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Permis d’études canadiens : Des améliorations sont possibles

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Cet article a été rédigé par Joshua Schachnow, PDG et avocat spécialisé dans l’immigration canadienne chez Visto.ai.

Ces dernières années, le nombre de demandes de permis d’études et d’étudiants étrangers venant au Canada a explosé. Pour mettre les choses en perspective, les données d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) montrent que le nombre de titulaires de permis d’études a plus que doublé, passant de 219 035 titulaires de permis d’études en 2015 à 458 650 en 2022.

Cette augmentation importante s’accompagne de nombreux effets secondaires - bons et mauvais. Un grand nombre de jeunes motivés et enthousiastes à l’idée d’entamer la prochaine étape de leur carrière éducative au Canada, un coup de fouet à notre économie, une réserve de talents, et bien plus encore.

Mais elle suscite aussi des inquiétudes. L’augmentation du nombre de demandes s’accompagne d’une augmentation du nombre de refus. Le programme de permis d’études - et tous les étudiants en herbe et leurs avocats qui tentent de s’y retrouver - pourrait grandement bénéficier d’un resserrement et d’une clarification des exigences afin d’améliorer la qualité des demandes, de réduire les retards et les délais de traitement et, espérons-le, de rendre les demandes plus prévisibles.

Première partie : Contradiction dans les liens avec l’exigence du pays d’origine

L’une des principales conditions d’obtention d’un permis d’études est de prouver l’existence de liens avec votre pays d’origine, ce qui signifie que vous devez démontrer votre intention de retourner dans votre pays d’origine après avoir terminé vos études au Canada. Malheureusement pour les candidats, cette exigence est en contradiction avec l’un des principaux avantages de venir étudier au Canada, à savoir la possibilité de rester ici et de s’y installer.

Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) dispose de programmes tels que le Permis de travail post-diplôme (PGWP) qui permet à de nombreux étudiants de travailler au Canada pendant une période pouvant aller jusqu’à trois ans après l’obtention de leur diplôme, ce qui donne aux étudiants la possibilité d’acquérir une expérience professionnelle et de commencer leur carrière au Canada. Pour ceux qui souhaitent obtenir la résidence permanente (RP), IRCC a également créé, développé et continue d’améliorer les programmes de RP qui tendent à être plus faciles pour les diplômés internationaux au Canada - comme Entrée express, le Programme des candidats des provinces et, au milieu de Covid, le programme TR vers RP.

Cette contradiction peut être source de confusion et de travail inutile pour les étudiants étrangers et les professionnels avec lesquels ils peuvent travailler. D’une part, les étudiants peuvent faire tout leur possible pour renforcer les liens avec leur pays d’origine en investissant dans l’immobilier, en omettant les membres de leur famille dans leur demande, etc. Pourtant, IRCC a clairement fait savoir - par le biais de ses programmes et de son marketing dans les pays étrangers - que le Canada est une destination idéale pour étudier et éventuellement s’installer.

En adaptant les exigences relatives à la preuve des liens avec votre pays d’origine, IRCC évitera aux demandeurs de faire des investissements importants et inutiles et de passer du temps loin des membres de leur famille, tout en s’alignant sur les programmes déjà en place.

Deuxième partie : manque de clarté des exigences relatives aux documents

Les demandes de permis d’études se composent généralement de deux types de documents : les formulaires créés par IRCC et une liste de pièces justificatives. La liste des formulaires et des pièces justificatives peut varier en fonction du pays depuis lequel vous faites votre demande, du fait que vous la soumettiez en ligne ou non, de votre âge, des membres de votre famille, etc.

Malheureusement, les instructions d’IRCC ne sont pas toujours claires et, en particulier pour un étudiant qui fait sa demande seul, elles peuvent créer au mieux de la confusion et au pire un rejet rapide du visa.

Par exemple, le site web d’IRCC mentionne la nécessité d’une « lettre d’explication » comme document obligatoire. Mais si vous décidez d’introduire votre demande en ligne par l’intermédiaire de votre propre compte, la lettre d’explication n’est pas mentionnée dans la liste de contrôle des documents qu’IRCC génère pour vous :

En effet, c’est à l’étudiant de savoir que des documents comme celui-ci sont nécessaires et il les inclut (avec un peu de chance) dans un autre emplacement de document, comme l’option Informations sur le client au bas de l’écran.

Si vous lisez le « Guide 5269 - Demande de permis d’études à l’extérieur du Canada » sur le site Web d’IRCC, vous ne trouverez aucune mention d’une lettre d’explication, pas plus que vous ne la trouverez sur le formulaire IMM 5483 F : Liste de contrôle des documents - Pour un permis d’études.

Le formulaire de renseignements familiaux, l’un des nombreux formulaires exigés par IRCC dans le cadre de la demande de permis d’études, peut également prêter à confusion. Sur la capture d’écran ci-dessus, vous remarquerez que le portail demande le formulaire IMM 5645, alors que la liste de contrôle IMM 5483 (lien ci-dessus) demande le formulaire 5707 (oui, il y a deux versions différentes) et qu’il en va de même pour de nombreuses instructions des bureaux des visas des principales sources d’étudiants étrangers au Canada (par exemple, les instructions des bureaux d’Abu Dhabi et de Manille demandent spécifiquement le formulaire IMM 5707).

Bien que certains puissent soutenir que les exigences relatives aux demandes en ligne sont différentes de celles des demandes sur papier, pourquoi le site Web d’IRCC me guide-t-il vers le formulaire IMM 5483 et les instructions du bureau des visas, qui suggèrent tous deux le formulaire IMM 5707, alors que le portail en ligne invite ce même étudiant à utiliser le formulaire IMM 5645 ?

Comment aller de l’avant ?

Je ne veux pas brosser un tableau morose - au cours des dernières décennies, IRCC a créé, lancé, développé et amélioré de nombreux programmes d’immigration de qualité, et le Canada figure sans conteste en tête de liste des pays où les gens veulent immigrer - en tant qu’étudiant ou autre.

Mais des améliorations sont encore possibles. Si IRCC peut commencer par supprimer ses exigences contradictoires en matière de liens avec le domicile et mieux synchroniser les exigences en matière de documents pour les différents types de demandes de permis d’études, les demandeurs et les professionnels réglementés avec lesquels ils travaillent en bénéficieront grandement.

Cela permettra non seulement d’améliorer la qualité des demandes et de réduire le nombre de rejets, mais aussi de soulager les centres de traitement d’IRCC, de réduire l’arriéré et d’améliorer le processus d’immigration canadien pour tout le monde.

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