Cet article a été rédigé par Samanta Garcia Fialdini, collaboratrice au sein du cabinet Corporate Immigration Law Firm.
En 2015, le Canada a modifié le Règlement sur l’immigration et la protection des réfugiés (RIPR) pour introduire l’autorisation de voyage électronique (AVE). L’AVE est un document électronique requis pour la plupart des voyageurs aériens exemptés de visa à destination du Canada, ainsi que pour ceux qui transitent par le Canada par voie aérienne, à l’exception des citoyens américains et de quelques autres personnes qui sont exemptées de l’obligation d’obtenir une AVE. Depuis le 26 avril 2022, le règlement a été modifié afin d’exempter également les résidents permanents légitimes des États-Unis (RPPLU) qui sont citoyens de pays qui, autrement, exigeraient un visa. Ces derniers devront toujours présenter une preuve de leur statut de USLPR et un document de voyage valide de leur pays de nationalité avant d’embarquer sur un vol et aux points d’entrée au Canada.
Toutefois, les demandeurs suivants ne peuvent pas demander d’eTA et doivent demander un autre document d’entrée pour visiter le Canada :
- Les personnes jugées inadmissibles, telles que celles qui ont fait l’objet de condamnations pénales antérieures visées par la loi sur l’immigration et la protection des réfugiés (LIPR), notamment pour conduite en état d’ébriété ou pour des délits liés au cannabis, et celles qui ont déjà détenu une eTA et font ensuite l’objet d’un rapport sur l’inadmissibilité ou se voient délivrer un permis de séjour temporaire pour surmonter l’inadmissibilité, ne sont pas autorisées à détenir une eTA. Lors de l’évaluation de l’admissibilité, les agents ont toutefois pour instruction de renvoyer les cas importants dont le dossier comporte une interdiction de territoire connue à un agent à l’étranger pour un examen manuel, qui doit être effectué en consultation avec le service de gestion des cas d’IRCC afin de déterminer si la personne peut bénéficier d’une AVE d’intérêt public, d’une AVE d’intérêt national ou d’un permis de séjour temporaire d’intérêt national.
- Les personnes dont le visa de résident temporaire, le permis de travail ou le permis d’études a déjà été refusé au motif qu’il était peu probable qu’elles quittent le Canada à la fin de leur séjour autorisé ne peuvent plus être titulaires d’une AVE et peuvent voir leur AVE précédemment délivrée annulée ou inactivée.
- Les demandeurs qui ont déjà reçu une eTA et qui ont ensuite retiré leur demande d’entrée au Canada lors du contrôle effectué par un agent au point d’entrée, ou qui font l’objet d’une mesure d’éloignement, ne peuvent pas non plus être titulaires d’une eTA.
- Une personne qui a fait l’objet d’une déclaration du ministre de l’immigration selon laquelle elle ne peut pas devenir un résident temporaire dans les cas où le ministre estime que cela est justifié par des considérations de politique publique, ne peut pas demander une eTA ou un visa pour une période allant jusqu’à 36 mois.
- Les apatrides ne peuvent pas demander d’eTA et doivent demander un visa de visiteur pour entrer au Canada.
- Les demandeurs qui deviennent des résidents permanents (RP) du Canada ne sont pas autorisés à demander une eTA. Les demandes d’eTA des RP canadiens peuvent soit être exclues du processus automatisé s’ils semblent être des RP, soit être examinées manuellement par un agent qui doit ensuite contacter le demandeur pour déterminer s’il souhaite renoncer à son statut ou non si cela n’est pas clair. Pour voyager et pouvoir revenir au Canada, les RP canadiens ont besoin d’une carte de résident permanent valide ou d’un titre de voyage de résident permanent qui n’est généralement valable que pour une seule entrée.
- Les citoyens canadiens, y compris ceux qui sont nés à l’étranger et qui possèdent la double nationalité, ne peuvent pas demander d’eTA pour se rendre au Canada et ont besoin d’un passeport canadien valide pour entrer dans le pays. Les personnes qui n’ont pas de passeport canadien et dont le vol vers le Canada est prévu dans moins de 10 jours peuvent demander une autorisation spéciale. Si elles remplissent les critères d’admissibilité - notamment une preuve de citoyenneté et un passeport non canadien valide provenant d’un pays dispensé de visa - et que leur demande est approuvée, cette autorisation leur permettra d’embarquer sur leur vol et ne sera valable que pendant quatre jours à compter de la date du voyage. Les personnes possédant la double nationalité canado-américaine n’ont besoin que d’un seul de leurs passeports pour se rendre au Canada, mais il leur est recommandé de voyager avec les deux.


