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Le Programme des candidats des municipalités (PCM) : Le programme d’immigration économique régional anticipé du Canada

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Cet article a été rédigé par Samuel Escobar, avocat spécialisé dans l’immigration canadienne, HowTo Immigration Law.

En 2019, le ministre canadien de l’Immigration a été chargé de mettre en place le Programme des candidats des municipalités (PCM ), un programme censé répartir les avantages de l’immigration économique entre les grandes villes et les petites collectivités mal desservies. À ce jour, les parties prenantes ont été consultées au sujet du PCM, mais près de deux ans et demi plus tard, le programme n’a toujours pas été lancé. Ce retard est en partie dû à la pandémie de COVID-19.

Avec la réduction des restrictions liées à la pandémie dans tout le Canada et après avoir vu les petites communautés et les entreprises locales souffrir économiquement de la pandémie de COVID-19, le lancement du MNP pourrait être proche.

Qu’est-ce que le MNP ?

Le programme MNP est un programme régional d’immigration économique qui permettra aux villes non principales du Canada d’aider directement les immigrants à obtenir la résidence permanente dans leurs communautés. Le programme MNP disposera d’un minimum de 5 000 places à pourvoir par les immigrants intéressés. Les critères de sélection n’ont pas été dévoilés, mais d’après les informations disponibles, les candidats devront combler des pénuries de main-d’œuvre et faire preuve d’une véritable intention de résider dans la collectivité d’accueil ou d’y avoir des liens. À l’instar du programme pilote d’immigration pour les régions rurales et nordiques (RNIP) et du programme des candidats des provinces rurales (PNP), les communautés intéressées et éligibles seront probablement invitées à soumettre des propositions de participation à Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC). Les critères de sélection et de soutien des communautés seront probablement axés sur les infrastructures essentielles existantes, la pénurie de main-d’œuvre et la capacité d’établissement. À l’instar des initiatives antérieures visant à accroître le nombre de résidents permanents dans les petites communautés, le PCM pourrait débuter sous la forme d’un programme pilote. En fonction des résultats et des commentaires recueillis pendant la période d’essai, IRCC décidera si le programme doit rester permanent.

Objectif du MNP

La mission du MNP est similaire à celle du Programme d’immigration de l’Atlantique (PIA) et du RNIP, qui consiste à étendre les avantages de l’immigration économique aux petites communautés en créant une voie d’accès à la résidence permanente pour les travailleurs étrangers qualifiés qui souhaitent travailler et résider de façon permanente dans l’une des communautés participantes. Les programmes tels que l’AIP, le MNP et le RNIP s’attaquent à un problème clé que les PNP ne traitent pas de manière adéquate à l’heure actuelle, à savoir la répartition de l’immigration économique des grandes zones métropolitaines vers les communautés moins peuplées qui connaissent des pénuries de main-d’œuvre. S’il est exécuté correctement, le MNP attirera et retiendra davantage de travailleurs dans les communautés de petite et moyenne taille, tout en favorisant le développement économique de ces communautés.

Les PCP sont des programmes d’immigration fédéraux-provinciaux-territoriaux administrés conjointement et conçus pour partager les avantages de l’immigration entre toutes les régions du Canada. Toutefois, parmi tous les immigrants sélectionnés dans le cadre des PCP entre 2006 et 2016, 80 % ont été admis dans une région métropolitaine comprenant Toronto et Vancouver. Au fil du temps, les PCP ont contribué à modifier les schémas d’établissement des immigrants en dehors des trois provinces les plus peuplées. En 2017, 34 % des immigrants économiques ont été admis en dehors de l’Ontario, de la Colombie-Britannique et du Québec, contre seulement 10 % en 1997. Bien que le PCP ait réussi à accroître la répartition des immigrants économiques dans les différentes régions du Canada, les immigrants continuent de s’installer principalement en Ontario, en Colombie-Britannique et au Québec, ainsi que dans les grandes villes de chaque province ou territoire. C’est pourquoi le MNP devra se différencier en accordant l’autonomie aux communautés et municipalités de taille moyenne à grande qui ne sont pas considérées comme des grandes villes.

Préoccupations concernant le MNP

Au cours de l’été 2020, IRCC a engagé des consultations virtuelles avec les parties prenantes afin d’obtenir des commentaires sur le projet de MNP. Ces discussions ont permis de mettre en évidence certaines préoccupations majeures.

La première préoccupation concerne la possibilité que le MNP fasse simplement double emploi avec les programmes existants. Au sein de chaque PNP provincial et territorial, de nouvelles filières peuvent être introduites en fonction des besoins. C’est la raison pour laquelle certains ont estimé que la création du MNP était redondante et qu’elle détournait les ressources des principaux problèmes actuels en matière d’immigration, tels que la réduction des arriérés d’immigration et l’amélioration des délais de traitement des demandes d’immigration. Pour répondre à cette préoccupation, le MNP devra combler les lacunes actuelles du marché du travail et compléter les autres programmes/pilotes d’immigration économique en se distinguant des PNP existants. L’un des moyens d’y parvenir est d’inclure les communautés qui n’ont pas pleinement bénéficié des PCP et des programmes pilotes existants.

La deuxième préoccupation identifiée lors des consultations est de savoir si la mise en place du MNP sera coûteuse et si elle compliquera les procédures d’immigration actuelles. Les participants ont préconisé la création de partenariats multilatéraux aux niveaux local, provincial et fédéral afin de garantir que les communautés participantes bénéficient d’un soutien adéquat pour accueillir les nouveaux arrivants et apprendre à naviguer dans le MNP. Le coût de la mise en œuvre de la MNP variera probablement d’une communauté participante à l’autre en fonction de l’infrastructure établie, de la capacité d’établissement et des fournisseurs de services d’établissement.

Enfin, des inquiétudes se font jour quant à la rétention des candidats au titre du MNP une fois qu’ils sont devenus résidents permanents. Au Canada, les citoyens et les résidents permanents ont le droit, protégé par la Constitution, de se déplacer, de travailler et de s’installer dans la province ou la municipalité de leur choix. En supposant que le programme MNP attire des candidats dans de petites communautés mal desservies, il devra s’assurer que ses programmes intègrent des mécanismes qui réduisent la probabilité que les candidats partent et s’installent dans les grandes villes après avoir obtenu leur résidence permanente.

Remarques finales

Bien que l’on ne sache pas exactement quand ou si le PCM sera lancé, ni à quoi il ressemblera, il est clair que des programmes d’immigration régionaux et municipaux sont nécessaires pour rendre les communautés rurales et les petites communautés confrontées à des pénuries de main-d’œuvre plus attrayantes pour les immigrants qualifiés.

Sur la base des enseignements tirés du RNIP et du PIA, des taux de rétention élevés ainsi qu’une augmentation globale de l’immigration dans les communautés et municipalités sélectionnées devraient être les principaux indicateurs de la réussite du programme MNP. Pour produire l’effet escompté, le programme MNP devra tirer parti des relations préexistantes que les municipalités et les organisations locales de développement économique entretiennent avec les employeurs et les prestataires de services au sein de leurs communautés. En outre, le programme MNP doit intégrer des principes de rétention qui donnent la priorité à des services d’établissement communautaires solides, à des opportunités de développement de carrière et à l’infrastructure communautaire (par exemple, des logements abordables, des écoles et des services de santé, etc.)

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