Cet article a été initialement publié sur le site web du Sas & Ing Immigration Law Centre.
Le 20 mars 2026, le ministère de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté du Canada (IRCC) a annoncé que de nouvelles règles de calcul du revenu pour le programme Super Visa du Canada entreront en vigueur à partir du 31 mars 2026. Cette mise à jour permettra aux citoyens canadiens et aux résidents permanents de faire venir plus facilement leurs parents et grands-parents au Canada en tant que visiteurs de longue durée. Le programme de super visa permet aux parents et grands-parents vivant à l’étranger d’obtenir un visa pour le Canada et les autorise à y séjourner pendant cinq ans en tant que visiteurs. Cette période de cinq ans peut également être prolongée de deux ans après l’arrivée au Canada. En contrepartie, les demandeurs de Super Visa doivent remplir certaines conditions de revenu et d’assurance médicale, car les visiteurs ne sont pas autorisés à travailler au Canada et n’ont pas droit à la couverture médicale provinciale ou territoriale.
Le programme Super Visa est en vigueur depuis 2011. Depuis sa création initiale, le programme a subi de nombreuses modifications afin d’élargir l’accès à un plus grand nombre de citoyens canadiens et de résidents permanents, ainsi qu’aux membres de leur famille, et d’accroître les avantages associés au Super Visa. Par exemple, l’année dernière, en janvier 2025, IRCC a assoupli ses règles pour permettre aux demandeurs de Super Visa de souscrire des polices d’assurance maladie privées auprès de compagnies non canadiennes pour satisfaire aux critères d’admissibilité - auparavant, l’assurance médicale devait être souscrite auprès de compagnies canadiennes uniquement. Compte tenu du fort désir de retrouver au Canada ses parents et grands-parents vivant à l’étranger, le programme Super Visa a conservé sa popularité au fil des ans et IRCC continue d’approuver des dizaines de milliers de demandes chaque année. Selon le rapport annuel 2025 d’IRCC au Parlement, le ministère a approuvé 53 695 demandes de super visa en 2024.
Pour obtenir un super visa, les citoyens canadiens et les résidents permanents qui accueillent un parent ou un grand-parent en visite doivent remplir des conditions de revenu minimum afin de pouvoir vivre au Canada pendant de longues périodes sans avoir à se préoccuper de leur situation financière. Les hôtes doivent gagner suffisamment d’argent pour subvenir aux besoins non seulement de leur propre famille immédiate au Canada, mais aussi des membres de la famille venant de l’étranger. Par exemple, une famille de trois personnes souhaitant soutenir deux parents dans le cadre d’un super visa doit justifier d’un revenu familial d’au moins 64 336 dollars pour subvenir aux besoins de cinq personnes.
À partir du 31 mars 2026, IRCC assouplira le mode de calcul des revenus de la manière suivante :
Extension de la période d’évaluation : Auparavant, les hôtes citoyens canadiens et résidents permanents devaient satisfaire à l’exigence de revenu minimum en montrant leur revenu gagné au cours de l’année fiscale précédente. Toutefois, à partir du 31 mars 2026, IRCC permettra aux hôtes de démontrer qu’ils satisfont ou dépassent les exigences de revenu minimum pour l’une des deux années fiscales précédant la date de la demande, doublant ainsi la période d’évaluation du revenu.
Ce changement profitera aux hôtes qui travaillent dans des secteurs ou des emplois susceptibles d’être saisonniers, de faire l’objet de licenciements ou d’avoir des revenus imprévisibles, comme les emplois à la commission. Cette mesure peut également aider les hôtes indépendants qui connaissent un ralentissement de leurs activités. Elle aidera certainement aussi les familles qui passent d’un régime de travail à un autre ou qui ont récemment dû s’absenter du travail pour des raisons personnelles, familiales ou de santé.
Permettre au parent ou au grand-parent en visite de combiner ses propres revenus pour compléter ceux de l’hôte : Ce changement est très intéressant et tout à fait nouveau pour IRCC qui prend en compte la capacité financière d’un demandeur en plus de celle de son hôte canadien. Cette nouvelle règle profitera probablement aux jeunes citoyens canadiens et aux résidents permanents qui les accueillent, tels que les nouveaux diplômés et même les nouveaux arrivants au Canada qui peuvent être sous-employés ou qui ne sont pas encore bien établis sur le marché du travail. Toutefois, IRCC n’a pas encore donné de détails sur la manière dont ce calcul fonctionnera. De nombreux grands-parents et parents en visite sont déjà à la retraite. Pour que ce changement soit vraiment significatif, il faudra qu’IRCC adopte une définition élargie de ce qu’est un « revenu ». IRCC pourrait-il prendre en compte les formes passives de revenus ? Comment les demandeurs prouveront-ils l’existence de ces revenus ? Nous ne savons pas non plus quelle proportion des exigences minimales en matière de revenus l’hôte doit respecter. Devra-t-il gagner au moins 50 % du revenu requis ou faudra-t-il faire autre chose ?
Autre nouveauté, l’IRCC a annoncé que les nouvelles règles s’appliqueront non seulement aux nouvelles demandes déposées à partir du 31 mars 2026, mais aussi rétroactivement à toutes les demandes existantes en cours de traitement. Il s’agit d’une décision intelligente de la part d’IRCC, qui s’assure ainsi de ne pas recevoir une vague de demandes de Super Visa en double de la part de demandeurs cherchant à bénéficier des nouvelles règles. Ces nouvelles modifications seront probablement appréciées par les hôtes canadiens qui s’inquiètent de ne pas remplir les conditions de revenu requises ; cependant, vous devrez rester à l’écoute pour savoir exactement comment l’IRCC met en œuvre ces changements, en particulier en ce qui concerne les nouvelles règles de combinaison des revenus.


