15 septembre 2022
Cher Monsieur Hallan :
Ce fut un plaisir de vous rencontrer le 29 août 2022. Nous vous remercions de nous avoir demandé nos commentaires sur la motion 44. Nous la soutenons et nous notons que tous les membres du Parlement ont voté en faveur de la motion 44.
Les commentaires qui suivent sont formulés dans l’espoir que l’intention de la motion 44 se concrétise dans son exécution.
a) « donner plus de poids à l’expérience professionnelle significative au Canada et élargir les catégories professionnelles éligibles et l’expérience professionnelle à différents niveaux de compétences »
Nous sommes d’accord pour dire que les étrangers ayant une expérience professionnelle au Canada devraient avoir plus de facilité à obtenir la résidence permanente puisqu’ils se sont déjà intégrés avec succès dans la société canadienne et sur le marché du travail.
Toutefois, cela ne devrait pas porter préjudice aux diplômés internationaux des établissements d’enseignement désignés qui ont passé des années au Canada et sont bien placés pour réussir au Canada.
Nous nous félicitons de la reconnaissance de la valeur des travailleurs à tous les niveaux de compétences et de la nécessité pour le Canada de faire face aux pénuries de main-d’œuvre aux niveaux C et D de la CNP.
b) « examiner les preuves et les données recueillies dans le cadre de programmes récents ».
Nous encourageons l’adoption d’une approche fondée sur les données et les preuves pour l’élaboration des lois et des politiques. Toutes les données et sources de données considérées devraient être partagées publiquement, conformément à l’engagement du gouvernement fédéral en matière de transparence, y compris, mais sans s’y limiter, les analyses avancées d’IRCC, Chinook et les outils similaires, Statistique Canada et le Programme des travailleurs étrangers temporaires.
Nous pensons que les données confirmeront ce que nous avons constaté dans nos pratiques : de nombreux ressortissants étrangers de valeur ayant une expérience professionnelle et/ou une formation au Canada ont été exclus en raison de leur casquette ou de leur profession.
c) « intégrer des données sur le marché du travail et les pénuries de compétences afin d’aligner les politiques … sur les pénuries de main-d’œuvre persistantes ».
Nous espérons que des données seront recueillies afin d’identifier les immigrants de valeur dont le niveau d’éducation, les résultats linguistiques ou l’âge ne répondent pas aux critères actuels, mais qui pourraient combler les lacunes du marché du travail, en particulier dans les secteurs des métiers et des services.
d) « évaluer les moyens d’accroître la répartition géographique de l’immigration et d’encourager la rétention des immigrants dans les petites communautés, ainsi que d’augmenter l’immigration francophone hors Québec ».
Nous sommes d’accord sur le fait que le gouvernement du Canada doit offrir des incitations compétitives pour surmonter l’attrait des grandes villes. Cela pourrait inclure
- Traitement accéléré pour répondre aux problèmes de rapidité de traitement des demandes d’immigration ;
- Exemption des frais de traitement de l’IRCC pour les professions en demande ;
- Des mesures d’adaptation en matière d’octroi de licences pour les professionnels très demandés, afin de résoudre les problèmes d’établissement liés à l’incapacité des organismes de réglementation à octroyer rapidement des licences aux nouveaux immigrants. Par exemple, le gouvernement du Canada pourrait encourager les organismes de réglementation à autoriser les cours et les tests à distance avant l’arrivée, ainsi qu’à créer une licence provisoire (similaire à la licence universitaire pour les médecins) pour combler la période entre l’arrivée d’un résident permanent et l’obtention des licences régulières, ce qui peut prendre des années.
L’immigration francophone à l’extérieur du Québec ne devrait pas exiger un NCLC 7, car ces immigrants n’auront pas besoin du français pour participer au marché du travail et s’intégrer à la communauté. L’abaissement du niveau des NCLC pour le Programme de mobilité des francophones (C16) et les demandes de résidence permanente pourrait contribuer à « soutenir la vitalité des communautés francophones en situation minoritaire ». Cela est particulièrement pertinent pour les professions dans certains secteurs du commerce, de l’hôtellerie et des services, où les lacunes du marché du travail pourraient être rapidement comblées par des personnes ayant un niveau modéré de compétence en français à la lecture ou à l’écriture.
e) « identifier des mécanismes permettant d’assurer la flexibilité des outils de sélection des immigrants afin de réagir plus rapidement à l’évolution des besoins du marché du travail et des priorités économiques régionales ».
Nous convenons qu’IRCC devrait mettre en œuvre des mécanismes lui permettant de modifier ses programmes sans délai afin de refléter les changements économiques et ceux du marché du travail. Il semble que cela sera possible grâce aux tirages au sort spécifiques à une profession ou à une région, envisagés dans le cadre des modifications à venir des systèmes d’entrée express.
Les programmes ponctuels, comme le programme de passage de la résidence temporaire à la résidence permanente (2021), pourraient être spécifiques à une région et à un groupe de la CNP (par exemple, la grande catégorie professionnelle de la CNP telle que » 7 » pour les métiers ou, de manière plus étroite, les premier et deuxième chiffres de la CNP pour la catégorie professionnelle et le niveau de compétence).
La documentation requise pourrait également être simplifiée.
- Toute preuve raisonnable attestant des compétences et de l’expérience pour les professions pour lesquelles l’obtention d’une licence n’est pas obligatoire. Souvent, les candidats ne peuvent pas obtenir la lettre d’expérience obligatoire de l’employeur ou, du moins, ne peuvent pas en obtenir une qui contienne tous les éléments requis. Il y a un manque de clarté quant à ce qui est acceptable à l’heure actuelle.
- Ne pas exiger de preuve d’éducation lorsque l’éducation n’est pas une exigence pour effectuer le travail, par exemple pour les professions peu qualifiées.
f) « envisager spécifiquement les professions et les secteurs essentiels qui sont sous-représentés dans les programmes actuels d’immigration économique, tels que les services de santé, les aides-soignants, l’agriculture, l’industrie manufacturière, l’industrie des services, les métiers et les transports ».
Le programme pilote agroalimentaire est limité et sera bientôt clôturé. Le secteur agricole a besoin que ce programme soit régularisé et élargi pour répondre à ses besoins.
Le programme actuel pour les aidants ne répond pas aux besoins des Canadiens en matière d’aide à la prise en charge d’eux-mêmes et de leurs proches, car 1) peu de demandes sont traitées, 2) le traitement est lent et 3) le plafond est loin de répondre à la demande.
Nous saluons l’adoption de permis de travail ouverts spécifiques à un secteur pour ces professions, qui constitue une étape vers la réduction du risque d’exploitation et du risque de préjudice financier en empêchant les travailleurs de passer rapidement d’un employeur à l’autre. Nous encourageons le gouvernement à délivrer des permis de travail spécifiques à un secteur pour toutes les professions peu qualifiées qui sont en demande.
L’expérience canadienne devrait être le seul critère d’accès à la résidence permanente, afin d’éliminer tous les obstacles pour ces travailleurs qui auront prouvé qu’ils répondent aux besoins du marché du travail canadien.
Nous sommes satisfaits de la motion 44 et du soutien qu’elle reçoit. Nous espérons que les questions que nous soulevons ci-dessus contribueront à sa mise en œuvre efficace.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes sentiments distingués,
Marina Sedai
Au nom du Comité de pilotage de l’ACAI


