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Le Canada modifie son programme de travailleurs étrangers temporaires pour faire face aux pénuries de main-d’œuvre

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Cet article a été rédigé par Bill MacGregor, avocat spécialiste de l’immigration canadienne, GowlingWLG (Canada) LLP.

Le 4 avril, le Canada a présenté la Feuille de route pour des solutions en matière de main-d’œuvre du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET), afin de remédier aux pénuries de main-d’œuvre. Les changements apportés au PTET aideront les employeurs canadiens à répondre à leurs besoins en ressources humaines, leur offriront une plus grande souplesse d’accès au PTET et pourraient alléger la pression administrative exercée par le PTET sur ESDC en réduisant la fréquence de certaines demandes.

Les changements apportés au PTET sont les suivants :

  • La période de validité d’une évaluation de l’impact sur le marché du travail (EIMT) passera temporairement de 9 à 18 mois.

Pour utiliser le PTET, un employeur doit d’abord obtenir une EIMT de l’ESDC après avoir testé le marché du travail en essayant de trouver un candidat canadien ou résident permanent (RP). Si l’ESDC délivre le LMIA, celui-ci doit être utilisé pour demander un permis de travail pendant sa période de validité.

Ce changement offre aux employeurs une plus grande flexibilité et un délai plus long pour faire appel aux talents des travailleurs étrangers. Elle sera particulièrement utile aux employeurs qui ont besoin de faire venir un grand nombre de travailleurs étrangers pour faire face à des pénuries de main-d’œuvre, ou lorsque l’entreprise peut anticiper un besoin à grande échelle (peut-être pour un projet) et choisit d’obtenir des LMIA sans nom afin de pouvoir ensuite recruter des travailleurs étrangers sur une période de dix-huit mois.

  • Les LMIA (Global Talent Stream) et les LMIA (High-Wage Stream) donneront désormais lieu à des permis de travail d’une durée de trois ans, contre deux ans auparavant.

Ce changement tient compte du fait qu’en raison des retards croissants pris par IRCC pour inviter les candidats à l’entrée express à demander le statut de résident permanent et pour traiter les demandes de statut de résident permanent, de nombreux travailleurs temporaires relevant de ces filières ne peuvent plus obtenir le statut de résident permanent avant l’expiration de leur permis de travail de deux ans.

Un permis de travail de trois ans vous permettra de le faire, sans avoir à mobiliser les ressources de l’ESDC et de l’IRCC en devant demander un nouveau LMIA/permis de travail avant d’obtenir le statut de résident permanent.

  • Les règles relatives à la filière des bas salaires (LMIA) ont été assouplies à plusieurs égards. Cela aidera des secteurs tels que l’agriculture, la production alimentaire, le tourisme, les services de restauration, le commerce de détail et l’industrie manufacturière à faire face aux pénuries de main-d’œuvre.

Le plafond de 10 % de la proportion de travailleurs étrangers faiblement rémunérés pouvant être embauchés sur un site a été porté à 20 %. Et pendant un an, à 30 % pour les employeurs des secteurs de la fabrication de denrées alimentaires, de la fabrication de produits en bois, de la fabrication de meubles et de produits connexes, de l’hébergement et de la restauration, de la construction, des hôpitaux et des établissements de soins infirmiers et résidentiels.

L’exemption du plafond pour les industries saisonnières sera rendue permanente et permettra aux employeurs saisonniers d’embaucher des travailleurs étrangers à bas salaires pour une durée maximale de 270 jours sans avoir à tenir compte du plafond.

À partir du 30 avril, l’ESDC ne refusera plus de traiter les LMIA sur les bas salaires pour les employeurs des secteurs de l’hébergement et de la restauration ou du commerce de détail situés dans une région dont le taux de chômage est égal ou supérieur à 6 %.

L’annonce fait également référence à un renforcement futur des protections statutaires pour les travailleurs étrangers temporaires et des exigences de conformité des employeurs.

Dans l’ensemble, les changements sont bénéfiques pour les employeurs et les travailleurs étrangers temporaires.

Toutefois, il reste à voir quel sera l’effet sur les délais de traitement et sur la charge administrative du PTET. D’une part, l’augmentation de la durée de validité de l’EIMT et de la durée des permis de travail dans le cadre des volets SGT et Salaires élevés devrait se traduire par une diminution du nombre de demandes, étant donné que les demandes répétées pour le même travailleur étranger pourraient ne plus être nécessaires s’il peut obtenir le statut de résident permanent. D’autre part, il y aura une augmentation des demandes d’EMI pour les travailleurs à bas salaires auprès de l’ESDC et des demandes de permis de travail pour les travailleurs à bas salaires auprès de l’IRCC.

En outre, compte tenu des délais très longs de traitement des demandes de permis de travail dans de nombreux bureaux des visas, l’obtention d’une EIMT pour les bas salaires peut ne pas aider les employeurs à faire travailler les candidats sur le terrain au Canada en temps opportun, car le processus d’obtention du permis de travail peut prendre beaucoup de temps en fonction du pays de résidence du travailleur étranger.

Les détails de l’annonce sont disponibles ici : Document d’information sur les modifications apportées au PTET.

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