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Le programme d’immigration de l’Atlantique : Une voie à suivre

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Cet article a été rédigé par Meghan Felt et Kim Collier, avocats spécialisés en droit de l’immigration au Canada, McInnes Cooper.

Le Programme d’immigration de l’Atlantique (PIA) a débuté en tant que programme pilote en 2017 et est devenu un programme d’immigration fédéral permanent en 2022.

Bien que le PIA ait conservé plusieurs caractéristiques et critères clés du projet pilote, il a également apporté plusieurs changements majeurs à ce dernier. L’objectif du PIA est d’aider les employeurs à embaucher des demandeurs pour des emplois qu’ils n’ont pas pu pourvoir localement et d’offrir une voie d’accès à la résidence permanente (RP) aux demandeurs qui souhaitent vivre et travailler dans le Canada atlantique, c’est-à-dire au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse, à l’Île-du-Prince-Édouard et à Terre-Neuve-et-Labrador : Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse, Île-du-Prince-Édouard et Terre-Neuve-et-Labrador.

Bien que l’objectif du PGI d’attirer et de retenir les nouveaux arrivants au Canada atlantique soit louable, le PGI présente des problèmes structurels qui pourraient mener à sa redondance à relativement court terme. Voici quatre problèmes structurels clés auxquels l’EP est actuellement confrontée, ainsi que quatre solutions pratiques et simples qui aideront l’EP à éviter la redondance et à atteindre ses objectifs.

Quatre questions clés de l’EP

En théorie, le PGI devait compléter le Programme des candidats des provinces du Canada atlantique (PCP). En pratique, cependant, il s’avère être un programme moins souhaitable que ce qui était peut-être prévu au départ, et ce pour quatre raisons principales qui pourraient, en fin de compte, rendre le PGI superflu.

  1. L’AIP a allongé les délais de traitement des demandes de RP

Dans le cadre du programme pilote, le délai de traitement fédéral pour l’obtention de la RP était de six mois. Dans le cadre de l’EP, le délai de traitement est de 12 mois. La justification de ce délai de traitement prolongé est logique : il s’agit de veiller à ce que les nouveaux arrivants puissent s’établir avec succès dans la région et d’augmenter les taux de rétention des immigrants dans le Canada atlantique. Cependant, il rend le PIA moins attrayant pour les demandeurs qui doivent maintenant attendre plus longtemps pour obtenir leur statut de RP. Bien que les délais de traitement des demandes de RP dans le cadre du PIA restent plus courts que dans le cadre des PCP, si l’objectif d’un demandeur est d’obtenir la résidence permanente le plus rapidement possible, il existe généralement une meilleure option pour les travailleurs hautement qualifiés (CNP A, 0 ou B) : le volet d’entrée express du Programme des candidats des provinces. Dans le cadre de ce volet, le délai de traitement au niveau fédéral est censé être de six mois et le délai de traitement au niveau provincial, bien que différent selon les provinces, est généralement compris entre un et trois mois. Ce délai est tout de même plus court que celui du PIA, si l’on tient compte de la demande de désignation (un à deux mois), de la demande d’endossement (deux à trois mois) et du traitement au niveau fédéral (12 mois). Les demandeurs qui occupent des postes de la catégorie D de la CNP ne sont pas admissibles au PRA. Les demandeurs qui occupent des postes de la catégorie C de la CNP trouveront que le PRA est une bonne option pour obtenir rapidement leur RP, mais il s’agit d’un pourcentage relativement faible de travailleurs étrangers.

En revanche, les délais de traitement plus longs pourraient rendre le PGI plus attrayant pour les employeurs, car il lie leurs employés à eux pendant une période plus longue. Mais si l’objectif principal de l’employeur est de lier ses employés à lui le plus longtemps possible, d’autres filières d’immigration dont les délais de traitement des demandes de RP sont plus longs pourraient constituer des options plus attrayantes. Par exemple, le délai de traitement des PCP dans le Canada atlantique est actuellement de 25 mois.

  1. L’AIP ne permet pas aux demandeurs exemptés de visa de demander un permis de travail aux points d’entrée (POE).

Comme dans le cadre du projet pilote, les demandeurs exemptés de visa ne peuvent pas demander un permis de travail dans le cadre de l’AIP aux points d’entrée. Toutefois, d’autres programmes d’immigration, tels que le Programme des travailleurs étrangers temporaires et le Programme de mobilité internationale (qui comprend les PNP), permettent aux demandeurs exemptés de visa de demander un permis de travail aux points d’entrée. L’impossibilité de traiter les permis de travail au titre de l’EP aux points d’entrée constitue un obstacle important pour les demandeurs et les employeurs, car ils doivent faire face à des délais d’attente supplémentaires pour les permis de travail, qui sont d’environ 12 semaines s’ils sont déposés à l’intérieur du pays et vont de deux semaines à huit mois et plus s’ils sont déposés dans les ambassades du Canada à l’étranger.

  1. Le PGI exige des documents supplémentaires que les autres programmes d’immigration n’exigent pas

Le PGI exige des documents supplémentaires de la part des demandeurs et des employeurs. Par exemple, les demandeurs doivent passer un test linguistique en français ou en anglais, obtenir une évaluation des diplômes (ECA) pour les études suivies à l’étranger et un plan d’établissement. Les employeurs doivent suivre une formation d’accueil et une formation interculturelle. Toutefois, les candidats au PCP dans le Canada atlantique ne sont généralement pas tenus d’obtenir la plupart de ces documents. Par exemple, aucun des PCP de Terre-Neuve-et-Labrador, de la Nouvelle-Écosse et de l’Île-du-Prince-Édouard n’exige d’ACE, et ni les PCP de Terre-Neuve-et-Labrador ni ceux de la Nouvelle-Écosse n’exigent de tests linguistiques pour les CNP 0, A ou B. Ces exigences supplémentaires alourdissent le fardeau que représente la navigation dans le système d’immigration, et sont coûteuses en temps et en argent - deux préoccupations importantes pour de nombreux demandeurs et employeurs. L’obtention d’une ACE, en particulier, prend en moyenne deux à trois mois, ce qui ajoute des mois supplémentaires au calendrier car l’employeur ne peut pas soumettre de demande d’approbation avant d’avoir obtenu l’ACE. L’OCE et le test linguistique coûtent en moyenne 300 dollars canadiens chacun.

  1. Le programme piloté par l’employeur pourrait ralentir la procédure pour les demandeurs.

Le PIA étant un programme géré par l’employeur, il comporte davantage de formalités administratives pour les employeurs et les demandeurs. Tout d’abord, les employeurs doivent être désignés par une province du Canada atlantique. Deuxièmement, l’employeur doit suivre deux cours de formation avant de soumettre une demande d’approbation dans le cadre du PIA : une formation d’intégration et une formation sur les compétences interculturelles. Troisièmement, l’employeur doit soumettre une demande d’approbation pour tout candidat potentiel. Contrairement aux processus axés sur le demandeur, où ce dernier est incité à faire avancer sa demande, les exigences du PIA nécessitent un employeur très réactif et désireux de faire avancer les choses, faute de quoi les demandes de PIA des demandeurs risquent d’en pâtir.

Quatre solutions pratiques pour améliorer le PIA

Malgré ces problèmes, ces quatre corrections simples pourraient améliorer le PIA, éviter les redondances et renforcer sa capacité à atteindre ses objectifs.

  1. Permettre la délivrance de permis de travail accélérés afin de raccourcir les délais de traitement.

Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC) devrait accélérer la délivrance des permis de travail aux demandeurs dans le cadre du PGI. Cela permettrait aux demandeurs de commencer à travailler pour des employeurs afin de répondre plus rapidement aux problèmes de pénurie de main-d’œuvre dans le Canada atlantique.

  1. Permettre aux demandeurs exemptés de visa de demander un permis de travail aux points d’entrée.

Compte tenu de l’objectif de l’AIP de recruter et de conserver les employés rapidement, les demandeurs exemptés de visa devraient être autorisés à demander un permis de travail aux points d’entrée. Cela rendrait l’EP plus compétitif par rapport aux autres programmes d’immigration et réduirait les inefficacités.

  1. Permettre aux demandeurs et aux employeurs de soumettre certains documents après l’introduction de leur demande ou au stade fédéral de la demande.

De nombreuses demandes d’AIP sont retardées par les OCE et les tests linguistiques. Les demandeurs et les employeurs devraient être autorisés à soumettre certains documents au stade fédéral ou à une date limite fixe après l’introduction de la demande ; cela réduirait les délais de traitement et l’inefficacité. Bien que les plans d’établissement soient utiles pour les candidats venant de l’étranger, ils ne le sont pas toujours pour les demandeurs qui sont au Canada depuis plusieurs années et qui n’ont pas besoin de cours de langue ou d’aide à l’établissement. Les plans d’aide à l’établissement ne devraient être exigés que pour les candidats qui présentent une demande de l’extérieur du Canada, qui sont au Canada atlantique depuis six mois ou moins, ou qui obtiennent une note inférieure à 5 NCLC au test linguistique.

  1. Affecter davantage de ressources fédérales et provinciales et de soutien communautaire à l’intégration des nouveaux arrivants dans le Canada atlantique.

Enfin, bien que la formation obligatoire des employeurs soit un élément important du PIA pour assurer l’intégration des nouveaux arrivants, cette tâche ne devrait pas incomber uniquement aux employeurs. Pour améliorer l’intégration et la rétention dans le Canada atlantique après la période de traitement des demandes de RP de 12 mois, les gouvernements fédéral et provinciaux devraient allouer davantage de ressources aux agences d’établissement des immigrants.

Une voie à suivre

En théorie, la raison d’être et l’intention du PIA sont positives. Dans la pratique, cependant, il y a très peu de situations dans lesquelles le PIA constitue la meilleure voie pour les employeurs. Il peut être intéressant pour les employeurs enthousiastes qui sont très organisés et engagés dans le processus ; les bons candidats sont généralement les entreprises technologiques et les employeurs à forte main-d’œuvre hautement qualifiée qui disposent de beaucoup de ressources. Toutefois, dans sa forme actuelle, le PGI n’est pas susceptible d’intéresser les petits employeurs qui souhaitent embaucher quelques travailleurs étrangers, en raison des obligations supplémentaires qu’il impose aux employeurs. D’autres programmes d’immigration existants, tels que l’Entrée express pour sa rapidité, ou les PNP pour leurs exigences plus simples en matière de documents et leur processus de demande plus direct, sont souvent préférables pour de nombreux demandeurs et employeurs. Pourtant, avec quelques correctifs simples, le PIA peut éviter la redondance et atteindre son objectif à long terme d’attirer et, plus important encore, de retenir les nouveaux arrivants qualifiés dans le Canada atlantique.

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