan d’aujourd’hui restera en vigueur jusqu’au premier trimestre 2026, étant donné que l’article 94 (1) de la loi sur l’immigration et la protection des réfugiés (LIPR) stipule que le plan doit être déposé dans les 30 jours suivant la reprise des travaux du Parlement, ce qui, au cours des derniers cycles électoraux, a signifié que les nouveaux plans sur les niveaux d’immigration ont dû attendre la nouvelle année.

Cette observation est remarquable car elle signifie que le Canada aura peu de marge de manœuvre pour ajuster ses objectifs en matière de résidents permanents et temporaires au cours des deux prochaines années. Cette situation est préoccupante dans le contexte de la période difficile que traverse actuellement le système d’immigration. Les nouveaux arrivants eux-mêmes, ainsi que les employeurs, resteront confrontés à une grande incertitude au cours de cette période, jusqu’à ce que le nouveau mandat fédéral prenne effet à la suite des élections et que le gouvernement canadien informe le public de ses projets pour les trois années suivantes.

Cette observation souligne également l’argument de l’ACAI selon lequel il n’est pas judicieux de fixer des plafonds arbitraires, car beaucoup de choses changeront d’ici 2026. Bien que certains puissent affirmer que les plafonds sont raisonnables aujourd’hui, ils pourraient rapidement devenir obsolètes sans qu’il soit possible de les ajuster avant les élections. Les nouveaux arrivants et les employeurs pourraient en pâtir.

L’absence de consultations du gouvernement fédéral en vue de l’élaboration du plan d’aujourd’hui est une autre source d’inquiétude. Alors qu’IRCC prétend avoir tenu des consultations avec les parties prenantes, l’ACAI n’a pas trouvé qu’elles étaient authentiques. Une approche plus authentique serait que le gouvernement fédéral soit ouvert à la prise en compte de divers points de vue alors qu’il travaille à des décisions politiques fondées sur des preuves dans l’intérêt national. Depuis l’année dernière, l’ACAI a constaté que le gouvernement fédéral réagissait et manquait de perspicacité dans ses politiques d’immigration pour répondre aux préoccupations croissantes du public. C’est cette approche réactive et à courte vue qui est à l’origine des problèmes de notre système d’immigration.

À titre d’exemple, la décision du gouvernement fédéral d’augmenter de manière agressive le nombre de résidents permanents en 2021 dans un contexte difficile de pandémie a eu un effet en cascade sur les programmes de résidents permanents et temporaires qui exercent encore aujourd’hui une pression considérable sur le système d’immigration et qui continueront à le faire dans un avenir prévisible. Un autre exemple a été de permettre aux étudiants étrangers de travailler à temps plein pendant les cours. Ce changement est venu s’ajouter au nombre croissant d’étudiants étrangers venant au Canada, principalement pour chercher des opportunités d’emploi plutôt que pour poursuivre des études. Une large consultation des parties prenantes fournirait à IRCC les informations dont il a besoin pour planifier à long terme et prendre des décisions politiques durables.

Bien que nous ne puissions pas changer le passé, il incombe à IRCC de tirer les leçons de ses récentes lacunes et de s’assurer qu’il organise de véritables consultations des parties prenantes à l’avenir, afin que la planification des niveaux d’immigration et d’autres décisions politiques majeures prennent en compte différents points de vue et que nous puissions gérer de manière proactive et efficace un système d’immigration plus sain.

Positions politiques de l’ACAI

L’incertitude pour les travailleurs qualifiés, les travailleurs étrangers et les étudiants étrangers est préjudiciable au Canada.

L’ACAI demande à IRCC d’assurer la stabilité des politiques dans ses diverses voies de résidence permanente et temporaire pour les talents mondiaux. Le flux constant de changements de politiques au cours des dernières années a créé une incertitude importante et a nui à la réputation du système d’immigration du Canada. Par exemple, l’incertitude persistante concernant le Programme des étudiants étrangers fera probablement en sorte que l’admission de nouveaux étudiants au Canada sera inférieure au quota d’IRCC cette année, ce qui pourrait être préjudiciable à l’économie canadienne.

Autre exemple, en juin 2022, IRCC a déclaré qu’il normalisait l’entrée express à la suite de perturbations dues à une pandémie, ce qui donnerait aux candidats travailleurs qualifiés au Canada et à l’étranger une plus grande certitude pour planifier leur vie. Malheureusement, l’Entrée express est très imprévisible depuis l’introduction de la sélection par catégorie en 2023 et a été encore compliquée par les récents efforts d’IRCC pour réduire le nombre de résidents temporaires.

Cela s’est fait au détriment des étudiants étrangers au Canada ayant obtenu des notes élevées dans le cadre du système de classement global (SRC), qui ont fait des investissements importants et contribué à l’économie, mais qui ne peuvent toujours pas obtenir le statut de résident permanent. Les entreprises qui ont investi dans la formation de ces étudiants étrangers et qui ont bénéficié de leurs compétences subiront des conséquences négatives, car nombre d’entre eux sont et seront contraints de faire leurs valises et de rentrer chez eux ou d’entrer dans la clandestinité et de travailler sans autorisation et sans contribuer à l’impôt sur le revenu. Les candidats au programme fédéral pour les travailleurs qualifiés ne peuvent pas non plus recevoir d’invitation à la résidence permanente malgré des scores élevés au CRS. L’approche ad hoc d’IRCC en matière d’entrée express va à l’encontre de l’analyse longitudinale de plus de 40 ans de Statistique Canada, qui montre que la sélection des personnes disposant d’un capital humain élevé favorise l’intégration économique (cette analyse longitudinale constitue la base du SIR).

Les restrictions imposées au Canada en matière de permis de travail le rendent moins compétitif

Les restrictions imposées par IRCC aux partenaires des résidents temporaires en matière de permis de travail sont également malavisées. Elles vont à l’encontre de l’un des principaux piliers du système d’immigration (le regroupement familial) et rendent le Canada moins attrayant pour les talents internationaux.

En outre, le manque d’options d’IRCC pour les hommes d’affaires immigrants et les nouvelles restrictions d’octobre 2024 sur les permis de travail pour les transferts intra-entreprises (TIC) nuisent encore plus à l’attrait du Canada pour les talents et les capitaux mondiaux. Le Canada était autrefois le leader mondial en matière d’attraction d’immigrants d’affaires, mais sa position concurrentielle s’est de plus en plus érodée à un moment où il a désespérément besoin de talents et d’investissements pour soutenir sa croissance économique.

IRCC et ESDC doivent améliorer l’expérience des clients

En outre, l’expérience des clients reste décevante, ce qui nuit à l’attrait du Canada pour les talents et les employeurs du monde entier. Dans la plupart des secteurs d’activité (économique, familial et humanitaire), les délais de traitement restent lents et mal signalés. Par exemple, même si le Canada cherche à réduire l’afflux de titulaires de permis de travail et d’études, les délais de traitement restent lents en raison de la baisse du nombre de demandes.

Tout au long de cette année, le gouvernement canadien a critiqué le programme de résidents temporaires sans tenir compte de plusieurs facteurs clés. Par exemple, l’explosion du nombre de résidents temporaires est proportionnelle à l’incapacité d’IRCC à traiter les demandes en temps voulu, ce qui fait que les nouveaux arrivants demandent continuellement des prolongations et sont classés comme “résidents temporaires” pendant de longues périodes en attendant qu’IRCC approuve leur demande de résidence permanente. En outre, les recherches de Statistique Canada montrent clairement que le fait de vivre au Canada en tant que résident temporaire favorise l’intégration économique au moment de l’obtention de la résidence permanente. L’ACAI rappelle donc au gouvernement fédéral que les résidents temporaires devraient être considérés comme des actifs plutôt que comme des passifs.

Il est impératif qu’IRCC et ESDC améliorent l’expérience des clients grâce à une utilisation éthique et transparente de technologies telles que l’IA. Bien que les deux ministères cherchent à réduire les volumes, nous savons que le Canada continuera d’accueillir des niveaux historiquement élevés de nouveaux arrivants à l’avenir et qu’il doit être en mesure de traiter leurs demandes de manière efficace. Nous devons également nous rappeler que les demandeurs paient des frais importants pour que leurs visas soient traités dans le respect des normes de service et que le gouvernement fédéral ne parvient pas à répondre aux attentes les plus élémentaires. Les nombreux et rapides changements de politique viennent s’ajouter à un système d’immigration déjà complexe, rendant la navigation impossible pour les particuliers et les entreprises et contribuant à une mauvaise expérience client et à des résultats médiocres.

L’ACAI souhaite également continuer à mettre l’accent sur le fait que les avocats spécialisés en droit de l’immigration contribuent à améliorer l’expérience des clients. Ils aident les clients à préparer des dossiers véridiques, complets et précis, ce qui réduit les retards inutiles auprès d’IRCC et d’ESDC. Malheureusement, le gouvernement fédéral continue d’imposer des barrières aux clients qui bénéficient de l’expertise des avocats en immigration pour soumettre leurs demandes. Alors que l’Agence du revenu du Canada ne décourage pas les Canadiens d’engager des comptables, IRCC continue de dissuader le public d’engager des avocats spécialisés en droit de l’immigration, même si le Canada offre aujourd’hui plus de 300 options différentes de visas permanents et temporaires, qui sont mises à jour presque quotidiennement. Il est essentiel que le gouvernement fédéral considère les avocats comme des alliés pour promouvoir l’intégrité et l’efficacité d’un système d’immigration de plus en plus complexe.

IRCC doit faire plus pour faciliter le regroupement familial

En plus de nos commentaires précédents sur les permis de travail pour les résidents temporaires, L’ACAI demande au gouvernement fédéral d’identifier une approche plus durable pour le Programme des parents et grands-parents (PGP). L’ACAI est déçue qu’IRCC n’ait pas accueilli de nouvelles manifestations d’intérêt dans le cadre du PGP depuis 2020, ce qui va à l’encontre de l’esprit de l’objectif du système d’immigration visant à soutenir la réunification des familles. L’ACAI est en faveur d’un bassin renouvelé de candidats, d’une allocation plus élevée du PGP, d’une loterie pondérée et d’admissions en continu pour permettre à tous les Canadiens admissibles d’exprimer leur intérêt pour le parrainage du PGP.

Les parents et les grands-parents offrent une multitude d’avantages économiques et sociaux, notamment l’accès aux services de garde d’enfants, ce qui permet aux familles canadiennes de réaliser des économies et aux ménages de travailler plus d’heures. Ils renforcent également l’unité familiale et transmettent leur langue maternelle aux jeunes générations de Canadiens.

Classe humanitaire : Le Canada doit s’engager alors que le nombre de personnes déplacées dans le monde n’a jamais été aussi élevé

L’ACAI reste préoccupée par l’augmentation du nombre de demandes d’asile et par l’absence de directives claires de la part du gouvernement fédéral sur la façon dont il gérera les pressions humanitaires croissantes. Par exemple, le Canada a accueilli quelque 300 000 Ukrainiens dans le cadre du programme CUAET, mais il n’a pas encore donné de certitude aux Ukrainiens sur la façon dont ils peuvent passer à la résidence permanente.

Il y a également des centaines de milliers de résidents temporaires au Canada pour des raisons humanitaires ou autres qui ne disposent pas d’une voie légale claire pour rester, même s’il leur sera très difficile, voire impossible, de rentrer chez eux. L’ACAI estime qu’IRCC doit être plus transparent sur ses intentions afin de faire avancer les objectifs humanitaires du Canada et de renforcer la confiance du public dans le système d’immigration.

L’augmentation des niveaux humanitaires a poussé les municipalités et les provinces à travers le Canada à demander à Ottawa un soutien fiscal plus important. L’absence de planification à long terme de la part d’IRCC a entraîné une situation fiscale et sociale non viable pour les nouveaux arrivants et les administrations du pays.

L’ACAI demande à l’IRCC de consulter largement des experts dans tout le pays afin d’identifier la meilleure façon de défendre nos valeurs humanitaires, tout en nous préparant de manière adéquate, à court et à long terme, à gérer nos programmes humanitaires dans un contexte où les conflits mondiaux et les déplacements de population n’ont jamais été aussi nombreux, selon les Nations unies. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le Canada est un chef de file mondial en matière de réinstallation des réfugiés. Le Canada doit faire tout ce qui est pratiquement possible pour continuer à faciliter l’accueil des réfugiés réinstallés.

Remarques finales

Les nouveaux arrivants sont essentiels à la prospérité du Canada en raison du vieillissement de la population, du faible taux de natalité et des pressions budgétaires. Le Canada devra continuer à accueillir un nombre élevé de résidents permanents et temporaires pour compléter les travailleurs canadiens, renforcer l’économie, réunir les familles et fournir une aide humanitaire. À ce titre, l’ACAI espère que le gouvernement fédéral continuera à communiquer clairement la valeur et les avantages de l’immigration au Canada.

Le Canada est actuellement confronté à une multitude de défis dans des domaines tels que les soins de santé, le financement du système éducatif, les infrastructures, le logement, etc. Il incombe au gouvernement fédéral de souligner que les nouveaux arrivants constituent une part importante de la solution. Par exemple, l’accueil et l’intégration d’un plus grand nombre de travailleurs du secteur de la santé et des métiers spécialisés peuvent donner aux Canadiens un meilleur accès aux soins de santé et à des logements abordables. La prospérité du Canada dépend en grande partie des nouveaux arrivants.

Enfin, l’une des principales excuses de la mauvaise expérience client d’IRCC et d’ESDC est que les volumes de demandes ont atteint des sommets inégalés. Les volumes étant appelés à diminuer à la suite de l’annonce d’aujourd’hui, on peut s’attendre à ce que les deux services soient en mesure d’atteindre leurs normes de service en matière de demandes à l’avenir.

Analyse connexe par l’ACAI

Devenez membre maintenant

Rejoignez une communauté croissante d'avocats, universitaires et étudiants en droit spécialisés dans l'immigration au Canada.

Nos derniers articles