Articles

Articles

L’immigration au Québec à la croisée des chemins : Une analyse critique du plan d’immigration québécois 2026

Facebook
Twitter
LinkedIn

Nicolas Simard Lafontaine, ancien co-président de l’ACAI (22-23), et Roger Pichette, membre du Conseil d’administration de l’ACAI.

L’année 2025 a été difficile pour les immigrants au Québec. Les changements de politiques ont été nombreux et la rhétorique autour de l’immigration a été particulièrement dure. Suspension de programmes sans préavis, fermeture de voies d’accès à la résidence permanente, nouvelles exigences en matière de langue française et restrictions successives ont plongé des milliers de travailleurs et d’étudiants internationaux dans l’incertitude. Toutefois, c’est le dépôt du Plan d’immigration du Québec 2026, le 6 novembre 2025, par le ministre Jean-François Roberge, qui a marqué le point culminant de cette année. L’ACAI souhaite réfléchir à ce chapitre important et vous faire part de ses observations et recommandations.

Ce plan confirme un virage restrictif dans la politique migratoire de la province. Alors que le gouvernement le présente comme une mesure nécessaire pour  » protéger notre langue commune  » et respecter la  » capacité d’accueil « , l’ACAI s’inquiète des répercussions durables de ces orientations sur l’économie, la démographie et l’attractivité du Québec. Il est également important de noter qu’aucune étude concluante n’identifie l’immigration comme une menace pour le français au Québec et que la notion de capacité d’accueil n’est ni définie ni quantifiée.

Ce plan, qui fixe l’objectif d’admission permanente à environ 45 000 personnes et impose, pour la première fois, des plafonds à l’immigration temporaire, s’inscrit dans une suite de décisions politiques marquées par une rhétorique populiste en matière d’immigration et par l’instabilité des programmes d’immigration.

Vous trouverez ci-dessous l’analyse par ACAI de six (6) éléments problématiques du plan 2026, ainsi que nos recommandations.

1. La fin effective du PEQ

Le plan 2026 officialise le remplacement définitif des voies prévisibles d’accès à la résidence permanente pour les travailleurs qualifiés et les étudiants étrangers que le Programme de l’expérience québécoise (PEQ) offrait auparavant. Les travailleurs qualifiés devront désormais passer par une nouvelle voie unique : le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ).

Le PEQ a été conçu pour les candidats à l’immigration francophones qui détenaient, selon la filière, soit des diplômes postsecondaires québécois, soit deux ans d’expérience de travail au Québec dans un poste qualifié. De nombreux ressortissants étrangers ont construit leur séjour au Québec en tant qu’étudiants ou travailleurs en fonction de leur éligibilité à ce programme.

Pendant plus de 10 ans, le Québec a attiré des ressortissants étrangers dans la province en présentant les conditions d’admission à la résidence permanente du PEQ, notamment grâce aux missions de recrutement de talents des Journées Québec en France, au Maroc, en Tunisie et ailleurs. Aujourd’hui, le Plan 2026 change les règles pour des milliers de francophones qui ont un emploi et sont déjà installés au Québec. Le manque de cohérence est évident et laisse le processus d’immigration de milliers de travailleurs et d’étudiants internationaux dans l’incertitude.

À terme, le ministère souhaite « prioriser les personnes ayant acquis une expérience de travail ou complété des études au Québec », mais à travers un système de grille de sélection (PSTQ) qui lui permettrait de mieux contrôler les volumes et de mieux cibler les besoins régionaux.

À notre avis, le PEQ a déjà fait un excellent travail en « priorisant les personnes qui ont acquis une expérience de travail ou qui ont complété des études au Québec ». Le simple ajout de paramètres de régionalisation aurait permis de préserver le PEQ tout en ciblant les besoins régionaux.

Le PEQ était le « programme phare » de l’immigration permanente au Québec ; il offrait une voie claire aux candidats francophones déjà intégrés dans la société québécoise. Sa suppression au profit d’un système sur invitation (PSTQ) rompt la promesse faite aux étudiants et travailleurs internationaux.

Dans un souci de cohérence, de respect et d’équité, nous demandons au gouvernement du Québec d’accorder une prolongation de l’éligibilité au PEQ pour les étudiants étrangers déjà inscrits dans un programme admissible au Québec et pour les travailleurs étrangers déjà employés dans un poste admissible au Québec.

2. L’imprévisibilité opérationnelle du PSTQ

Le plan 2026 confirme la mise en œuvre complète du Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ) en tant que voie unique et obligatoire pour les candidats à l’immigration économique permanente, remplaçant ainsi le Programme de l’expérience québécoise (PEQ) et d’autres programmes antérieurs.

Contrairement au PEQ, qui offrait un parcours transparent basé sur des critères fixes, le PSTQ repose sur un système d’invitation délivré par le Ministère de l ‘Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI) sur la base d’un large éventail de paramètres de sélection.

La MIFI peut ainsi déterminer les candidats qu’elle souhaite inviter en fonction d’une liste de critères de sélection extrêmement variée et imprévisible. L’objectif officiel du MIFI est de mieux contrôler les volumes d’admission et de mieux cibler les besoins régionaux et sectoriels, mais ce faisant, il introduit une imprévisibilité opérationnelle qui fragilise l’ensemble du processus d’immigration permanente au Québec.

En effet, la multiplicité et l’imprévisibilité des critères d’invitation - qui combinent une grille de points (attribués en fonction de l’âge, de l’expérience professionnelle, des diplômes, de la maîtrise du français et d’une offre d’emploi validée) et des facteurs qualitatifs tels que la région de résidence au Québec, le type de diplôme, la profession (alignée sur les besoins du marché du travail), voire des filières spécifiques (talents exceptionnels, professions réglementées ou mobilité régionale) - sont à l’origine même de l’incertitude. Ces éléments ne sont pas statiques : Le MIFI peut ajuster sans préavis les seuils minimaux de points, les professions prioritaires ou les quotas régionaux, rendant impossible toute planification à moyen terme pour les candidats.

Prenons l’exemple d’une infirmière francophone de 32 ans, titulaire d’un diplôme québécois et ayant deux ans d’expérience au CHUM (Centre hospitalier de l’Université de Montréal). Sous l’ancien PEQ, elle aurait été admissible presque automatiquement, avec un parcours clair et des délais prévisibles (6-12 mois pour le Certificat de sélection du Québec - CSQ). Dans le cadre du PSTQ, cependant, son profil doit d’abord être inscrit dans le vivier ARRIMA, et elle doit attendre qu’un cycle de sélection cible éventuellement son profil. Entre-temps, elle doit compter sur le renouvellement de son statut de travailleur temporaire si elle souhaite rester au Québec.

Il est également important de noter que le PSTQ comporte d’importantes lacunes, laissant de nombreux travailleurs francophones et établis au Québec sans voie d’accès au statut permanent.

Dans un souci de prévisibilité, nous proposons que le gouvernement du Québec publie à l’avance les critères d’invitation qui seront utilisés dans le cadre du PSTQ et qu’il établisse, dans le cadre de son plan annuel, une répartition régionale des rondes du PSTQ par volet et par région du Québec. Un tel exercice nous semble réalisable ; il pourrait répondre aux préoccupations que nous soulevons et améliorer la planification de l’immigration au Québec.

3. La réduction des objectifs permanents (45 000) pour respecter la capacité de réception

Le gouvernement a fixé l’objectif d’admission permanente à environ 45 000. Bien que cet objectif soit le plus élevé parmi ceux envisagés lors des consultations publiques, il reste inférieur aux demandes des acteurs économiques tels que le Conseil du patronat du Québec (CPQ), les Manufacturiers et Exportateurs du Québec (MEQ) et les chambres de commerce, qui estiment le besoin entre 60 000 et 100 000 admissions permanentes pour compenser les départs à la retraite.

Selon le gouvernement du Québec, cette réduction vise à « réduire une partie de la pression observée ces dernières années sur l’accès au logement et aux services de santé ». Cependant, dans les faits, la grande majorité des admissions de résidents permanents bénéficient à des personnes qui sont déjà des résidents temporaires. En d’autres termes, les résidents permanents visés par la réduction des objectifs sont déjà au Québec, occupent déjà un logement, reçoivent déjà des soins dans le système de santé québécois et envoient déjà leurs enfants dans les garderies et les écoles du Québec.

La réduction des seuils d’immigration permanente n’a vraisemblablement aucun impact sur la pression exercée sur ce que le gouvernement appelle la capacité d’accueil du Québec, sans prendre la peine de la définir ou de la quantifier.

L’effet pratique d’un tel seuil est d’augmenter la période pendant laquelle les étrangers souhaitant devenir résidents permanents du Canada au Québec doivent rester sous un statut temporaire (permis de travail ou permis d’études). Par conséquent, les candidats à l’immigration les plus qualifiés et les plus instruits (ceux qui ont de nombreuses possibilités à l’extérieur du Québec) sont susceptibles de quitter le Québec, ses entreprises et son économie.

Les immigrants en situation précaire, tels que les réfugiés et les personnes protégées (celles qui n’ont pas le choix), sont susceptibles de rester au Québec jusqu’à ce qu’ils deviennent des résidents permanents dans 10, 15 ou 20 ans.

Selon nous, la corrélation entre le seuil d’admission permanente et la capacité d’accueil est un argument vide de sens qui alimente le sentiment public contre l’immigration. En outre, ce discours ignore totalement le fait que l’immigration - tant temporaire que permanente - fait partie de la solution à nos défis sociétaux en matière d’accès au logement, aux soins de santé et à un système d’éducation publique performant.

À court terme, nous proposons que le gouvernement du Québec mette en place des seuils plus élevés visant à absorber le plus rapidement possible les résidents permanents francophones de toutes les catégories (économique, regroupement familial et humanitaire). Au minimum, les cibles du gouvernement du Québec devraient représenter 20 à 22 % de la cible fédérale, ce qui correspond au poids démographique actuel du Québec. Par la suite, lorsqu’une réduction du nombre de résidents temporaires par rapport à la population québécoise aura été atteinte, nous croyons que le gouvernement du Québec pourrait graduellement resserrer les règles d’admission permanente et temporaire et réduire ses cibles afin de  » respecter la capacité d’accueil du Québec  » qui, nous l’espérons, sera alors évaluée de façon objective.

4. La réduction des admissions temporaires

Si l’ACAI se félicite de l’inclusion de l’immigration temporaire dans l’exercice de planification du Québec, il faut néanmoins s’interroger sur la méthodologie utilisée pour établir les objectifs.

Deux réalités différentes devraient, selon nous, être au cœur de ces objectifs.

Pour les étudiants étrangers, il est important de consulter les établissements d’enseignement désignés pour bien comprendre leur contribution au financement de leurs activités éducatives, ainsi que leur rôle dans le lancement de cohortes qui, autrement, seraient annulées dans des domaines d’études importants. Une réduction du nombre d’étudiants internationaux dans le seul but de présenter une cible d’immigration politiquement favorable risque de priver le Québec de diplômés récents dans plusieurs programmes ciblés par des employeurs en pénurie de talents.

En ce qui concerne les travailleurs étrangers, il convient de noter que ceux qui sont inclus dans la planification du Québec doivent obtenir une évaluation de l ‘impact sur le marché du travail (EIMT). Au Québec, l’analyse de l’EIMT est menée conjointement par le gouvernement du Québec et le gouvernement du Canada et vise à démontrer l’existence d’un besoin du marché du travail québécois que la main-d’œuvre locale ne peut ou ne veut pas combler. Ainsi, 100 % des travailleurs étrangers inclus dans le plan 2026 sont soumis à la démonstration d’une pénurie de main-d’œuvre dès le départ.

Selon nous, l’effort de planification pour les travailleurs devrait viser à remédier aux pénuries de main-d’œuvre dans certains secteurs.

Dans ce contexte, une approche de planification positive ciblant les professions en pénurie dans certaines régions du Québec et proposant une cible qui permettrait d’aligner l’offre et la demande sur le marché du travail serait possible. Les secteurs en pénurie, tels que la construction, l’éducation, la fabrication et l’éducation à la petite enfance, ont vraisemblablement besoin d’être soutenus. Une cible générale et restrictive comme celle proposée nous semble être une approche simpliste qui gagnerait à être raffinée pour mieux répondre aux besoins du Québec.

5. L’imposition de nouvelles exigences en matière de langue française pour les TET : Un objectif irréaliste pour les employeurs

L’ACAI reconnaît l’importance de placer le français au cœur des politiques d’immigration du Québec. D’ailleurs, la proportion de nouveaux arrivants au Québec qui parlent le français se situe actuellement autour de 73 %.

Cependant, les modifications réglementaires du 17 décembre 2025, qui exigent la maîtrise du français pour le renouvellement d’un permis de travail temporaire, déplacent de façon disproportionnée le fardeau de la francisation sur les employeurs. Nous croyons qu’il est important de souligner qu’une partie importante des employeurs (que nous conseillons quotidiennement) déploient déjà des efforts considérables pour assurer la meilleure intégration possible de leurs travailleurs dans la société québécoise, y compris en matière de francisation.

Les modifications réglementaires relatives à la francisation des travailleurs étrangers exercent donc une pression excessive sur les employeurs et les travailleurs et créent un climat d’incertitude pour les employeurs qui pourraient perdre des travailleurs efficaces, formés et appréciés en raison de leur piètre performance à un test linguistique à un moment arbitrairement fixé de leur parcours d’immigration. Cette approche, motivée par des priorités linguistiques, ne semble pas constructive d’un point de vue économique.

Ironiquement, rappelons que MIFI a fait face à des défis importants dans le déploiement de ses services de francisation, avec des fermetures massives de classes à travers la province en 2024-2025. L’ACAI estime que pour qu’une telle mesure soit viable, des avancées significatives dans les services de francisation offerts par MIFI doivent précéder la mise en œuvre des exigences de francisation prévues pour 2028.

6. Le problème structurel du regroupement familial

L’ACAI estime que le volet « regroupement familial » (parrainages) nécessite une approche différente.

En effet, cette catégorie concerne les familles de Québécois qui souhaitent être réunies avec les membres de leur famille immédiate (souvent un conjoint). Actuellement, les demandes de parrainage présentées au Québec sont environ trois fois plus longues à traiter que celles présentées dans les autres provinces canadiennes. Ces retards sont dus en partie à l’imposition de quotas annuels par la MIFI - les demandes sont donc bloquées à l’étape cruciale de la demande d’engagement.

Le site web de la MIFI affiche actuellement ce qui suit (traduction de FR) :

Le nombre maximal de demandes d’engagement pour parrainer un époux, un conjoint de fait, un partenaire conjugal ou un enfant à charge âgé de 18 ans ou plus a été atteint pour la période du 26 juin 2024 au 25 juin 2026. Cela signifie que :

  • Le ministère n’accepte plus de nouvelles demandes d’engagement pour ces personnes jusqu’au 25 juin 2026 ;
  • Vous pourrez présenter une demande d’engagement pour ces personnes lorsqu’une nouvelle période de réception des demandes sera ouverte.

Le ministère continue d’accepter les demandes d’engagement pour d’autres membres de la famille en vue d’un regroupement familial.

L’ACAI dénonce l’établissement de quotas qui ont un impact direct sur la qualité de vie des familles québécoises et créent une multitude de situations humaines difficiles. L’imposition de quotas n’est d’ailleurs pas justifiée par l’argument de l’accueil et de l’intégration, puisque ces défis sont généralement minimisés dans cette catégorie étant donné l’implication directe et continue des membres de la famille immédiate.

Bien qu’il soit cohérent d’inclure les personnes parrainées dans le plan 2026, nous ne comprenons pas les motivations sous-jacentes et pensons que la MIFI devrait mettre fin à cette politique.

Conclusion

L’ACAI reconnaît la nécessité de procéder à une planification de l’immigration aussi complète que possible et salue les efforts déployés à cet égard, en particulier l’inclusion de l’immigration temporaire dans cet exercice pour la première fois. Toutefois, il est important de mettre en garde contre l’utilisation de cet exercice à des fins politiques.

De plus, depuis l’annonce du Plan 2026, des milliers d’immigrants, plusieurs organisations sectorielles et de nombreux intervenants du milieu des affaires se sont mobilisés pour dénoncer l’abolition du PEQ sans préavis. Des manifestations ont eu lieu à Montréal, Québec et Sherbrooke en novembre et décembre 2025 pour réclamer une clause de droits acquis pour les travailleurs et les étudiants déjà établis au Québec.

Le gouvernement a fermé la porte à cette option. Les conséquences de cette mesure soudaine sur l’attractivité du Québec en tant que société d’accueil pour les talents francophones qualifiés sont importantes et risquent de nuire au tissu économique et social du Québec. Au-delà du PEQ, l’imprévisibilité du nouveau PSTQ, les exigences linguistiques imposées sans services de francisation adéquats et les délais inacceptables dans la réunification des familles témoignent d’une approche qui gagnerait à être reconsidérée.

En résumé, l’ACAI recommande au gouvernement du Québec :

  • Accorder une prolongation de l’éligibilité au PEQ pour les personnes déjà établies au Québec ;
  • Publier à l’avance les critères d’invitation au PSTQ afin de permettre la planification du parcours d’immigration ;
  • Aligner les objectifs d’immigration permanente sur le poids démographique du Québec ;
  • Cibler les secteurs en pénurie plutôt que d’imposer des plafonds généraux à l’immigration temporaire ;
  • Renforcer considérablement les services de francisation avant l’entrée en vigueur des nouvelles exigences en 2028 ;
  • Réviser la politique de quotas pour le regroupement familial.

Certes, la capacité d’accueil du Québec existe ; nous croyons aussi qu’elle devrait être clairement définie par le gouvernement du Québec. Toutefois, l’ACAI propose que l’exercice de planification annuelle vise d’abord à définir les besoins d’accueil du Québec afin de répondre aux défis démographiques et de main-d’œuvre de la province. L’exercice pratique consisterait ensuite à ajuster la capacité d’accueil du Québec en fonction de ses besoins d’accueil afin d’assurer une contribution optimale de l’immigration au tissu social et économique du Québec. Nous croyons fermement qu’une telle approche sera à la fois plus constructive et plus saine que la guerre des chiffres (souvent mal comprise) qui fait actuellement la une des journaux québécois.

En cette année électorale au Québec, nous espérons que le gouvernement et les partis politiques de la province écoutent les experts, les associations sectorielles, les Québécois, les entreprises et les immigrants sur les questions d’immigration. Nous espérons sincèrement voir un discours plus productif et positif sur le sujet au cours de l’année à venir.

 

Devenez membre maintenant

Rejoignez une communauté croissante d'avocats, universitaires et étudiants en droit spécialisés dans l'immigration au Canada.

Nos derniers articles