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Le Canada doit-il donner la priorité aux étudiants étrangers dans le domaine des STIM ?

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Cet article d’opinion a été rédigé par Randolph K. Hahn, associé, Farrell LLP.

J’ai lu avec intérêt l’article intitulé  » L’extension des permis de travail post-diplôme pour les écoles professionnelles n’est pas nécessaire ».

Mon ami Sergio Karas, l’un des coauteurs, a soulevé quelques points de manière caractéristique, solide et sans équivoque, au sujet d’une éventuelle extension du programme de permis de travail post-universitaire (PGWPP). Les points soulevés méritent une réponse. Bien entendu, les opinions exprimées ci-dessous n’engagent que moi et ne reflètent en aucun cas la position officielle de la Canadienne des Avocats en Immigration ou de l’un de ses membres.

Sergio et son co-auteur Reeva Goel suggèrent que le PGWPP présente des lacunes. Ils avancent un certain nombre d’arguments, dont les suivants :

  • Il n’y a aucune garantie que les personnes qui accèdent au programme, après avoir généralement payé des frais importants en tant qu’étudiants étrangers, seront en mesure d’obtenir le statut de résident permanent.
  • Les établissements d’enseignement supérieur sont incités à accueillir le plus grand nombre possible d’étudiants étrangers, quelle que soit la facilité avec laquelle ces étudiants peuvent obtenir le statut de résident permanent.
  • Les consultants peu scrupuleux et les consultants non agréés ont trop d’occasions de profiter du système.

Compte tenu de ce qui précède, pourquoi étendre le programme de manière à ce que les établissements d’enseignement professionnel privés puissent y participer ?

En outre, ils affirment qu’il existe un décalage entre les besoins du marché du travail et la disponibilité des travailleurs. Ils affirment que les étudiants étrangers ne possèdent pas les compétences linguistiques nécessaires et qu’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) « devrait donner la priorité aux étudiants étrangers qui poursuivent des études dans les disciplines des sciences, de la technologie, de l’ingénierie, des mathématiques et de l’informatique (« STEM ») ou des apprentissages dans les métiers, plutôt qu’à ceux qui étudient les affaires, les sciences humaines, la santé, les arts, les sciences sociales et l’éducation (PHASE) et qui n’ont peut-être pas de bonnes perspectives d’emploi ».

Pour aborder certains de ces points, commençons par la loi. Elle peut être large, sujette à des interprétations erronées ou appliquée de manière inégale, mais c’est l’autorité en vertu de laquelle les divers programmes et politiques sont établis. L’article 3 de la loi sur l’immigration et la protection des réfugiés (LIPR) énonce douze objectifs pour l’immigration au Canada. Le premier est de « permettre au Canada de tirer de l’immigration des avantages d’ordre social, culturel (c’est nous qui soulignons) et économique ». Le deuxième objectif est « d’enrichir et de renforcer le tissu social et culturel de la société canadienne…. »

Les législateurs qui ont adopté la LIPR ont compris que l’immigration ne se résume pas à essayer d’anticiper les besoins du marché du travail. De nombreux Canadiens accomplis, qui ne sont pas simplement des diplômés des STEM, sont venus ici et ont apporté une contribution significative aux arts, à la culture et aux affaires du Canada. Les avantages économiques d’une certaine initiative peuvent être importants, mais ils ne sont pas concluants. Comme l’a dit le poète et romancier Robert Graves, « il n’y a pas d’argent dans la poésie, mais il n’y a pas non plus de poésie dans l’argent ».

En outre, il peut être très difficile d’anticiper les besoins du marché à un moment donné ; le temps que la lourde machinerie bureaucratique examine certaines données et y réponde, les besoins du marché du travail peuvent avoir changé de manière significative.

Par exemple, une pénurie perçue d’ingénieurs à un moment donné peut être suivie d’un chômage ou d’un sous-emploi des ingénieurs. En outre, il existe déjà des programmes, par exemple le Global Talent Stream, qui donne la priorité à ceux qui ont des offres d’emploi dans certains domaines. Pourquoi faut-il dire aux futurs étudiants étrangers que le Canada ne s’intéresse pas à eux s’ils n’étudient pas une certaine discipline ? S’ils viennent au Canada en tant qu’étudiants étrangers, ils peuvent bénéficier d’une transition vers la résidence permanente grâce au PGWPP, mais il n’y a aucune garantie qu’ils se qualifieront en tant que résidents permanents. Pourquoi ne pas leur donner la possibilité de chercher un emploi et de passer ensuite au statut de résident permanent ? En règle générale, ces personnes ne peuvent prétendre au statut de résident permanent que si elles ont une expérience professionnelle qualifiée au Canada, et si c’est le cas, elles ont montré qu’elles pouvaient s’intégrer dans le monde du travail. S’ils ne sont pas en mesure d’acquérir une expérience professionnelle au Canada en tant que travailleur qualifié, il est peu probable qu’ils puissent prétendre à la résidence permanente. Il semble logique de donner la priorité à ceux qui sont déjà au Canada. Il ne s’agit pas d’évincer d’autres travailleurs ou immigrants potentiels. Ces personnes peuvent toujours se qualifier pour venir au Canada en tant que travailleurs temporaires et ensuite (si elles remplissent les conditions requises) passer au statut permanent de la même manière que les titulaires d’un permis de travail de troisième cycle.

Quant à l’inquiétude concernant les capacités linguistiques, rien ne prouve que les personnes travaillant dans les disciplines STIM soient plus à même de travailler dans l’une ou l’autre des langues officielles du Canada.

Sergio et Reeva soulignent également les mesures incitatives qui permettent aux universités ou aux établissements d’enseignement supérieur de recruter des étudiants étrangers pour renforcer leur position financière sans tenir compte de l’intérêt supérieur des futurs étudiants. Ils sont sceptiques quant à l’extension de ces possibilités aux écoles professionnelles. Ce sont là de bons points qui méritent d’être pris en considération. Il peut s’avérer nécessaire d’insister sur la nécessité d’envoyer des messages clairs aux futurs étudiants étrangers concernant la facilité avec laquelle ils peuvent ou non obtenir le statut de résident permanent. Et il y a peut-être de bonnes raisons de jeter un regard sceptique sur la question de savoir si les diplômés des établissements d’enseignement professionnel privés devraient pouvoir bénéficier des avantages liés à l’accès au programme de protection des droits de l’homme.

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