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Il est urgent de repousser la date limite du programme CUAET au 31 mars 2024

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Cet article a été rédigé par Lev Abramovich, associé, Abramovich & Tchern.

Le programme d’autorisation de voyage d’urgence Canada-Ukraine (CUAET) a été lancé le 22 mars 2022 en réponse à l’invasion brutale et non provoquée de l’Ukraine par la Russie.

Ce programme permet aux ressortissants ukrainiens et aux membres de leur famille immédiate d’obtenir un visa de trois ans assorti d’un permis de travail ou d’études.

La norme de traitement des demandes CUAET est de 14 jours, ce qui reflète le fait que ce programme d’urgence a été conçu pour « aider les Ukrainiens et les membres de leur famille à venir au Canada le plus rapidement possible ».

Le dernier jour pour soumettre une demande de CUAET était le 15 juillet 2023. Plus important encore, le dernier jour pour obtenir un permis de travail ou d’études basé sur CUAET au point d’entrée (ou pour en faire la demande depuis le Canada) est le 31 mars 2024.

Selon Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC), les personnes titulaires d’un visa au titre de CUAET qui arrivent le 1er avril 2024 ou après cette date « devront satisfaire aux exigences générales pour entrer au Canada et ne pourront pas bénéficier des mesures de soutien offertes dans le cadre des mesures CUAET ». Ils devront notamment satisfaire aux exigences générales relatives à la délivrance d’un permis de travail et/ou d’études. En outre, leur séjour sera limité à la période standard de six mois.

Bien que les efforts d’IRCC pour aider les Ukrainiens et les membres de leur famille soient louables, la nature non plafonnée, le manque de transparence et l’approche problématique des demandes de nationalité mixte ont entraîné des retards et un stress considérable pour certains demandeurs.

La guerre en Ukraine fait rage et entrera bientôt dans sa troisième année, la Russie cherchant à reprendre l’initiative tout en continuant à bombarder les villes et les cibles militaires ukrainiennes en toute impunité.

Cet article aborde certains des principaux problèmes à l’origine de l’arriéré et plaide en faveur de l’extension de la date limite d’entrée au 1er août 2024.

Le bonnet manquant

Malgré son objectif louable, la nature non plafonnée du programme a créé de sérieux problèmes.

Un volume extraordinaire de demandes a été reçu - 1 189 320 pour être exact. Ce volume a nécessité une utilisation considérable de ressources de la part d’IRCC. Bien qu’IRCC ait relevé le défi et traité près d’un million de demandes à ce jour, seuls 250 000 demandeurs sont entrés au Canada jusqu’à présent, ce qui représente un gaspillage considérable de ressources.

En outre, malgré l’imminence de la date limite, plus de 250 000 demandes sont toujours en attente, souvent depuis plus d’un an, et de nombreux demandeurs se retrouvent dans l’incertitude.

Rétrospectivement, IRCC aurait dû limiter le programme à 500 000 demandes ou aux 300 000 premières entrées au Canada, en donnant la priorité aux personnes souhaitant entrer au Canada, plutôt que d’obtenir un visa comme option de secours.

L’approche problématique des familles mixtes

Un autre problème important découle de l’approche d’IRCC concernant les demandes de nationalité mixte. Contrairement à d’autres demandes de séjour temporaire qui sont traitées simultanément (le visa d’une personne à charge étant examiné immédiatement après l’approbation de la demande du demandeur principal), l’IRCC a décidé de traiter les demandeurs ukrainiens séparément des personnes à leur charge qui ne sont pas ukrainiennes.

Le fait qu’IRCC n’ait pas fourni d’instructions spécifiques concernant la preuve de parenté lors du lancement du programme CUAET ne fait qu’aggraver la situation.

Malgré le respect des instructions du programme, des milliers de demandes soumises par des conjoints et des personnes à charge non ukrainiens ont été bloquées pendant plus d’un an, jusqu’à fin avril et début mai 2023, lorsque IRCC a envoyé des milliers de « demandes de documents supplémentaires » à des membres de la famille non ukrainiens, sans tenir compte des preuves qu’ils avaient fournies jusqu’alors.

L’approche d’IRCC à l’égard des familles de nationalité mixte a créé des difficultés considérables pour plus de 50 000 familles de nationalité mixte et a fait l’objet d’une couverture médiatique. Un article de la CBC intitulé « Non-Ukrainian family members in limbo awaiting expedited visas » traite de l’impact de l’approche problématique d’IRCC.

Dans le cas des familles mixtes, certains conjoints ukrainiens sont arrivés au Canada en pensant que la demande de leur partenaire serait approuvée sous peu, mais se sont retrouvés dans l’incertitude sans savoir quand leur conjoint les rejoindrait. D’autres ont choisi d’attendre que tous les membres de la famille reçoivent une décision avant de s’installer au Canada, gaspillant ainsi la validité de leurs visas CUAET.

À l’approche de la date limite du31 mars, les familles devront décider si elles abandonnent leur demande de CUAET (et, dans certains cas, quittent le Canada) ou si elles continuent d’attendre leur visa CUAET et tentent ensuite d’entrer au Canada sans avoir le droit d’y travailler ou d’y étudier.

Il va sans dire que l’incertitude est très stressante, en particulier pour les personnes résidant hors de leur pays de nationalité avec un statut temporaire.

Il est important de noter que même si une décision est rendue avant le 31 mars 2024, les familles auront besoin de temps pour organiser leurs affaires et acheter des billets d’avion en vue d’atterrir au Canada au plus tard le 31 mars 2024.

Recommandation

Étant donné que de nombreuses familles ont organisé leur vie en fonction de la promesse d’aide du Canada et qu’elles attendent depuis plus d’un an un programme dont le délai de traitement était de 14 jours, il serait déraisonnable de causer un préjudice supplémentaire aux personnes déplacées en s’en tenant à la date limite du 31 mars 2024.

Étant donné que 250 000 demandes sont toujours en attente, nous pensons que le délai devrait être prolongé jusqu’au 1er août 2024, afin de donner à IRCC suffisamment de temps pour traiter l’arriéré restant.

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