Cet article a été rédigé par Peter Salerno, avocat spécialiste de l’immigration canadienne, et publié à l’origine sur le site web de Green & Spiegel Immigration Law.
Recevoir un refus d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada, communément appelé IRCC, peut être stressant, décevant et déroutant. Que le refus concerne un visa de visiteur, un permis d’études, un permis de travail, une demande de parrainage, une demande de résidence permanente ou toute autre question liée à l’immigration, les demandeurs se posent souvent la même question : que se passe-t-il ensuite ? Que dois-je faire ?
La réponse dépend du type de demande refusée, des raisons du refus, du lieu où la décision a été prise et de l’existence d’un droit d’appel ou d’une possibilité de contester la décision d’IRCC devant la Cour fédérale du Canada.
Un refus n’est pas toujours la fin de la procédure d’immigration. Dans de nombreux cas, les demandeurs peuvent avoir des options, notamment demander un réexamen, déposer une nouvelle demande et/ou contester la décision.
Comprendre pourquoi la demande a été refusée
La première étape après avoir reçu un refus d’IRCC est d’examiner attentivement la lettre de refus.
Parfois, la lettre de refus fournit des raisons détaillées, tandis que dans d’autres cas, la manière dont le décideur d’IRCC est parvenu à sa décision de refuser la demande en question n’est pas claire, en particulier si l’on considère ce qui était inclus dans la demande.
Depuis juillet 2025, la plupart des lettres de refus des demandes de statut de résident temporaire seront accompagnées d’une autre lettre appelée Notes de décision de l’agent (« ODN »), qui peut, dans certains cas, fournir aux demandeurs des détails supplémentaires sur le refus.
Les motifs de refus les plus courants sont les suivants
- l’objet du voyage du demandeur ;
- le soutien financier ;
- des liens familiaux, professionnels ou économiques avec leur pays de résidence ;
- si le demandeur quittera le Canada à la fin de son séjour autorisé ;
- les questions d’admissibilité, y compris la criminalité, l’inadmissibilité médicale ou les fausses déclarations ;
- si le demandeur répond aux critères d’éligibilité du programme d’immigration spécifique ; ou
- des pièces justificatives insuffisantes ou incohérentes.
Outre l’examen de la lettre de refus et de l’ODN, il peut être utile, dans les cas plus complexes et pour les questions moins délicates, de demander les notes internes du décideur d’IRCC et l’historique du traitement de la demande en vertu de la loi sur l’ accès à l’information et/ou de la loi sur la protection de la vie privée.
Option 1 : Demande de réexamen
En fonction des raisons du refus, il peut être préférable de demander à IRCC de réexaminer la décision.
Une demande de réexamen est généralement utilisée lorsqu’il y a de bonnes raisons de penser que le décideur d’IRCC a commis une erreur manifeste, qu’il a négligé des éléments de preuve importants et/ou qu’il a mal compris les faits.
Il est important de noter qu’IRCC n’est pas tenu de rouvrir chaque demande refusée simplement parce qu’un demandeur n’est pas d’accord avec le résultat et demande un réexamen. C’est pourquoi une demande de réexamen doit être ciblée, fondée sur des preuves et soumise rapidement après la décision.
Un réexamen peut s’avérer opportun lorsque, à titre d’exemple :
- des documents clés ont été inclus dans la demande mais semblent avoir été oubliés ;
- les motifs de refus sont fondés sur une erreur factuelle ;
- l’agent a mal compris la situation du demandeur ; et/ou
- le refus peut être pris en compte sans qu’il soit nécessaire d’introduire une nouvelle demande.
Lorsqu’il n’est pas conseillé de demander un réexamen, les demandeurs doivent envisager de déposer une nouvelle demande, voire de contester la décision. La stratégie à adopter dépendra de plusieurs facteurs, notamment de la nature du refus, de l’urgence de la question, des délais applicables et de la solidité de la demande sous-jacente.
Option 2 : Nouvelle demande
Le simple fait de soumettre à nouveau la même demande, avec les mêmes documents et la même explication, aboutira souvent au même résultat.
Une nouvelle demande doit être envisagée lorsque le demandeur peut directement répondre aux motifs initiaux de refus. Par exemple, IRCC a peut-être conclu que les fonds étaient insuffisants lors de l’évaluation d’une demande de visa de visiteur canadien, et le demandeur n’a joint que certains de ses relevés bancaires, mais pas tous. Dans ce cas, il peut être judicieux de présenter une nouvelle demande en fournissant les preuves supplémentaires qui répondent directement au motif de refus de la demande précédente.
De même, une demande de permis d’études refusée peut nécessiter un plan d’études plus convaincant, des preuves plus claires du soutien financier et une meilleure explication des raisons pour lesquelles les études proposées sont justifiées à la lumière des antécédents du demandeur et de ses projets d’avenir.
Un demandeur qui dépose une nouvelle demande sans aborder de manière significative les raisons du refus précédent risque de se voir opposer un autre refus et de rendre les demandes futures plus difficiles.
Option 3 : contester le refus
Le forum approprié pour contester une décision de refus dépend du type de demande, de la nature du refus et de l’existence ou non d’un droit de recours légal.
Pour certains refus de résidence permanente, par exemple, y compris certains refus de parrainage familial, il peut y avoir un droit d’appel auprès de la Section d’appel de l’immigration (« IAD »). Dans ces cas, l’appel peut permettre au sponsor de contester le refus et, selon le type de cas, de présenter des preuves supplémentaires et des considérations d’ordre humanitaire.
Pour les autres refus, y compris la plupart des refus de séjour temporaire et de nombreux refus de séjour permanent pour des raisons économiques, le recours possible est généralement une demande d’autorisation et de contrôle judiciaire auprès de la Cour fédérale du Canada. Le contrôle judiciaire n’est pas une nouvelle demande ni un appel complet. La Cour examine si le décideur a pris une décision raisonnable, équitable sur le plan de la procédure et conforme à la loi.
Les appels devant la SAI et les requêtes devant la Cour fédérale sont soumis à des délais stricts. C’est pourquoi les demandeurs doivent demander conseil rapidement après avoir reçu un refus afin de déterminer si la décision peut être contestée, où elle doit l’être et si c’est la meilleure stratégie à adopter dans les circonstances.
Principaux enseignements
Un refus d’IRCC peut sembler définitif, mais ce n’est peut-être qu’une étape du processus. L’essentiel est de réagir de manière stratégique. Comprendre les raisons du refus, identifier les recours légaux disponibles et agir dans les délais impartis peut faire une différence significative.
Qu’il s’agisse d’une demande de réexamen, d’une nouvelle demande plus solide ou d’une contestation de la décision, la réponse doit être adaptée aux faits spécifiques de l’affaire.


