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Suppression des points d’offre d’emploi d’Entrée express : Le bon, la brute et le truand

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Cet article a été rédigé par Igor Kyryliuk, avocat spécialisé en droit de l’immigration au Canada, et publié à l’origine sur le site web de Holthe Immigration Law.

Le 17 décembre 2025, le ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration, Marc Miller, a fait une déclaration :

« Nous mettons en œuvre d’autres mesures qui renforceront l’intégrité du programme et réduiront les fraudes potentielles en matière de LMIA, telles que la suppression des points supplémentaires que les candidats reçoivent dans le cadre d’Entrée express pour avoir une offre d’emploi… Cette mesure devrait supprimer l’incitation pour les candidats à acheter un LMIA, ce qui aura pour effet d’accroître l’équité et l’intégrité du système ».

Trois mois plus tard, le 25 mars 2025, IRCC a tenu sa promesse et a supprimé les points d’emploi réservé pour les candidats à l’entrée express. Mais voici le problème : les points pour l’offre d’emploi ont maintenant disparu non seulement pour les titulaires d’un LMIA (l’origine du problème), mais aussi pour ceux qui travaillent avec un permis de travail exempté de LMIA.

Pourquoi les points de l’offre d’emploi étaient-ils si importants ?

Après que la pandémie de COVID-19 a bouleversé le monde et qu’IRCC s’est concentré sur les demandeurs résidant au Canada, la concurrence pour l’obtention d’une ITA est devenue brutale. Les candidats ont dû faire face à des dizaines de milliers d’anciens étudiants étrangers qui détenaient un avantage considérable : celui d’être au Canada avec un diplôme canadien et une expérience de travail qualifié au Canada.

Les candidats à l’entrée express ayant une offre d’emploi valide recevaient auparavant 50 ou 200 points CRS supplémentaires, en fonction du niveau TEER de l’emploi proposé. Une offre d’emploi de niveau TEER 0 dans un grand groupe 00 (cadres et dirigeants) donnait droit à 200 points CRS, tandis que les autres niveaux TEER qualifiés donnaient droit à 50 points.

Dans le bassin d’Entrée express, où la concurrence est féroce et où chaque point de SIR peut faire ou défaire un CTI, ce coup de pouce de l’offre d’emploi a été une bouée de sauvetage. Il était particulièrement crucial pour les candidats dont les scores en matière de capital humain étaient faibles - ceux qui n’avaient pas fait d’études ou n’avaient pas d’expérience professionnelle au Canada, ou qui perdaient des points en raison de leur âge. En bref, les points de l’offre d’emploi sont devenus le billet d’or pour la résidence permanente au Canada.

Les types d’offres d’emploi : LMIA ou LMIA-exempt ?

Seules des offres d’emploi spécifiques permettent d’obtenir des points pour l’emploi réservé. Pour obtenir ces points, les candidats doivent

  • Avoir une offre d’emploi d’un employeur qui a obtenu une EIMT nominative, précisant le nom et le poste du candidat.

  • Travailler au Canada avec un permis de travail spécifique à l’employeur basé sur l’EIMT, avoir une offre d’emploi du même employeur et confirmer la poursuite de l’emploi pendant au moins un an après être devenu résident permanent.

  • Détenir un permis de travail spécifique à l’employeur exempté de l’accord LMIA (comme un ICT WP ou un C10 WP), travailler pour le même employeur pendant au moins un an, et avoir une offre d’emploi confirmant l’emploi pendant au moins un an après l’obtention de la RP.

Le problème des LMIA et des points d’emploi réservé

Il n’a jamais été facile de trouver un employeur disposé à suivre la procédure LMIA, à payer 1000 dollars canadiens de frais et à procéder à un recrutement rigoureux. Pire encore, la complexité du processus et la forte demande d’offres d’emploi ont créé un terrain propice à la fraude.

Trop souvent, les employeurs s’associent à des professionnels de l’immigration pour vendre des offres d’emploi et des EIMT. Nous avons vu des cas où des ressortissants étrangers ont payé 20 000 dollars canadiens ou plus (le record étant de 70 000 dollars canadiens) pour une offre d’emploi. L’escroquerie était simple :

  1. Les employeurs prétendaient qu’aucun citoyen canadien ou résident permanent ne s’était porté candidat ou avançaient de fausses raisons pour expliquer que les candidats ne répondaient pas aux critères du poste.

  2. Après avoir manipulé les résultats du recrutement, ils soumettaient la demande d’AEMT.

  3. Une fois leur demande approuvée, ils trouveront quelqu’un prêt à payer une somme importante pour avoir la possibilité de travailler au Canada et d’obtenir ces points CRS supplémentaires cruciaux.

Ce système a prospéré. Les employeurs ont exploité les travailleurs en leur demandant des sommes énormes et en les sous-payant souvent par rapport à ce qui était déclaré dans l’offre d’emploi. Nous avons entendu beaucoup trop d’histoires d’employeurs qui gonflaient les salaires pour pouvoir bénéficier d’un accord sur les salaires élevés, puis demandaient aux travailleurs de rembourser une partie de leur salaire en espèces.

Pendant ce temps, les candidats honnêtes continuaient à se battre pour trouver un emploi légitime. La procédure LMIA étant si difficile et si longue, les employeurs honnêtes qui respectent les règles sont souvent désavantagés par rapport à ceux qui sont prêts à les contourner ou à les enfreindre.

Pourquoi les points relatifs à l’emploi réservé ont-ils été supprimés ?

Revenons à la déclaration de décembre du ministre Miller :

« Nous mettons en œuvre de nouvelles mesures qui renforceront l’intégrité du programme et réduiront les fraudes potentielles dans le cadre de l’EIMT.… Cette mesure devrait Cette mesure devrait supprimer l’incitation des candidats à acheter un LMIAce qui renforcera l’équité et l’intégrité du système ».

Le raisonnement est clair : la fraude endémique dans le cadre du LMIA et la volonté d’uniformiser les règles du jeu pour tout le monde. Cependant, le message entre les lignes laisse entrevoir autre chose : le gouvernement n’a pas trouvé d’autre solution au problème que de supprimer l’ensemble de la structure d’incitation. Si vous ne pouvez pas y remédier (ou l’appliquer), supprimez-la.

Dommages collatéraux et impact sur l’économie canadienne

D’accord, nous comprenons - les points de l’offre d’emploi ont été supprimés afin d’accroître l’équité et de réduire la fraude. Mais pourquoi ont-ils également été supprimés pour les personnes titulaires d’un permis de travail exempté de l’accord LMIA, comme les personnes transférées à l’intérieur d’une entreprise (ICT) ou les titulaires d’un permis de travail C10 avec avantages importants ? Y a-t-il eu fraude dans ces cas-là également ?

Les personnes les plus durement touchées par cette décision sont les cadres supérieurs, les gestionnaires qualifiés et les professionnels spécialisés, ceux qui ont plus de 30 ans et qui perdent déjà des points en raison de leur âge. Ce sont précisément les personnes dont le Canada a besoin pour relever efficacement les défis économiques et maintenir sa compétitivité dans un contexte de pressions sur les marchés mondiaux et de guerre tarifaire avec les États-Unis.

Dans sa hâte de s’attaquer à la fraude liée à l’EIMT, le gouvernement semble avoir raté sa cible. En supprimant les points d’offre d’emploi pour tout le monde, il a involontairement ciblé certains des talents les plus précieux dont le Canada a besoin à l’heure actuelle. Au lieu de résoudre le problème à la base, il a adopté une approche générale, sacrifiant au passage des offres d’emploi légitimes et des talents qualifiés.

Conclusion : Le bon, la brute et le truand

La suppression des points de l’offre d’emploi pour l’entrée express n’était pas sans raison, et il y a des arguments valables à faire valoir à ce sujet. Le bon côté des choses ? Il s’agit d’une tentative d’assainissement d’un système défaillant et entaché de fraudes, en envoyant un message clair selon lequel le détournement du système d’immigration ne sera pas toléré. Le mauvais ? La décision est trop simpliste et ne fait pas la différence entre les offres d’emploi légitimes et les offres d’emploi frauduleuses, frappant les travailleurs et les entreprises honnêtes tout aussi durement que ceux qui jouaient avec le système. Et la laideur ? L’économie et la compétitivité mondiale du Canada sont désormais menacées, car les talents que nous devrions attirer sont entraînés dans les dommages collatéraux.

En fin de compte, si l’objectif d’une plus grande intégrité est louable, le manque de nuance de cette décision a créé une nouvelle série de défis - des défis qui pourraient faire payer au Canada un prix élevé en termes de talents et de leadership.

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