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Comprendre la détention des immigrants au Canada

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Écrit par Amit Vinayak, avocat, Barreau de l’Ontario, membre de l’ACAI

La loi canadienne sur l’immigration prévoit un cadre pour la détention des ressortissants étrangers et des résidents permanents dans des circonstances spécifiques, la Section de l’immigration (SI) de la Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada (CISR) jouant un rôle central dans l’examen de ces détentions. Le processus est principalement régi par la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés (LIPR) et ses règlements d’application.

Motifs de détention des immigrants

La procédure de contrôle de la détention

Lorsqu’une personne est mise en détention, l’agent doit aviser sans délai la Section de l’immigration (Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés - Lois.justice.gc.ca, [55(4)]). La procédure de contrôle de la détention est conçue pour assurer un contrôle régulier de la détention des immigrants.

  • Le premier examen doit avoir lieu dans les 48 heures suivant le placement en détention, suivi d’un autre examen dans les sept jours, puis au moins tous les 30 jours.
  • Pour les ressortissants étrangers désignés âgés de 16 ans ou plus, le premier examen a lieu dans les 14 jours, et les examens suivants ont lieu tous les six mois.

Lors de chaque réexamen, il incombe au ministre de justifier le maintien en détention sur la base de la prépondérance des probabilités. La SI doit prendre en compte différents facteurs, notamment le motif de la détention, le temps déjà passé en détention, la probabilité et la durée potentielle du maintien en détention, les retards inexpliqués ou le manque de diligence, et la disponibilité d’alternatives à la détention ( Canada (Sécurité publique et protection civile) c. Chhina, 2019 SCC 29 (CanLII), [55]). La charge juridique de justifier la détention n’est jamais transférée au détenu au cours de ces audiences ( Hemond c. Canada (Citoyenneté et Immigration), 2024 FC 1980 (CanLII), [46]).

Droits des détenus

Les personnes placées en détention pour des raisons d’immigration ont des droits fondamentaux, notamment

  • le droit à l’assistance d’un avocat,
  • le droit à un interprète, et
  • le droit d’être présent lors des audiences de contrôle de leur détention.
  • Il est important de noter que les détenus ne sont pas obligés de témoigner lors de ces audiences et qu’aucune conclusion défavorable ne peut être tirée de leur silence.

Le principe de non-compatibilité, en tant que principe de justice fondamentale en vertu de l’article 7 de la Charte canadienne des droits et libertésLa Charte s’applique aux détenus d’immigration lors des audiences de contrôle de la détention en vertu de l’article 57 de la LIPR. Les décisions d’un commissaire de la SI de contraindre un détenu à témoigner ont été jugées déraisonnables car elles limitent de manière injustifiée ces droits garantis par la Charte ( Hemond c. Canada (Citoyenneté et Immigration), [5], [82]).

Considérations particulières pour les mineurs

L’intérêt supérieur de l’enfant (BIOC) est une considération primordiale dans toutes les décisions concernant les mineurs. La détention des mineurs est considérée comme une mesure de dernier recours et doit être la plus courte possible.

Alternatives à la détention (ATD)

La détention est considérée comme une mesure de dernier recours dans le système d’immigration canadien ([PDF] ENF 34 : Programme d’alternatives à la détention - Canada.ca). Lors de chaque contrôle de la détention, le DI doit envisager des alternatives à la détention (ATD). Ces alternatives sont conçues pour atténuer les risques identifiés tout en permettant aux individus de rester dans la communauté. Les alternatives à la détention les plus courantes sont les suivantes

  • Conditions d’établissement des rapports: Obligation pour les personnes de se présenter régulièrement aux autorités chargées de l’immigration.

Les options de l’ATD peuvent être combinées pour compenser efficacement les différents risques. Les conditions de libération doivent être adaptées, proportionnées et porter le moins possible atteinte à la liberté de l’individu ( [PDF] ENF 34 : Programme d’alternatives à la détention - Canada.ca).

Contester la détention

Si la SI a compétence sur les motifs de détention et de libération, elle n’a pas autorité sur le lieu ou les conditions de détention. Une détention prolongée ou indéterminée peut être contestée par le biais d’une demande d’asile. habeas corpus si la procédure d’examen de la LIPR est jugée inadéquate.

La Cour suprême du Canada en Canada (Sécurité publique et Protection civile) c. Chhina2019 CSC 29La Cour suprême du Canada, dans l’affaire Canada (Sécurité publique et Protection civile) c. Chhina, a statué que la procédure de contrôle de la LIPR n’est pas aussi large et avantageuse que l habeas corpus lorsqu’il s’agit de contester la légalité d’une détention en raison de sa longueur et de sa durée incertaine (Canada (Sécurité publique et Protection civile) c. Chhina, [59], [68]). Cela s’explique par le fait que le fardeau de la preuve dans les contrôles des détentions est moins avantageux pour les détenus, que le champ d’application du contrôle de la Cour fédérale est plus étroit, et que le contrôle de l’application de la loi par la Cour fédérale est plus difficile. habeas corpus offre un recours plus rapide (Canada (Sécurité publique et Protection civile) c. Chhina, [59]).

Cependant, la Cour d’appel fédérale dans l’affaire Brown c. Canada (Citoyenneté et Immigration)2020 FCA 130, a affirmé que le régime de détention des immigrants, avec ses mécanismes d’examen solides et opportuns, la charge de la preuve incombant au ministre et le contrôle judiciaire, n’enfreint pas les articles 7, 9 ou 12 de la Charte (Brown c. Canada (Citoyenneté et Immigration), 2020 FCA 130 (CanLII), [22], [37]).

Conclusion

La détention des immigrants au Canada est une mesure juridique importante, réservée aux cas où il existe de sérieuses inquiétudes concernant la sécurité publique, le risque de fuite, l’identité ou les enquêtes en cours sur l’interdiction de territoire. Le processus est régi par des cadres statutaires et réglementaires clairs, conçus pour garantir que la détention n’est pas arbitraire et que les droits individuels sont protégés. Les audiences de contrôle de la détention devant la Section de l’immigration de la CISR offrent aux détenus des occasions régulières et significatives de contester leur maintien en détention et de proposer des alternatives qui peuvent permettre une libération dans des conditions appropriées.

En fin de compte, la procédure de contrôle de la détention est une pierre angulaire de l’équité procédurale dans la législation canadienne sur l’immigration, renforçant le principe selon lequel la privation de liberté doit toujours être justifiée, proportionnée et faire l’objet d’un contrôle indépendant.

A propos de l’auteur :

Amit Vinayak

Avocat

Associé, MDVD Lawyers LLP

LSO # 82057U

Avis de non-responsabilité :

Le contenu de cet article est destiné à des fins d’information générale uniquement et ne constitue pas un avis juridique. Les lecteurs ne doivent pas agir sur la base des informations contenues dans cet article sans avoir au préalable sollicité un conseil juridique ou professionnel approprié en fonction de leur situation personnelle. L’auteur et l’éditeur déclinent toute responsabilité liée à l’utilisation de ces informations.

 

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