Cet article a été rédigé par Jeffrey S. Lowe, Chief Inspiration Officer et avocat spécialisé dans l’immigration canadienne, Lowe & Company.
Au cours des trois prochaines années, le gouvernement canadien envisage d’accueillir plus de 430 000 nouveaux immigrants par an : Travailleurs qualifiés, familles parrainées, réfugiés et autres. Mais une catégorie d’immigrants fait défaut : Les immigrants entrepreneurs.
Depuis 2014, le Canada n’a plus de programme fédéral d’immigration pour les entrepreneurs. Les catégories des visas de démarrage et des travailleurs indépendants ne sont pas vraiment destinées aux entrepreneurs qui achètent ou créent des entreprises au Canada.
Cet article propose une nouvelle classe d’expérience commerciale canadienne (CECC), qui sera plus réactive et plus souple et qui permettra de créer et de maintenir des emplois au sein de l’économie canadienne.
Qu’est-ce que la classe « Expérience professionnelle canadienne » ?
La CBEC est similaire à la catégorie de l’expérience canadienne (CEC) pour les travailleurs qualifiés. L’un des meilleurs indicateurs de la capacité d’une personne à s’établir au Canada est le fait qu’elle y ait déjà travaillé. Un candidat à la CEC aura prouvé qu’il est employable et capable de travailler au Canada.
De la même manière, la meilleure façon de démontrer que l’on peut générer des avantages économiques pour le Canada est d’avoir exploité une entreprise au Canada pendant au moins deux ans au cours des trois dernières années. C’est le principe de base de la CBEC.
Comme pour la CEC, il faut d’abord obtenir un permis de travail pour pouvoir travailler au Canada et exploiter une entreprise. Bien qu’il existe plusieurs façons d’obtenir un permis de travail pour acquérir une expérience professionnelle au Canada, je recommande une catégorie de permis de travail spécifique pour les candidats à la CECB.
Étape 1 : Le permis de travail de l’investisseur de la CBEC
Actuellement, les hommes et femmes d’affaires étrangers peuvent investir dans une entreprise au Canada et obtenir un permis de travail de différentes manières. Les citoyens des États-Unis, du Mexique, de l’Union européenne et de certains autres pays peuvent venir au Canada avec un permis de travail d’investisseur dans le cadre d’un accord de libre-échange.
Toutefois, les citoyens de nombreux pays n’ont pas conclu de tels accords. Je propose d’introduire un « permis de travail pour investisseur CBEC » spécifique, dont les critères seraient similaires à ceux des permis de travail pour investisseur dans le cadre du libre-échange :
1) Un investissement substantiel a été réalisé ou est en cours de réalisation ;
2) Le demandeur vient au Canada pour développer et gérer l’entreprise ; et
3) Respect des mesures d’immigration existantes (par exemple, contrôle d’admissibilité, etc.)
Avant de demander le permis de travail d’investisseur de la CBEC, le demandeur doit avoir identifié l’entreprise dans laquelle il souhaite investir et qu’il souhaite gérer. Le demandeur peut soit acheter une entreprise, soit créer une nouvelle entreprise, soit investir dans une part d’une entreprise. Je suggère également que le demandeur visite le Canada avant de soumettre sa demande de permis de travail d’investisseur de la CBEC.
Les lignes directrices pourraient inclure
1) L’investissement doit être plus que marginal et suffisant pour soutenir un certain nombre d’employés ;
2) Je vous conseille d’investir au moins 100 000 dollars canadiens ;
3) L’investisseur doit contrôler au moins 33 % de l’entreprise ;
4) Les fonds doivent être irrévocablement engagés dans l’entreprise. Toutefois, je suggère de permettre que les investissements soient subordonnés à l’octroi du permis de travail.
À l’instar du CUSMA et d’autres permis de travail pour investisseurs dans le cadre d’accords de libre-échange, le permis de travail pour investisseurs de la CBEC doit être délivré pour une période initiale d’un an, renouvelable pour des périodes de deux ans sur preuve que l’entreprise fonctionne et emploie des Canadiens.
Les permis de travail peuvent être traités assez rapidement, en 1 à 3 mois. Ce délai est essentiel pour la plupart des hommes d’affaires qui prennent des décisions d’investissement, car les entreprises cibles peuvent rarement attendre plus longtemps.
Étape 2 : La demande de PR CBEC
Après avoir exploité son entreprise au Canada pendant au moins deux ans, l’entrepreneur peut déposer une demande de résidence permanente s’il remplit les conditions suivantes :
1) Propriété d’au moins 33% d’une entreprise au Canada qui :
-Il s’agit d’une entreprise active et non d’un simple revenu passif ;
-A embauché au moins 3 Canadiens à temps plein pendant 2 ans au cours des 3 dernières années. Au moins un poste doit être un poste à « haut salaire » ; les entrepreneurs à temps plein travaillant au moins 30 heures par semaine sont considérés comme des employés ;
-Si l’on possède moins de 100 %, l’entreprise doit embaucher proportionnellement (par exemple, 6 employés, 9 employés pour 33 %, etc.)
2) A participé à la gestion de l’entreprise pendant 2 des 3 dernières années ;
3) Avoir été physiquement présent au Canada pendant au moins 183 jours par an pendant 3 ans ;
4) a déposé une déclaration d’impôt sur le revenu au Canada au cours des trois dernières années ; et
5) Avoir au moins un CLB 4 pour l’anglais ou le français.
Le demandeur dispose de trois ans pour remplir les conditions de qualification CBEC pendant une période de deux ans. Si l’entreprise est en activité, mais qu’elle n’a pas rempli les conditions à la fin des trois ans, le demandeur peut demander une prolongation du permis de travail d’investisseur CBEC afin de disposer de plus de temps pour remplir les critères. Une fois que le demandeur a rempli ces conditions, il peut demander la résidence permanente au titre de la catégorie CBEC.
Grâce au permis de travail pour investisseurs de la CBEC, le Canada peut attirer beaucoup plus d’hommes d’affaires immigrés de manière rapide et efficace.
Jeffrey S. Lowe est un avocat spécialisé dans l’immigration et les affaires à Vancouver, en Colombie-Britannique. Il est l’inspirateur principal de Lowe & Company, qui représente des immigrants de plus de 70 pays depuis 1990. Jeffrey est un membre fondateur de l’ACAI, et enseigne l’immigration d’affaires, la gestion de la pratique et l’éthique juridique à des auditoires professionnels à travers le Canada depuis 1990. Vous pouvez le joindre à l’adresse suivante jlowe@CanadaVisaLaw.com


