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Obtention d’un Certificat de sélection du Québec (CSQ) : Défis rencontrés avec le Programme des travailleurs qualifiés réguliers du Québec (PTQR)

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L’obtention de la résidence permanente pour les travailleurs étrangers temporaires au Québec est un processus qui se déroule généralement en deux (2) étapes : l’obtention d’un certificat de sélection du Québec (CSQ), suivie de la demande de résidence permanente au Canada.

Pour obtenir un CSQ, il existe un programme couramment utilisé par les candidats : le Programme des travailleurs qualifiés réguliers (PTQR). D’autres programmes sont disponibles, mais ils sont soumis à des exigences strictes et spécifiques, notamment en ce qui concerne la maîtrise de la langue française et le niveau de compétence pour le poste à occuper par le candidat.

Le RSWP est donc communément reconnu comme le programme général qui permet aux demandeurs, même ceux qui ne maîtrisent pas la langue française, de demander un CSQ. C’est également le seul programme qui peut être disponible pour certains travailleurs étrangers temporaires occupant un emploi considéré comme peu qualifié.

Au cours des derniers mois, il est apparu clairement que le RSWP est malheureusement inefficace, complexe et imprévisible, et qu’il ne répond pas aux besoins du marché du travail québécois.

Inefficacité du RSWP

Comme nous l’avons mentionné plus haut, le RSWP est un programme qui est actuellement inefficace et qui ne permet pas à de nombreux demandeurs de se diriger vers la résidence permanente au Québec. Les statistiques les plus récentes montrent que le programme n’atteint malheureusement pas ses objectifs.

Un exemple concret est le fait que, depuis le début de l’année 2022, seuls 2 232 demandeurs ont reçu une invitation à soumettre une demande de CSQ dans le cadre du RSWP. Au cours des deux derniers mois, seuls 63 demandeurs ont reçu une invitation du Ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI).

En outre, au cours des 15 mois qui ont suivi la mise en œuvre du nouveau système permettant aux candidats de soumettre leur manifestation d’intérêt dans le cadre du RSWP - le système ARRIMA - plus de 158 000 manifestations d’intérêt ont été soumises. Sur ce nombre, seules 1 438 ont été officiellement traitées et finalisées par la MIFI, ce qui ne représente qu’environ 0,9 % des demandes. Pour 2020, seuls 628 candidats ont reçu une invitation à soumettre une demande de CSQ.

Ainsi, alors que la province est confrontée à d’importants problèmes de pénurie de main-d’œuvre, il est possible de conclure que la MIFI devrait revoir l’efficacité du RSWP et rationaliser le processus.

Complexité et opacité du processus

Bien que le RSWP soit généralement considéré comme le programme général pour l’obtention d’un CSQ, le processus d’obtention d’un CSQ par le biais de ce programme est extrêmement complexe, même pour les juristes qui travaillent sur des affaires impliquant ce programme.

En fait, le dépôt d’une demande de CSQ dans le cadre du RSWP se déroule en plusieurs étapes : dépôt d’une manifestation d’intérêt, réception de l’invitation à soumettre la demande de CSQ selon les critères d’invitation établis par la MIFI, dépôt de la demande de CSQ et attente de l’évaluation de la demande selon la grille de sélection du RSWP. Ces étapes sont effectuées via le portail web ARRIMA décrit ci-dessus.

Une fois l’expression d’intérêt soumise, les profils des candidats sont analysés en fonction de plusieurs critères, dont les besoins socio-économiques du Québec, ainsi que le potentiel d’intégration, les compétences et la maîtrise de la langue du candidat. Ces critères sont finalement utilisés par le MIFI pour déterminer quel candidat doit être invité à soumettre une demande de CSQ.

Bien que ce processus soit fastidieux, l’une des plus grandes critiques à l’égard du RSWP est que le programme est imprévisible.

Si un candidat décide de soumettre une manifestation d’intérêt dans le cadre du RSWP, il est malheureusement impossible de savoir avec certitude si son profil sera finalement sélectionné par le système, sur la base des critères d’invitation du gouvernement.

Malheureusement, lors des cycles d’invitation, il est impossible de savoir quels critères seront utilisés par la MIFI pour sélectionner les candidats qui ont soumis une manifestation d’intérêt. Par conséquent, la manifestation d’intérêt d’un candidat peut rester dans le système pendant plusieurs mois avant que la MIFI ne décide d’utiliser un ou plusieurs critères d’invitation correspondant à la manifestation d’intérêt du candidat.

Les besoins du marché du travail au Québec

De plus, le RSWP ne semble pas répondre aux besoins du marché du travail québécois, même si ce programme a été mis en place pour répondre à ces besoins spécifiques.

Compte tenu des problèmes importants de pénurie de main-d’œuvre, le RSWP pourrait être un outil pertinent pour contribuer directement au développement économique de la province.

Cependant, les critères d’invitation ont été restreints au cours des derniers mois. Cela empêche de nombreux candidats d’être sélectionnés par la MIFI.

En effet, entre janvier et mai 2022, la grande majorité des séries d’invitations ont ciblé des candidats qui répondaient à l’un des critères suivants :

  • Les candidats dont la profession figure sur une liste de professions désignées par la MIFI et qui sont en mesure d’obtenir un score défini ;
  • Les candidats qui ont une offre d’emploi validée (c’est-à-dire la confirmation de la volonté d’un employeur d’embaucher un travailleur étranger temporaire sur une base permanente) en dehors du territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal ;

Malheureusement, cette évolution des critères d’invitation crée, pour plusieurs raisons, un sentiment d’insécurité pour certains demandeurs souhaitant obtenir un statut de résident permanent.

Premièrement, s’il est vrai que les pénuries de main-d’œuvre au Québec touchent principalement les régions situées en dehors de la Communauté métropolitaine de Montréal, la région de Montréal est également touchée par les problèmes de main-d’œuvre.

Les candidats situés dans la Communauté métropolitaine de Montréal doivent - selon les critères actuellement observés - occuper un poste faisant partie de l’une des professions identifiées par le MIFI comme étant en pénurie de main-d’œuvre. Dans le cas contraire, ces derniers n’auront pratiquement aucune chance d’être sélectionnés, même si leur employeur obtient la validation d’une offre d’emploi permanent.

Sur la base des critères de sélection des cinq derniers mois, seuls des emplois très spécifiques ont été inclus dans la liste des professions identifiées par la MIFI. Cette liste ne contenait que des emplois de niveau de qualification 0, A ou B selon la classification nationale des professions. Par conséquent, les candidats occupant des postes considérés comme moins qualifiés n’ont pas pu être sélectionnés.

Deuxièmement, si un candidat travaille à l’extérieur de la Communauté métropolitaine de Montréal, il peut se retrouver dans une situation de dépendance vis-à-vis de son employeur. En effet, si un candidat n’exerce pas une profession figurant sur la liste des professions identifiées par le MIFI, il doit avoir une offre d’emploi validée pour être invité par le MIFI à soumettre une demande de CSQ.

En fin de compte, c’est la prérogative de l’employeur de déterminer s’il souhaite soumettre une demande d’offre d’emploi validée à la MIFI. Si l’employeur décide de ne pas donner suite, un candidat ne pourra pas être sélectionné selon les critères actuels.

Conclusion

Même si le RSWP semble être un programme plus accessible pour les candidats, les tendances des dernières séries d’invitations indiquent clairement que seuls les candidats occupant un emploi figurant sur la liste du MIFI ou une offre d’emploi validée à l’extérieur de la Communauté métropolitaine de Montréal seront éventuellement invités à postuler pour un CSQ.

Bien que le gouvernement du Québec considère qu’il est essentiel d’avoir un contrôle important sur la sélection des candidats souhaitant devenir résidents permanents, il serait judicieux que le PTAS fasse l’objet d’une réforme en profondeur. Malheureusement, dans son état actuel, le RSWP ne répond pas aux besoins du marché du travail québécois et reste largement incompris par l’ensemble des candidats.

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